souffle
20/03/2009
"Un brin d'allumette suffit à enflammer la plage où vient mourir un livre. L'arbre de plein vent est solitaire. L'étreinte du vent l'est plus encore.
Comme l'incurieuse vérité serait exsangue s'il n'y avait pas ce brisant de rougeur au loin où ne sont point gravés le doute et le dit du présent. Nous avançons, abandonnant toute parole en nous le promettant."
- René Char -

23 commentaires
Je le repère toujours. Il est seul, loin des futaies, des forêts, des bosquets, des nationales.
C'est l'arbre solitaire.
Dédaigneux des platanes alignés et assassins, indifférent aux rondes formant clairières, allergique à la promiscuité des jungles, il pointe le ciel et cherche, tel un sourcier, la source.
C'est l'arbre solitaire.
Rescapé d'un feu de forêt, ses congénères décimés, il trône sur la falaise d'une calanque phocéenne, phare des âmes sensibles.
C'est l'arbre solitaire.
Anarchiste sublime, rétif aux lois de la nature, nul ne l'approche. On ne le voit que de dos, son visage est mystère. On s'interroge.
C'est l'arbre solitaire.
Proche des sommets, il se décale un brin pour troubler, s'installe sur les bords mais capte l'attention.
C'est l'arbre solitaire.
Il ne demande rien et reçoit. Sans rien faire, il guide. Il n'attend pas l'été. Il n'attend pas l'hiver. Les tempêtes le contournent, respectueuses.
C'est l'arbre solitaire.
Enigmatique, il impressionne sans le vouloir. Il ne sera pas table, ni journal, ni piano, encore moins allumette ou billot.
C'est l'arbre solitaire.
Sa quête assouvie, il se fera engrais, s'allongera sur le sol et s'y enfoncera, offrant ses vieilles cellules aux humains de demain.
C'est l'arbre cimetière.
Bonjour Héléna,
Cet arbre accoté au vent, ce poème accoté à l'arbre et les mots effeuillés qui disent le feu et la folie d'être....
Où sont les racines des mots, dans quelle terre de rocaille et de soif ? L'homme hélant les chants de la bourrasque, jette l'encre aux rives des pages blanches. Sa parole ricoche sans fin sur les parois verticales de la solitude... Icare que n'éblouit plus aucun soleil... silence...
on dirait un femme au sommet d'une montagne dont les cheveux sont emportés par une énorme bourrasque et qui resiste de tout son poids enraciné pour ne pas s'envoler dans les airs.
Très belle photo ! C'est de toi ??
Bisous du premier jour du printemps
dis donc, il s'accroche malgré la bourasque !!
bel exemple de ténacité...
C'est l'arbre qui prend son air de plume au vent.
C'est l'algue sans son eau sans son ancre.
C'est la force farouche de la flexibilité.
c'est l'arbre roseau.
@ Claudio : Oh ! merci . Merci Claudio .
@ Christiane : oui , de ces silences qui en disent long ...
Amitiés
Helena
@ oAo : je suis cette femme là ... Arbre roseau , liane ...
@ maca'dam : non , cette photo n'est pas de moi ...
je t'embrasse printanier aussi .
Helena
@ Ibid Norio : cet arbre me ressemble !
@ Venise : la force farouche de la flexibilité , c'est vrai .
Avec toute mon amitié et ma tendresse ;
Helena
Très beau passage de Char avec l'arbre soufflé ... Très poétique aussi.
Je t'invite, si le coeur t'en dit, à participer à notre texte à mille doigts, aux Château des Touches ...
Bisou blue
Me rappelle un tableau de Spilliaert "le vertige"dont je me suis servi pour un collage et pour mes cours...
Je suis toujours ébahi, dans mes trop rares marches en forêt, de voir la végétation qui réussit à pousser sur les caps de pierre des collines dénudées.
@ Servanne : Ok , je passe au Château , voir ce qu'il es est de ce texte à mille doigts ...
Bisous .
Hélèna
@ laurence : Merci à toi , je ne connaissais pas ce peintre , et son tableau " vertige " est vraiment beau , oui , il y a de cela dans cette photo et dans ces vers de Char .
Amitiés
Hélèna
@ gaétan : Oui , c'est toujours impressionnant cette force de la nature , qui arrive à s'installer dans des endroits aussi difficile , c'est puissant .
Ton tout dernier message aurait-il été emporté par la bourrasque qui l'a précédé? Mélange des styles ! Reste de persistance rétinienne ?
Je ne sais ce qui restera de cette lutte entre les éléments, de l'acharnement du vent ou de la persévérance de cet arbre chevelu...
J'espère atteindre le jour où tout sera devenu sérénité !
@ Saravati : Hum ... Bien vu Saravati . Je l'ai transformé , d'une question , je passe à une affirmation . Peut-on tout dire ?
Il reste forcément quel que chose de la lutte qu'elle quelle soit .
La sérénité , oui , y tendre , la vivre par moment . Quant à y arriver ... Une autre histoire! Pas sûre , finalement , en l'ayant secrètement espéré longtemps que ce soit possible à temps plein . Toujours ce besoin de repousser les limites , de bousculer les choses , d'avancer . Est ce possible sereinement ?Je n'ai pas la réponse .
sérénité la concordance des portes d'entrées sur l'espace qui entoure parfois il suffit de vérifier si tout fonctionne...et la marche devient sure
@ laurence : cela paraît si simple , dit comme cela ...
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