l'appel du large...
18/07/2010
Le blues du bleu
Le bleu a pris le large,
Laissant le monde barge.
Il s’est taillé, tout à trac,
En prenant ses cliques et ses claques !
Dans son sac à dos,
Il a mis un saxo,
Une photo d’Hélènablue
Qu’il adore par-dessus tout,
Une autre de John Lee Hooker
Et une troisième de Satchmo!
Partout, chez les couleurs, c’est le chaos !
Regardez-les, sans sang, les aristos !
Sans leurs bleus de chauffe, les prolos !
C’est le deuil, sur tous les seuils,
C’est la larme à l’œil,
De la plus haute étoile
Jusqu’aux plus sombres caniveaux !
Le bleu a le blues,
Il n’a plus l’âme aux vagues
Ni aux cieux !
Ah ! Comme le pleurent,
L’ayant perdu, tant d’yeux !
Les couleurs, en colère,
Ragent d’avoir été
Ainsi abandonnées !
Elles s’essorent et s’échinent à se traire
Pour extraire
Tout ce qui leur reste
De ce butin précieux !
Le noir, à pas d’oie,
Veut appliquer la loi.
Il a lâché ses cerbères,
Pour remuer ciel et terre
Et rechercher le réfractaire.
Mais le bleu a le blues.
Toutes ses places sont désertes,
Du Pôle Nord jusqu’à Bizerte!
Dans les marchés interlopes,
Où l’on trouve toutes les dopes,
On n’entend plus que ces antiennes :
« Y aurait pas, de grâce, un peu de bleu ?
On ne voudrait pas une petite bleue ?
Allez, Je te vends ce grand bleu ? »
Mais ce ne sont que mensonges et contrefaçons
De vrai bleu, il n’y en avait plus, de toutes les façons !
Toutes les couleurs, en colère,
Ont failli perdre la raison,
A chercher les secrets d’une telle désertion !
Mais, moi, je sais pourquoi il s’est tiré !
Il réclame ses parts sur terre
Et une révision radicale des dictionnaires !
Il ne veut plus être synonyme de peur
Ni le symbole des douleurs !
« Pourquoi peur bleue ?
Crie-t-il. Ah ! Les odieux, parbleu !
Je veux qu’on chante, désormais, la joie bleue
Et qu’on me laisse, à ma guise,
Peindre les arbres et les lieux,
En mes chers camaïeux !
Dorénavant, Je veux que, sur terre,
Bleu rime seulement avec heureux ! »
- Mokhtar El Amraoui -

12 commentaires
Une bien belle photo.
J'adore l'Océan, mais il peut être dangereux, même pour celui qui le connait bien.
Entre danger et tentation.
A la si chère Hélènablue, cet hommage au bleu !
Le blues du bleu
Le bleu a pris le large,
Laissant le monde barge.
Il s’est taillé, tout à trac,
En prenant ses cliques et ses claques !
Dans son sac à dos,
Il a mis un saxo,
Une photo d’Hélènablue
Qu’il adore par-dessus tout,
Une autre de John Lee Hooker
Et une troisième de Satchmo!
Partout, chez les couleurs, c’est le chaos !
Regardez-les, sans sang, les aristos !
Sans leurs bleus de chauffe, les prolos !
C’est le deuil, sur tous les seuils,
C’est la larme à l’œil,
De la plus haute étoile
Jusqu’aux plus sombres caniveaux !
Le bleu a le blues,
Il n’a plus l’âme aux vagues
Ni aux cieux !
Ah ! Comme le pleurent,
L’ayant perdu, tant d’yeux !
Les couleurs, en colère,
Ragent d’avoir été
Ainsi abandonnées !
Elles s’essorent et s’échinent à se traire
Pour extraire
Tout ce qui leur reste
De ce butin précieux !
Le noir, à pas d’oie,
Veut appliquer la loi.
Il a lâché ses cerbères,
Pour remuer ciel et terre
Et rechercher le réfractaire.
Mais le bleu a le blues.
Toutes ses places sont désertes,
Du Pôle Nord jusqu’à Bizerte!
Dans les marchés interlopes,
Où l’on trouve toutes les dopes,
On n’entend plus que ces antiennes :
« Y aurait pas, de grâce, un peu de bleu ?
On ne voudrait pas une petite bleue ?
Allez, Je te vends ce grand bleu ? »
Mais ce ne sont que mensonges et contrefaçons
De vrai bleu, il n’y en avait plus, de toutes les façons !
Toutes les couleurs, en colère,
Ont failli perdre la raison,
A chercher les secrets d’une telle désertion !
Mais, moi, je sais pourquoi il s’est tiré !
Il réclame ses parts sur terre
Et une révision radicale des dictionnaires !
Il ne veut plus être synonyme de peur
Ni le symbole des douleurs !
« Pourquoi peur bleue?
Crie-t-il. Ah ! Les odieux, parbleu !
Je veux qu’on chante, désormais, la joie bleue
Et qu’on me laisse, à ma guise,
Peindre les arbres et les lieux,
En mes chers camaïeux !
Dorénavant, Je veux que, sur terre,
Bleu rime seulement avec heureux ! »
Mokhtar El Amraoui
Oh, Oh, merci mille fois cher Mokthar, je le fais remonter en amont ce poème. Suis extrêmement touchée par l'attention... Ton appel au large est vraiment " blue"!
Avec toute mon amitié.
Helena
@ Dr Sangsue:
Ce n'est là que la mer du Nord, l'océan est plus sauvage encore...
Souvent tentation et danger vont de pairs, non?
j'aime ce récit bleu, avec sa petite pointe de malice ! la révolte du bleu, ça valait d'être écrit.
J'aime beaucoup la lumière de cette image, la mer du nord est bien jolie.....
Quel bel hommage à toi miss Blue ! Jalouse je suis.
Bizzzzzzz
Mais bien sûr que bleu rime avec heureux, Mokhtar, Hélène et vous tous, amis bleus! Ne vous souvenez-vous pas de Domenico Modugno et de son "Nel blu, dipinto di blu" qui commençait en pensant à un rêve qui ne reviendra plus...
"Penso che un sogno cosi non ritorni mai piu:
Mi dipingevo le mani e la faccia di blu,
Poi d'improvviso venivo dal vento rapito
E incominciavo a volare nel cielo infinito…
Volare… oh, oh!…
Cantare… oh, oh, oh, oh!
Nel blu, dipinto di blu
Felice di stare lassu..." ?
Je t'offre à mon tour l'award que je viens de recevoir
http://ludivine-blog.blogspot.com/2010/07/je-viens-de-me-voir-decerner-un-award.html
merci "Blue" d'avoir bleuté l'agapante échevelée, le peit verre ciselée du coin de la fnêtre...
@Anne
Merci pour cette appréciation; elle me va droit au coeur!
@Constance
Merci d'avoir aimé mon hommage à Hélènablue.
@Giulio
Espérons, très cher ami, que bleu rimera toujours et seulement avec heureux!
Merci de rappeler cette magique chanson!
@ laurence:
♥, merci à toi pour ces lettres japonaises brûlantes de passion...
C'est étrange, je ne regarde plus l'agapanthe avec lemême regard, j'y mets une affection supplémentaire, c'est doux...
@ Ludivine:
Ok, je vais y participer...
:-)
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