En vie
07/09/2013
- Exposition Reza, berges de Seine -
" On circule, on avance. Vers quoi, vers qui se dirige-t-on ? Le bout de la promenade ? La fin de journée ? Peut-être le repas du soir, le film du dimanche à la télévision, la tiédeur su sommeil... Demain, de quoi sera-t-il fait ? Et plus tard, qu'est-ce que ça veut dire ? A quoi cette vie tient-elle ? Un battement de montre contre le poignet ? Des espoirs, des projets, des désirs ? Quoi au juste ? Du bonheur ? Connaît-on la recette ? Retourner sur la promenade ? Manger d'autres glaces à la fraise ? Regarder courir les enfants ? C'est quoi, demain ? C'était quoi, hier ? Nos visages un peu dans le vent ? Quelque chose qui n'est pas encore arrivé ? Une escale ? Un oubli ?
On circule toujours, on avance. On se pose sur un banc, comme font les oiseaux sur les branches. Il semble qu'on ne souffre pas, mais parfois qu'on s'ennuie un peu. Comme si l'on attendait que quelque chose se passe, comme si l'on espérait davantage. Heureusement c'est l'été; il fait doux. On tiendra bien ainsi jour après jour, jusqu'à l'hiver. On a des provisions en soi. De quoi, au juste, on ne sait pas. On s'alimente par les yeux, les heures, les pas. L'important, se dit-on, est de subsister sans chagrins. Ailleurs, c'est guerre, tueries, famine... De pleines charrettes de misère."
- Jean-Michel Maulpoix - Une histoire de bleu -
7 commentaires
Le photographe Reza a remplacé (grâce à Bertrand Delanoë) la razzia automobile à cet endroit.
Mais les expos en plein air ne craignent-elles pas les coups de soleil ?
:-)
Je ne sais pas. En tout cas, je trouve toujours qu'il y a une magie dans les expos en plein air. Cette communion avec l'environnement. Ce regard noir, là au bord de l'eau à l'ombre des arbres a quelque chose de puissant. La présence de l'homme au milieu des éléments. Interpellant, non ?
Oui, on dirait que les yeux regardent celle qui les prend en photo...
Oui, Dominique, c'est tout à fait ce que j'ai ressenti.
super photo prise au bon moment, avec le bon éclairage, au bon endroit comme dit maulpoix " on s'alimente les yeux"
Magnifique, ce texte. Il frappe juste !
"on voit toujours la paille dans l'œil de son voisin,mais pas le tronc dans le sien"
(Saint-Luc de La Pâte Feuilletée)
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