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13/05/2009

les femmes de ma vie

 

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Alors là bizarrement, encore plus difficile. Sans doute et par la force des choses ma mère. Maman qui n'a jamais pu se permettre de m'aimer mais qui a tendu de tout son être à le faire, ce malgré la lourde note qui nous sépare, je le lui suis reconnaissante, une guerrière à sa manière. Je dois dire que j'ai eu la plus destructrice et constructive au fond mère qu'il soit au regard de ma vie, j'avoue que je regrette qu'elle ne puisse pas entendre ce message, sa folie l'a emportée. Il y a eu aussi Madame Porez, ma professeur de danse , j'ai démarré à quatre ans, elle a tout de suite décelé le problème, et m'a orienté vers le piano. Peu de femme phare dans ma vie, à part quelques actrices, et quelques Christine(s), c'est étrange, les trois femmes qui ont le plus comptées avaient toutes ce prénom. Une néanmoins plus que les autres, une sorte d'ovni, avec un don subliminal, comment vous dire, elle avait cette capacité à lire dans votre âme! Ma petite soeur aussi, mais pas forcément pour les raisons habituelles, sans doute même malgré cette étrangeté entre nous , cette racine commune, indéfinissable, au point que nous sommes les premières incapables de le communiquer même entre nous, c'est que chez nous, la communication c'est comme chez d'autres pas savoir jouer au scrable sans se mettre dessus à coup de Petit Robert!  Cela m'a pris beaucoup de temps à faire confiance à une femme, et à forcément du même coup à moi-même. Toujours eu le sentiment que  je ne mettrais jamais de fille au monde, sans doute parce que j'avais à m'enfanter mais aussi parce que j'étais un danger potentiel pour ma fille, ma jalousie et mon manque de réalité l'aurait desservie, non pas que ce manque d'identité n'ai pas déstabilisé mes garçons, mais moins sans doute que pour une fille, mais là au fond c'est de moi que je parles, n'est ce pas. Néanmoins, j'en ai rencontré une, oui, au dessus de la mêlée, une psychologue, s'appelait Mortellette et m'a sauvé la vie , à croire que parfois le vocabulaire prend des chemins de traverse. Allez, vingt ans pour s'accepter comme telle, et puis maintenant que je les découvre toutes ces femmes, que je me permet d'être une des leurs, je suis fière, oui à quarante ans et quelques quatre de plus d'être femme, eh bien cela m'aura pris presque un demi-siècle! L'autre demi pour le vivre pleinement ? 

 

Commentaires

Ça porte à réfléchir tout de même. Au premier regard, ça semble curieux, certains hommes ont longtemps abusé de toi, se sont nourris du meilleur de toi à l'âge où l'on ne consent pas, mais où on se prête, et ton chapitre sur les hommes est nourri, passionné, il palpite. Dans celui de la femme, on sent battre l'espoir mais la déception est flagrante. Je dirais que ça sent pas la mort mais le morne. Comme si ton reflet dans l'autre femme n'était pas palpitant. Se lit le désamour en lettres majuscules.

Tomber amoureuse de toi sans passer par les yeux d'une autre femme, un désir qui tend vers la réalité ou une réalité qui tend vers le désir ? Quoi qu'il en soit, il semble clair que tu as compris que c'est par cet épanouissement que fleurira une vie amoureuse avec un homme qui rend grâce aux femmes.

Écrit par : Venise | 13/05/2009

Oui, c'est vrai chère Venise, j'en suis moi- même la première surprise , là toute la puissance de l'écriture, et pourtant c'est ma réalité.
La blessure la plus grande et la plus difficile à surmonter à toujours été ce manque d'amour dans le regard de ma mère, en reflet, la blessure identitaire.
Longue à cotériser et à comprendre.
J'ai pu apprendre m'aimer dans le regard d'hommes qui aiment les femmes, j'ai pu avoir accès ainsi à ma féminité et cela reste d'actualité; maintenant cela m'est possible et mes amitiés féminines peuvent être mais cela est le fruit d'un long travail.
Je comprends maintenant aussi mieux maman qui avait la même équation à résoudre et qui n'a pas eu d'autres choix ayant choisi une voie bien différente en s'entourant d'hommes qui ne pouvaient lui offrir ce reflet qu'elle cherche encore.

Je sens bien que je rentre aussi, avec cette prise de conscience dans une phase de ma vie, autre, et autrement plus riche encore. Tu sais un peu comme si je découvrais un nouveau monde. Cela peut paraître étrange , vu de l'extérieur mais la confiance s'acquiert dans le temps , du moins quand pendant longtemps l'instrumentalisation de ma mère avait encore un ascendant sur moi, et encore parfois.

Je ne sais si cela est facile à comprendre, moi-même à démêler ce n'est pas simple. Sans doute a-t-il fallu tout ce parcours pour me permettre d'être femme, aujourd'hui.

Écrit par : helenablue | 13/05/2009

Très beau texte aussi. Du coup, ça me donne envie de me pencher sur mes hommes et mes femmes, vu le résultat...

Écrit par : Marie | 13/05/2009

Te le souhaite de le vivre pleinement et je comprends mieux, suite à ces 2 derniers billets, l'importance que tu donnes à l'amitié.

Écrit par : gaétan | 13/05/2009

Ce n´est pas mon interesse le premier, bien que le composition de les deux popos, cette certain rapport , me plait et me fait rire ..sourire.. Tres bonne soirée souhaite toi, thomas et ...des bisous

Écrit par : thomchan | 13/05/2009

Plus je te lis, plus je sais que j'aimerais beaucoup être ton amie.

Écrit par : Tiphaine | 14/05/2009

Il est temps de poser un regard sur toi et non pas sur celui ou celle qui te regarde. C'est vrai...c'est difficile...mais tu as encore de belles années devant toi !

Écrit par : Sylvaine | 14/05/2009

Tu sais, Sylvaine...

Si Blue ne m'avais pas instruit en matière de respect dû aux plottes, je te ferais passer un méchant quart d'heure.

Écrit par : Christian Mistral | 14/05/2009

@ C.M. Je l'avais et le dis avec tendresse...et aussi par expérience...je ne comprends pas Votre agressivité !

Écrit par : Sylvaine | 15/05/2009

Sylvaine, je l'ai reçu comme tel. je comprends bien ce que tu me dis là. Oui, d'autant que pour porter un regard sur toi-même , tu connais bien mieux que moi, le chemin à parcourir;
Je sais que Christian Mistral cherche à me protéger, j'y suis sensible. Mais je dois quand même avouer que ce n'est pas si simple. L'équation personnelle de chacun est si liée à ses peurs et ses aspirations.
Trouver en soi même les ressources, bien sûr. Et puis dans des rencontres fortes, et je dois dire , Sylvaine que ton travail en est une. Et que la langue de Mistral aussi.

Au moins une chose me rassure , au delà de tout, c'est que oui, j'ai encore de belles années devant moi, et encore tant à ressentir, vivre et exprimer.

Vos énergies s'expriment de manières si différentes alors qu'au fond la racine est commune.

Écrit par : helenablue | 15/05/2009

@ Tiphaine: merci, en serais bien fière également!

@ Marie: je t'embrasse, oui, vas-y ...

Écrit par : helenablue | 15/05/2009

J'ai lu tes mots Helena, entraperçu les hommes et les femmes de ta vie que tu décris avec une telle sincérité et je t'admire de pouvoir ici te montrer dans une telle "nudité" face à tes lecteurs. J'en serais bien incapable, je cultive les jardins secrets diluant de temps en temps le parfum de quelques fleurs.
Avec toi, tout est simple, tout devient clair, peut-être les thérapies que tu as suivies y ont aussi contribué, cela te rend plus forte et plus désirable.
Je te souhaite tout l'épanouissement que tu mérites.
Je te lis souvent mais ne mets de commentaires que lorsque j'ai vraiment quelque chose à dire.
Amitiés.

Écrit par : Saravati | 16/05/2009

Merci de ton amitié, Saravati et de ta fidélité.
Je t'embrasse.
Hélèna

Écrit par : helenablue | 16/05/2009

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