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04/04/2013

A Lou

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"Je pense à toi à chaque moment de la journée, et mes pensées inquiètes accompagnent tous tes pas. Le moindre souffle sur ton front est un baiser de mes lèvres, et chaque rêve te parle avec ma voix. Mon amour est comme un manteau qui t’enveloppe pour te protéger et te réchauffer."

- Rainer Maria Rilke -

 

30/03/2013

lettre à un ami

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- Chris Falaise -


Cher Toi,


en parcourant ce matin le web comme je le fais chaque matin depuis presque cinq ans, j'ai encore fait moult découvertes. Tu me connais, je suis insatiable quand il s'agit de m'étonner, de vibrer, de ressentir toutes ces correspondances entre les êtres humains, toutes ces pensées qui interagissent, tout ce grand magma spirituel et artistique, à l'infini. Comment ne pas s'extasier telle une enfant face à une confiserie de toutes ces beautés qui se créent partout sur cette planète, de toutes ces réflexions, ces chemins, cette poésie humaine? Au milieu du fracas, je trouve ça tellement chouette qu'on puisse laisser vivre la beauté et que malgré tout elle transpire.

J'ai démarré ma journée avec Lou Andreas-Salomé, je me suis rendue compte que je ne connaissais rien de cette femme et que je n'avais rien lu d'elle. Il me semble que tu m'en as déjà parlé ou peut-être l'ai-je rêvé? Mes nuits sont tellement pleines. Ne trouves-tu pas la vie de cette femme, sa démarche, son aura magnifiques et inspirantes? Correspondre avec Rilke, Nietzsche, Freud, s'essayer à toutes formes d'expressions artistiques aussi variées, égérie, femme de lettres... Quel destinée tout de même!

En cherchant dans ma bibliothèque, pensant l'avoir, le livre des correspondances entre elle et Rainer, je suis tombée sur une tout autre lecture. Parfois j'aime fureter comme ça entre mes livres et piquer là ceci et relire là celà et m'en nourrir comme on peut le faire d'un plateau repas devant un très bon film. Tiens! A propos de film, hier j'ai revu Le Dîner de cons! Rien à faire, je ne peux m'empêcher de rire une nouvelle fois même si certaines scènes qu'on s'est passées en boucle, souviens-toi, nous faisaient rire l'un et l'autre à hurler et pisser! Le "mais de qui il parle là?" m'arrache des sons bruyants et "le rire de Juste" qu'Huster a un plaisir fou à jouer est juste communicatif à souhait.

" La violence n'est pas notre nature mais la frustration de notre propre nature." Après avoir lu cette phrase, j'ai refermé l'ouvrage et j'ai eu subitement l'envie de t'écrire pour te demander ce que tu en pensais. Entre temps, j'ai croisé cette artiste, Chris Falaise, je t'envoie une image et le lien. C'est tout à fait un genre de peinture que j'aime. Tu me diras.

Là, je file, c'est encore une rude journée qui m'attend. Enfin, je dis rude, mais va savoir, pas forcément. les journées sont rudes pour moi quand l'attente est trop longue et pesante. Quand les gens se pressent dans ma boutique, que les demandes sont multiples et variées m'obligent à m'adapter et à toujours avoir de nouvelles idées. Là, pas de rudesse mais au contraire, un plaisir fou!

Je t'embrasse, cher solitaire. Comme tu as raison. Les gens qu'on aime vraiment sont peu nombreux. Raison de plus pour entretenir cette relation rare et si nourrissante qu'est l'amitié.

A te lire.

Blue



17/02/2013

Correspondage*


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Voilà, l'histoire de ces deux-là m'a profondément émue. Ainsi correspondre pendant toute une année, ainsi chaque jour penser à l'autre, se le dire, se dévoiler. Ainsi créer. J'ai trouvé ça vraiment touchant. Evidemment, les choses n'ont pas été faites au départ pour être vue par d'autres que les protagonistes, n'empêche que, au-delà de l'aspect esthétique et artistique, c'est l'aventure humaine qui me donne là des frissons de plaisir. L'un parlant avec ses découpages, l'autre avec ses mots. Chacun sensible et attentif, chacun voulant toucher l'autre. Chacun se nourrissant l'un de l'autre. L'âge importe peu, la distance non plus, la matière pas davantage. Il se fabrique ainsi un dialogue d'âme à âme. Je suis bien covaincue qu'au bout d'un temps certain, la communication entre ses deux êtres a dépassé le papier, l'encre et l'image. C'est du moins ce que j'ai ressenti tout au long de cette exposition attachante, inspirante et délicate...

 

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* Correspondage - Exposition jusqu'au 17 Mars 2013, bâtiment de la Galerie Nationale - Prague 

 

 

30/06/2012

correspondance

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On ne s'écrit plus. Avec internet on se parle, on se "mail" voire on se "hotmail". Avec les portables on se "sms", se "mms". On chatte, on skype mais on prend que rarement sa plume pour écrire une lettre ou une carte postale, ça n'est plus dans l'air du temps. Pourtant, quel bonheur j'ai eu hier matin en recevant une lettre manuscrite de mon amie Laure. L'objet en lui-même m'a émue. La délicatesse des arabesques sur le papier et puis le contenu, une lettre parait plus intime, plus personelle, plus physique aussi. Imaginer la personne aimée entrain de l'écrire est déjà tout en soi un poème. Bon, c'est vrai qu'avec toutes les possibilités de communication rapide, la tentation est forte de rédiger un petit mot sur son clavier pour exprimer son attachement et l'intérêt que l'on porte à quelqu'un, d'autant que si cette personne est à l'autre bout du monde, la simultanéité a son charme aussi, elle permet une sorte de conversation. Avec le décalage horaire, il y a un plaisir alors proche de la correspondance, l'attente. L'attente de la réponse. Mais il y a une sensualité dans l'écriture à la main impossible à rendre, quand le pouls s'accélère, quand l'émotion est là. L'expression du premier jet, c'est si délicat. J'aime ça. Il faut d'ailleurs une belle complicité pour se permettre de s'écrire ainsi, c'est sans doute ce qui me touche le plus dans cet acte d'écrire, la confiance que l'on a d'être lue comme il faut, d'être entendue, d'être comprise et de rentrer dans le monde de l'autre à pas feutrés, goûter à son intimité pour mieux l'aimer. En s'écrivant davantage, on s'aimerait davantage encore, peut-être...

 

 

08/05/2012

8 Mai 1880

Mort de Gustave Flaubert.

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« Le fond de ma nature est, quoi qu’on dise, le saltimbanque. J’ai eu dans mon enfance et ma jeunesse un amour effréné des planches. J’aurais été peut-être un grand acteur, si le ciel m’avait fait naître plus pauvre. Encore maintenant, ce que j’aime par-dessus tout, c’est la forme, pourvu qu’elle soit belle et rien au delà. Les femmes qui ont le cœur trop ardent et l’esprit trop exclusif ne comprennent pas cette religion de la beauté, abstraction faite du sentiment. Il leur faut toujours une cause, un but. Moi, j’admire autant le clinquant que l’or. La poésie du clinquant est même supérieure en ce qu’elle est triste. Il n’y a pour moi dans le monde que les beaux vers, les phrases bien tournées, harmonieuses, chantantes, les beaux couchers de soleil, les clairs de lune, les tableaux colorés, les marbres antiques et les têtes accentuées. Au delà, rien. J’aurais mieux aimé être Talma que Mirabeau, parce qu’il a vécu dans une sphère de beauté plus pure. – Les oiseaux en cage me font tout autant pitié que les peuples en esclavage. De toute la politique, il n’y a qu’une chose que je comprenne, c’est l’émeute. Fataliste comme un Turc, je crois que tout ce que nous pouvons faire pour le progrès de l’humanité ou rien, c’est absolument la même chose. Quant à ce progrès, j’ai l’entendement obtus pour les idées peu claires. Tout ce qui appartient à ce langage m’assomme démesurément. Je déteste assez la tyrannie moderne parce qu’elle me paraît bête, faible et timide d’elle-même, mais j’ai un culte profond pour la tyrannie antique que je regarde comme la plus belle manifestation de l’homme qui ait été. Je suis avant tout l’homme de la fantaisie, du caprice, du décousu. J’ai songé longtemps et très sérieusement (ne va pas rire, c’est le souvenir de mes plus belles heures) à aller me faire renégat à Smyrne. À quelque jour, j’irai vivre loin d’ici, et l’on n’entendra plus parler de moi. Quant à ce qui d’ordinaire touche les hommes de plus près, et ce qui pour moi est secondaire, en fait d’amour physique, je l’ai toujours séparé de l’autre. Je t’ai vu railler cela l’autre jour à propos de J.J. C’était mon histoire. Tu es bien la seule femme que j’aie aimée et que | j’ai eue. Jusqu’alors, j’allais calmer sur d’autres les désirs donnés par d’autres. Tu m’as fait mentir à mon système, à mon cœur, à ma nature peut-être, qui, incomplète d’elle-même, cherche toujours l’incomplet. »

- Gustave Flaubert- Lettres à Louise Collet -


08/06/2011

D'elle à vous et de vous à moi

 

 

 

Le regard de Lorka, la parole de Blue. La parole de Lorka, le regard de Blue.

 D'un blog à l'autre...

 

 

 

18/11/2010

J'ai tant contemplé

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- Musée d'art contemporain, Montréal -

 

 

J’ai tant contemplé la beauté
Que mes yeux en sont tout emplis.

Lignes du corps. Lèvres vermeilles. Membres voluptueux.
Chevelures dérobées à des statues grecques,
Toujours belles, même en désordre
Et retombant, un peu, sur des fronts blancs.
Visages de l’amour, tels que les désirait
Ma poésie…Secrètement rencontrés
Durant les nuits de ma jeunesse, durant mes nuits.

 

- Constantin Cavafis - Jours anciens -

 


17/09/2010

court

 

 

10/09/2010

de vous à moi

Je suis là à écrire des choses insensées, des choses difficiles, des choses personelles et parfois si intimes. Là sur mes feuilles de papier, volantes... Et j'ai senti comme une sorte d'osmose qui me pousse me galvanise me transporte, une espèce d'énergie d'un genre particulier entre vous et moi! Là, au moment ou je pose des mots sur les choses, les choses de ma vie, ce petit lien infime et si particulier si vrai si ténu si présent m'encourage, m'entraîne, presque me donne des ailes, d'ange et de rapace, suis les deux à la fois. On ne nage pas en eaux troubles sans armure, aussi bizarre que celà puisse paraître, aussi antinomique, c'est finalement proche de l'homme sur la lune, il semble danser allégé funambule alors qu'il est lesté, juste en apesanteur, tout comme je me sens là... avec vous.

05/08/2010

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- photos Laurence G. -

 

 

"Des années que je les trimbale où que j'aille et quoi que je fasse, elles sont pour moi comme une marque de fabrique, mon signe distinctif, mon alter ego, elles enferment en elles tous mes paradoxes et mes plus délicieux fantasmes, les plus cruels aussi. Elles sont ma continuité mon double, fétiches.

Nous avons tout fait ensemble, films photos trottoirs lits en tout genres miroirs galères; jamais elles n'ont eu de cesse de me suivre et je me sens complètement nu sans elles. Pourtant là, elles me fatiguent elles m'usent elles ont fait leur temps d'interdits et de soufre et je les aimerais plus vivantes plus vivifiantes plus légères plus fantasques plus inspirantes mais je ne peux me décider à en changer ou à les brûler sur l'autel de mes deuils déjà faits, elles ont suivi ma route comme elles suivent ma jambe et font bien trop partie de moi pour que je les abandonne ou les substitue.

Il m'est alors venu en songe comme un subterfuge, un tour de passe-passe, un numéro d'équilibriste, un flash lié aux rencontres aux échanges à mes avancées aussi, et bien que je n'arrive pas plus à marcher droit sans onduler et sans me tordre j'ai eu soudain la révélation de les habiller cette fois-ci d'un ton plus spirituel plus libre plus aérien, pourquoi diable me disais-je, ne les passerais-tu pas une fois pour toute en blue comme tes rêves et la muse qui les inspire..."

 

Pour Nils, de Blue.

 

 

 

De Nils, à Blue.

 

 

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- photo L. et Nils Beaudelot -

 

30/07/2010

Correspondances,"lettre à Christian Mistral"...

Voici mon humble contribution au concours des correspondances d'Eastman, je la souhaitais à l'époque double mais "lettre à ma mère" n'est pas sortie à temps, je n'ai pu donc produire que celle qui suit dans les délais. L'exercice est particulièrement étonnant et mérite qu'on y pense je trouve, la correspondance étant à mon sens par essence destinée à l'intime et donc être lue d'âme à âme, de l'ouvrir au départ à être lue par tous oblige à un recul, à une retenue particulière, ce qui m'a d'ailleurs attirée dans ce cadre du concours, cette ambiguïté oblige à une écriture spécifique et lucide aussi. Cette "lettre à Christian Mistral" s'adresse à l'écrivain en particulier et d'une manière plus générale aux écrivains et hommes de l'art au sens large, et invite à réfléchir à ce qu'ils peuvent provoquer chez le lecteur qui les découvre, on pourrait d'aillers agrandir la réflexion à l'art dans son ensemble, ce qu'il a de vivant de bienfaisant d'indispensable et de redoutablement engageant. Ecrite dans ce sens, le choix de l'intéressé n'est par contre pas du tout un hasard tant l'écriture spécifique de cet homme là ainsi que son amitié ont été pour moi une véritable révélation et c'était une manière personnelle et inspirée de le remercier, ce qui dans le cadre précis et du lieu et du théme me paraissait idéal et à propos...

 

Cher Christian,
 
Cher Christian Mistral,
 
 
 
Ce n'est pas un exercice facile que celui d'écrire à un écrivain que j'admire et qui a compté et compte encore dans ma vie. Pourtant si je prends la plume aujourd'hui pour vous dire que vous avez plus que bouleversé la mienne c'est que je reste attachée viscéralement à dire ce que parfois, voire trop souvent, on a tendance à taire par pudeur timidité bienséance ou éducation. Pourquoi lors ne pas se permettre d'évoquer à un homme de lettres par des mots simples et sincères l'importance qu'il a pris dans mon esprit, pourquoi ne pas lui transcrire les battements de mon coeur à la lecture de ses mots pourquoi ne pas lui rapporter les larmes, rires frais, grincements de dents, suées, à la rencontre de sa poésie et  pourquoi ne pas lui faire sentir avec les miens toutes les prises de conscience fulgurantes et jouissives à leurs contacts et toutes les vibrations poétiques de sa grammaire...
A dire vrai, c'est une des toutes premières fois que je peux que je me permets et ressens le besoin de l'exprimer ainsi à un artiste de son vivant et malgré mon bon vouloir et la forte pression passionnelle qui m'anime c'est sur le comment que j'achoppe, comment rendre un tremblement d'âme, une joie incommensurable, un trouble presque sismique, un plaisir profond et un embrasement des méninges quand j'ai entre les mains un de vos livres et comment exprimer de la plus juste façon l'inspiration et la respiration que vous m'offrez à la lecture d'un de vos poèmes, d'un de vos romans, cette sorte d'incandescence....
Et puisque je m'en donne l'occasion aujourd'hui, et ce dans ce contexte si particulier et si pertinent des Correspondances, sachez que je vous aime pour la forme et pour le fond car au fond n'est-ce-pas ce qui compte le plus pour un homme de l'art tel que vous ou vos congénères de remuer en profondeur un individu, de le toucher, de l'interpeller, de l'émouvoir l'éveiller à lui-même et lui donner à réfléchir sans pour autant l'ensevelir sous des théories fumantes ou des gentillesses doucereuses bien loin de votre carte du monde, j'en conviens, a fortiori de la mienne mais juste de lui ouvrir les portes de sa sensibilité et de ses limbes intérieurs, lui permettre l'accès à sa boîte de Pandore en prenant le risque comme vous le faites d'entrouvrir béante la vôtre.
C'est sans doute ce mélange si personnel, ce choix pointu du mot retenu, cette richesse,cette trivialité cette dimension sensorielle qui donne à votre mouture sa couleur prégnante si particulièrement humaine et déchirante telle que je la reçois.
 
Vous êtes pour moi une nourriture.
 
Et ce n'est pas peu dire... Vous m'avez donné le goût d'écrire à mon tour et vous m'avez affranchie par ce ton qui est le vôtre et par ce traitement percutant et sans ménagement de l'âme humaine empreint à la fois de tendresse et de souffrance dans cette sorte de poésie vibratoire, karchérisante...
Je m'interroge dès lors sur ce qu'un écrivain  comme vous envisage de provoquer quand il écrit et s'il y pense vraiment, chacun des lecteurs s'appropriant vos mots à sa manière, chacun avec ses attentes implicites. Pour moi, ils ont été de concert d'une évidence étonnante et d'une déflagration inouïe comme si vous étiez venu me chercher au fond de mon chaudron.
 

L'art comme tentative de sortir de soi l'essence même de l'être que l'on est.
 
J'aimerais vous rencontrer de chair pour pouvoir deviser avec vous et puis vous imprimer de vive voix l'importance que vous avez prise dans ma vie, pas comme une "fan" ou une sorte d'individu dépossédé de lui-même et en quête de repère, je ne suis pas comme pourrait l'induire ce courrier entrée en religion mistralienne et n'ai pas perdu mon libre-pensant, non,vous rencontrer par congruence et sentir la vôtre car nul doute que doit émaner de votre personne l'image des démons intérieurs et sauvages qui vous habitent comme chacun d'entre nous mais peut-être de façon plus honnête plus criante plus directe comme cela transpire dans vos livres, cette sorte de désespoir assorti d'un tel goût de la vie et de l'amour, cette soif d'affects et ce profond respect de l'amitié portée aux nues et qui me percute tant! Si vous le vouliez bien, j'en serais très émue.
 
Et puis au-delà de tout, c'est vous lire davantage qui me comblerait le plus, il me faut attendre alors le prochain ouvrage qui va agir en vous, ayant déjà dévoré tous les possibles vous concernant... J'ai toujours beaucoup lu et ce depuis mon plus jeune âge, j'en ai besoin. La littérature et la poésie m'ont révélé à moi-même, certains langages plus que d'autres certaines histoires aussi et puis certaines constructions certains canaux certaines musicalités. Pour moi et sans doute plus universellement c'est une nécessité pour exister pour se construire pour ouvrir sa perception du monde.
 
La littérature m'a rendu à moi-même et par la même plus humaine.
 
Et vous?
 
Je n'ai pas envie de vous mettre dans l'embarras avec mes questions qui pourtant tant me brûlent les lèvres, elles ne sont que miennes et sont celles que vous avez semées en moi et qu'il ne me reste plus qu'à faire germer et fructifier. J'ai grandi à vous lire, j'ai pris la mesure aussi sans doute parce que j'y suis prête de ce que j'avais envie moi-même à mon tour de transmettre et de quelle façon. J'ai compris l'importance plus encore des mots, de leur force de frappe et j'ai mesuré l'impact de la truculence, de l'authentique, du vécu à chaud, du témoignage et de l'audace d'être ce que l'on est et de le dire.
 
Je me sens plus libre depuis que j'ai croisé votre route et celle de votre plume et je vous en remercie de la plus vibrante façon du fond de mon âme.
 
 
 
Bien à vous,

Helenablue

 

 

12/04/2010

correspondances d'Eastman

C'est décidé, cette année je participerai au concours des correspondances d'Eastman parce que Venise nous y invite, parce que ça pourrait être une formidable raison de plus d'aller jusque là, pour le plaisir des mots, mais surtout parce que je trouve le choix du thème tout à fait inspirant, généreux et humain, voyez vous mêmes:

Sans doute avez-vous déjà comparé l’une ou l’autre des personnes qui ont compté dans votre vie à des étoiles qui ont éclairé votre route... Eh bien! c’est à l’une de ces personnes que je vous propose d’exprimer aujourd’hui en quoi votre rencontre avec elle a été inespérée.

Cette personne inspirante peut faire partie de votre enfance, de votre adolescence, d’un passé plus immédiat ou de votre vie présente : un membre de votre famille immédiate ou élargie, une enseignante, un voisin, un compagnon de travail ou de voyage, une amie intime, un amour passager ou durable, une femme, un homme, un vieillard, une enfant…

Parmi tous ces gens qui vous ont conduits comme Alice, au Pays des Merveilles*, n’oubliez pas d’inclure ceux qui, au premier abord, vous ont dérangés et bousculés, qui vous ont secoué les puces ou enlevé le tapis de la sécurité sous les pieds car, sans eux, seriez-vous l’être humain que vous êtes devenus?

Enfin, il arrive aussi que nous vivions des rencontres décisives avec des figures de proue de la sphère publique dont les oeuvres, les passions ou les engagements sociaux nous marquent, à leur insu : une romancière, une philosophe, un maître spirituel, un homme politique, une femme engagée, un astrophysicien, une marathonienne, un chasseur de papillons, un poète…

Qu’elle soit un phare sur votre chemin actuel ou qu’elle l’ait déjà été, choisissez donc une personne marquante pour vous et
adressez-lui une lettre la plus ressentie possible."

Il est précisé qu'on a droit à plusieurs lettres, il y a toujours plus d'un individu marquant dans une vie, mais un de ceux qui l'a bouleversée qui lui a redonné du relief voir un sens ou même qui vous l'a donnée il n'en est pas tant! L'exercice me parait peu banal tant la corespondance a pour moi un caratère intime et d'âme à âme, qu'en pensez-vous? En serez-vou itou? Tout est bien précisé au passe-mot quant au format, dates et manière de faire. Il n'y a plus qu'à!

 

04/12/2009

Aurélien

 

- Michel-Ange -

 

 

 Un tout jeune homme romantique discret timide fluet le regard fuyant du moins devant le mien, gentil courtois et presque trop bien élevé, propre sur lui soigné poli et polissé assez lisse somme toute, je ne me souviens plus trés bien ce qui nous a conduit tous les deux dans cette correspondance torride, lui seize printemps, moi dix de plus. J'ai découvert son écriture fragile nerveuse à la fois par deux vers au dos d'une carte postale, une oeuvre de Michel-Ange de mémoire avec les mots de Rimbaud, j'ai rétorqué par quelques rimes de Baudelaire adossées à un Modigliani un tantinet plus provocant j'avoue, un excitant petit manége ma foi qui dura quelques semaines et puis soudainement une lettre, trois pages recto verso écrit serré sciante crue suave débordante de sensualité d'audace de stupre, d'étonnants fantasmes voluptés caressantes embroglios érogénes poésie lascive musique des sens, Wouah! J'ai adoré, lu relu jusqu'à épuisement de l'encre, remué plié replié caressé désiré, ce gosse m'étonnait me scotchait me terassait d'aise! Le gredin, il avait le manche à la bonne place et la cervelle qui allait avec, stupéfiant. Alors j'ai riposté sur papier bleu fontaine, encre noire parfumée enjôleuse et cruelle j'ai vampé dévoré avalé tout cru ce petit bout d'âme à coups de soupirs de reins de chatte brûlante et d'espoirs ensorcellants. Vindedious! Le revers crescendo encore plus chaud hot arrachant bandant époutousflant d'où sortait-il donc ce vocabulaire qui transpirait le vécu digne du Marquis associé aux poémes de Bataille ou des Onze Mille Verges véritable hospodar du sexe muni d'une connaissance soutenue du plaisir féminin cunillungustique lingual broutage de buisson foutrement érotique, pas du tout raisonnable cette petite affaire... Les mois passérent et les années, deux pleines à s'échanger des mots doux et profonds profonds...

Je l'ai croisé dans le train Lille Paris la semaine dernière, un bel homme maintenant avec plus de contenance et de présence aussi, toujours assez réservé mais le regard plus vif, vingt ans avaient passé quand même! On s'est reconnu d'un sourire, pas d'échanges de mots verbaux et rien de plus... garder le sortilége intact... j'en m'humide encore!

 

 

31/08/2009

Cher toi,

tu me manques et tu n'as pas idée à quel point, tes mots généreux et encourageants, ta prose si personelle et habile, vivante truculente et nourrissante, ton grand corps puissant et affable fort et tendre, et tes mains douces comme de la soie à la poigne bien ferme parfois, tu me manques, tout toi me manque, même tes cris tonitruants et tes excés, tes largesses douceurs et autres mets. Pourtant cela ne devrait pas n'est ce pas, même éloignés l'un de l'autre, l'amour l'amitié qui nous animent ne nous séparent jamais, les amants comme les amis sont pleins l'un de l'autre, mais c'est que parfois cette solitude me pése, seule en étant accompagnée c'est tout à fait étrange et déroutant... Et puis c'est bon aussi de se laisser conduire, de pouvoir poser la tête sur une épaule de confiance et permettre alors à son esprit de vagabonder, c'est bon aussi les bras qui enlacent réconfortants sentir couler ses larmes sur un torse odorant et mâle laisser filer les ténébreuses pensées laisser les tracasseries du jour s'évanouir dans le souffle de l'autre laisser faire se laisser faire en total abandon. Tu me manques et de l'écrire me rassasie. Je n'en finis pas de t'aimer...

 

30/08/2009

merci

dyn006_small150_151_224_jpeg_2620450_2161f5bde8d2d08399c3de2a8ca3a331.jpgSaravati a écrit:

 

"Quand d’un coup de plume magique, Helena se dévoile tout entière après ou avant s’être ressourcée dans l’art et la littérature des autres, j’éprouve une émotion étrange.

Je la regarde avec d’autres yeux, elle que je n’ai jamais vue ailleurs qu’à travers les orbes  des mots, et elle m’apparaît brillante, chaleureuse, épanouie malgré la soujacence parfois d’un background inquiet.

Et je pense que se découvrir de cette manière unique qui la caractérise est une façon de renforcer le mystère de sa personne, qui tout en allant à la rencontre des autres, garde toujours un voile tantôt transparent tantôt opaque sur son dit, son ressenti, son vécu.

Dans le firmament d’Helena, il est des étoiles lointaines qui traversent les galaxies pour diffuser enfin leur lumière.

Dans la mer d’Helena, les ruisseaux qui s’étaient perdus retrouvent le cours de leurs pensées.

La musique devient partage et les mots colportent l’amitié.

L’univers d’Helena repousse les frontières, entrouvre l’infini.

Helena dévoilée reste pourtant mystère !

C’est comme cela qu’elle nous enchante !"

 

Merci belle amie.