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12/02/2015

Petit rien

 

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" Le courage c'est de chercher la vérité et de la dire" 
 
Que reste-t-il aux êtres « survivants » des violences physiques et morales subies dans l'enfance ?
Que reste-t il après les actes, sinon la parole, les mots et l'art pour tout expression de soi ?
 
J'ai souhaité donner cet espace temps à cette parole-là, au travers des mots d'Hélénablue qu'elle a un jour adressé à sa mère après une amnésie de plus de 30 ans sur un traumatisme d' enfance.
Faire un film peut-être aussi pour rendre une sorte de justice quand celle des hommes n'en n'est plus capable,mais surtout transmettre et donner à entendre.
 
Ma rencontre avec Helenablue a eut lieu en 2008, à travers son blog puis dans la vie réelle au bout d'un an d'échanges. Il se dégage de son journal une aura particulièrement sensible au monde, engageante tout en étant intime, et une capacité à se dire, à s'écrire comme j'ai rarement trouvé sur la toile. "Arriver à inspirer les autres c'est leur dire toi aussi tu peux le faire, moi je le fais, lui le fais, toi aussi tu peux le faire", m' a dit un jour Héléna.
 
Et même s' il est parfois difficile de comprendre et de recevoir l'intimité des écrits d'autrui, il ne faut pas oublier que la réalité est bien plus effrayante que celles des mots. Il n' y a pas d'indicible, il n' y a que de l' humanité. Nommer l'indicible c'est rendre compte de la part d'ombre inhérente à tout être. Le prix à payer pour retrouver son humanité, la reconnaître et se reconstruire. Et il faut un certain courage pour faire ce chemin là ettémoigner de ce cheminement.
 

23/11/2014

Laure est de retour...

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03/11/2014

Un demi-siècle ! Bon anniversaire Christian !

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Mon Grand, aujourd’hui c’est le jour de ta fête, 50 ans, un demi-siècle. On a toujours ri, souviens-toi, du fait que tu étais plus vieux que moi, d’un peu plus de trois mois, ça fait quand même un sacré paquet d’heures, n’est-ce pas ! Une fête, ça se fête.

Alors, après avoir hésité entre une soirée à Montréal avec tes potes et potesses, te faire venir ici dans mon petit Nord, te faire une tarte aux pommes et souffler des bougies et je ne sais quelle autre idée qui m’est passée par la tête, j’ai opté pour une surprise tribale et scripturale.

Voilà, Christian, les cadeaux de personnes qui t’aiment tel que tu es. La doxa n’est pas toujours tendre avec toi, mais elle est comme tu as bien voulu qu’elle soit, ton talent d’écrivain est incommensurable, les qualités de l’homme prêtent souvent à discussions, comme Picasso, tu suscites des passions…

Je te connais, notre correspondance intense m’a appris à te découvrir et à apprécier ton immense sensibilité et ton inépuisable générosité. Ces nuits que tu as passées à me soutenir, à m’encourager, à me remuer ! Te souviens-tu de cette fameuse où tu m’as veillée à distance parce que j’avais une rage de dent à se taper la tête contre les murs et que tu as tout fait pour m’en détourner en me faisant rire, rire à en pleurer ?

Ton amitié est un bien précieux.

Black Angel, je te souhaite, c’est un vœu pieu, un autre demi-siècle et je nous souhaite encore beaucoup d’émotions, de partages, d’écriture et d’aventures étonnantes comme celle qu’on a déjà vécues ensemble.

« Quand j’aime un jour j’aime pour toujours ». Je t’aime Christian Mistral. Ta Blue

 

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- Photo Guillaume Pâquet -

 

 

« J'aime Christian Mistral de tout mon diablotin et saugrenu de cœur, mon authentique cœur. Qu'aurais-je d'autre à dire ? »

- Guillaume Lajeunesse (Vieux G) -

 

 
Tout le monde sait que lorsqu'on dit des gros mots ou qu'on médit au sujet d'autrui, Jésus sort sa TransAm du garage et parcours les ruelles du paradis le pied dans le tapis en écrasant des bébés chats.
 
Qu'on le tienne pour dit, je suis un grand adorateur de la Pontiac Firebird 6,6 litres des années "Cours après moi, Shériff !", celle avec le turbo-compresseur et le phoénix aux ailes ouvertes sur le capot, mais quand Héléna m'a approché me demandant d'écrire un mot soulignant l'anniversaire du vieux bandit, je me suis dit qu'une journée au paradis sans chatons écrapous en mon nom serait un beau cadeau à lui faire pour célébrer ses cinquante balais.
 
Les gens aiment bien tout catégoriser, ça les rassure et leur évite d'avoir à trop réfléchir et, conséquemment, les sauve de se regarder et de se voir tel qu'ils sont. C'est évidemment plus réconfortant de se bricoler une petite image de soi proprette et coupée du monde que de reconnaitre que celui-ci n'est au fond constitué que de nos propres projections et n'est que le reflet de l'univers qui nous habite, qui nous sommes réellement, qu'on l'accepte, qu'on ait le courage de l'assumer ou non. Mais, je m'éloigne, pardonnez-moi, mes racines punk trempent dans l'expresso. 
 
Je ne suis pas mieux, n'allez pas me lancer de fleurs, parce que ça m'arrive à moi aussi de catégoriser. Pourquoi je me priverais de comfort et à ce prix en plus ? Les gens par exemple, tiens ! Pour moi, je classe les gens dans deux catégories, d'un côté il y a les femmes de ma vie et de l'autre, les autres. Et Christian Mistral, aussi bizarre ça puisse sonner, je vous expliquerai, fait partie de la première catégorie. 
 
De un, c'est pour l'amour et le bien du texte et de la paix dans le monde. Pour l'occasion, en l'envoyant dans le vestiaire des filles, j'évite que ça finisse comme la célèbre partie du vendredi Saint entre les Canadiens et les Nordiques et je lui fais en plus une fleur parce que dans cette catégorie le poète sera en bonne compagnie...
 
Mais il y a plus car Christian m'a toujours fait l'impression d'être une vieille louve, d'en avoir l'âme. Aussi chiant et berserk postal puisse t'il parfois devenir, c'est cette fibre maternelle sauvage que possède l'homme qui m'a toujours le plus frappé chez lui. Je n'ai pas à rendre publique notre relation, ça ne regarde que nous, mais ça a été ainsi depuis le jour un. Le type, quand il aime, aime comme une mère. 
 
Il déchirerait sa chemise en deux pour te couvrir si t'avais rien sur le dos et verserait la moitié de sa dernière bouteille de jus d'clodo dans ton biberon si ta vie en dépendait. Une confidence, moi, son oeuvre c'est en diagonale sur les amphétamines avec le peu de boulons qu'il me reste que je l'ai parcouru et je serais mal foutu de venir en parler juché sur une boite à savon pour en vendre. D'autres le feront mieux que moi. Moi, c'est le bonhomme que j'ai eu la chance de rencontrer et c'est ce bonhomme là tel qu'il s'est montré à moi qu'aujourd'hui je suis fier de classer avec la crème des âmes qui ont laissé une marque indélébile sur la mienne et qui auront toujours une place dans mon coeur où il y aura toujours une moitié de vieille chemise déchirée à se mettre sur les épaules si besoin était.
 
Christian, vieille louve, vieux bandit et grand frère d'armes, pour tes cinquante balais je te souhaite paix et santé.
 
- Pat Caza -
 
 
 
Mistral (et le spectre de Nelligan) dans le bleu de la nuit (des temps)
 

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(Avec gros clin d’œil à Gatsby – rémanence inattendue d’une improbable game de bowling…)

 

- Michel Plamondon ( le Plumitif ) -

 
 

C'est difficile pour moi d'écrire depuis un certain temps, mais si l'effort d'une prise de parole pour moi-même présentement me rebute, je peux en fournir un pour Mistral.

Comme, sans doute, tous ceux qui lui sont ou ont été proches, j'ai été testé, brassé de la cage, évalué avec soin, et choisi, intégré, puis encouragé et défendu.

C'est après avoir lu Christian Mistral et Louis Hamelin au début de la vingtaine que je me suis vraiment mis à commencer à écrire pour vrai. J'étais déjà lecteur avide, j'avais eu un projet de grand roman de SF(!), j'avais pondu quelques textes pour m'amuser, mais c'est en découvrant ces voix, plus proches de moi que tout ce que j'avais pu lire, que j'ai commencé à avoir une idée de ce que pouvaient être un style, une voix, vivants, actuels et se développant dans des espaces propres à soi et une époque à laquelle on appartient, et qui nous appartient. Bref, de ce que pouvait être l'écriture.

Christian m'a poussé à y faire ma place. Pour l'instant, sur ce plan-là, je suis sur la glace. J'ai confiance d'y revenir tôt ou tard. Quoi qu'il arrive, mon amitié avec cet homme d'esprit à la volonté puissante et d'une rigueur incomparable à la plume dont, aussi bouillant puisse-t-il être, la loyauté est un exemple, a une grande importance dans l'histoire de ma vie.

 
- Stéphane Ranger -
 
 
 
  Vecteur
 

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- Sandra Gordon (Sandy) -

 

 

18/07/2014

sans frontières

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Ce que j'aime dans la toile, ce que j'aime ici, ce que Blue me fait sentir, c'est ça : cette absence de frontières, ces possibles, ces autres autrement, cette possibilité de s'ouvrir, de parcourir, de découvrir. Magique,inspirant, enrichissant, palpitant... Parfois je m'en étonne encore, alors que même le monde s'ébranle et se déchire par endroit, alors même que la violence un peu partout fait loi, alors même que sur notre planète il est encore des individus qui court après plus de pouvoirs, il en existe d'autres qui croient, qui voient et qui tentent une autre manière d'être à ce monde, d'être à la vie, d'être en contact, respectueux, curieux et heureux de savoir ça possible. Poésie. Rencontre. Qu'avons nous envie de laisser derrière nous, que voulons nous transmettre, que pouvons nous faire chacun à notre petite échelle, si ce n'est affirmer notre désir de vivre mieux les uns avec les autres en s'ouvrant les uns aux autres ? Notre coeur est bien plus vaste qu'on ne le croit. 

 

 

13/07/2014

Avancée

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. J’ai multiples interactions en tête et c’est parfois difficile de faire le tri. A trop penser, on se noie, on s’oublie. Pourtant malgré ces brainstormings intenses, il reste les priorités : l’amour et l’amitié.

J’ai eu un bonheur immense à l’entendre parler des blogs, c’est mon cher et grand ami, l’incontournable, le chef de la tribu, mon Black Angel et c’est ici. J’ai eu aussi une émotion intense à avoir par blog interposé de ses nouvelles, c’est une vieille amie au sens de la durée et de l’intensité : Sandy. – Hello ma belle ! Quels panaches !

Et puis, toujours pareil ma façon d’être au monde… Ce déjeuner avec deux de mes fils à qui je parle de leur famille maternelle dont ils n’ont jamais entendu parler… Et ce dîner hier soir, si sympathique avec des individus vrais et cools, ouverts, sensibles, intéressés par l’autre. C’est rare. On s’est régalé d’une terrine incroyable aux poireaux et saumon rose et ensuite d’un gigot sur son lit de patates à damner un chevalier de Game of Thrones ! La vie est toujours pleine de surprises si on veut bien les saisir…

Pourtant, je ne suis pas dans une période euphorique, je traîne encore des casseroles, des doutes et des désillusions. Même quand on est attentif et plus présent, on peut se planter parce qu’on a en face de soi une autre entité, un autre mode de penser, de vivre, de voir la réalité. La sagesse dans la relation demande un temps inconsidéré et une expérience sensible et raffinée.

J’apprends. Toujours un peu plus, toujours à mes dépens, pour l’instant.

J’avance.

Merci à vous.

Merci Christian.

 

24/06/2014

C'est la St Jean !

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Pas de fête de l'été sans une pensée pour mes amis Outre-Atlantique. Après la fête de la musique ici,  mon âme se gonfle d'allégresse en pensant à vous tous et mon coeur est en partie au Québec avec vous. Pas de 24 Juin depuis ces dernières années sans vous, mes amis québécois...

Belle St Jean ! Belle fête ! Belle soirée ! Vive l'amitié ! Et vive la liberté de choix, d'expression et de choix vie!

 

 

21/06/2014

Blue a six ans !

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C'est l'été, c'est la fête de la musique, la ville résonne de sons divers et d'ambiances festives...

C'est aussi, plus intimement, l'anniversaire de ce blog... l'anniversaire de Blue !

 

03/06/2014

Petite pause

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Trop de tracas, trop d'ouvrage, trop d'ailleurs, trop de projets en même temps, trop d'énergie à consacrer au quotidien, au travail, à l'écriture, à l'amour des miens, trop de curiosité et trop peu d'heures au cadran... Je marque une petite pause pour quelques temps. Prenez soin de vous !

Love,

Blue

 

06/12/2013

Maux d'esprits

Le tiers livre et Scriptopolis sont à l’initiative d’un projet de « vases communicants » : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement…  Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.

La liste complète des participants est établie grâce à Brigitte Célérier.

Aujourd’hui, j’ai le grand plaisir d’accueillir ici Dominique Hasselmann, tandis qu’il me reçoit sur son blog Métronomiques .

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- Photo helenablue -


 

« Le désir est une conduite d’envoûtement. »

Jean-Paul Sartre, L’Être et le Néant (Gallimard 1943, édition 1964, page 463).

 

Je n’ai pas fait tourner les tables à Jersey, en 1853, sous la houlette de Victor Hugo : je préférais les guéridons de Saint-Germain-des-Prés.

C’est aux Deux Magots que je l’avais rencontrée. L’ombre de Sartre et de Simone de Beauvoir (qui jouissaient d’un écriteau à leurs noms sur la place) s’étendait encore ici ou là, surtout quand il y avait du soleil, c’est-à-dire assez rarement.

Cette jolie femme m’avait semblé énigmatique, proche et lointaine à la fois, comme si elle venait d’ailleurs, mais je ne connaissais pas son pays d’origine. Elle était de nationalité française (sinon elle aurait été expulsée depuis quelque temps déjà), mais parlait avec un léger accent allemand que venait renforcer celui, circonflexe, qui ornait sa lèvre supérieure de couleur purpurine.

Je crois qu’elle écrivait mais elle restait très discrète sur cette activité. C’était normal, d’ailleurs, car les « intellectuels » étaient désormais surveillés de très près par l’État : non pas qu’ils aient pu menacer l’ordre public – le temps de leur influence et des manifestes s’était perdu dans les méandres de l’Histoire du XXème siècle – mais ils pouvaient toujours publier une « tribune » dans un journal, même confidentiel, qui risquait de titiller l’esprit de quelques lecteurs et miner à force les principes de l’autorité en place.

Nous parlions donc de tout autre chose que de littérature : de l’augmentation du coût de la vie, de la difficulté de la population à « joindre les deux bouts », des éléments naturels qu’aucun pouvoir n’avait encore réussi à museler malgré les progrès des prévisions météo, de la musique, de moins en moins moderne et de plus en plus assourdissante, de la circulation parisienne qui était devenue un enfer quotidien (sauf pour quelque élue de l’ancienne UMP qui avait découvert il y a longtemps « les charmes » du métro parisien), de la mode, des derniers restaurants en vogue.

Quand nous nous retrouvions dans le quartier des quelques galeries de peinture encore existantes et des librairies disparues, nous évoquions aussi des vacances passées à l’étranger, des projets de voyages (l’idée de prendre l’avion nous faisait déjà décoller), ou le fantasme d’un simple week-end dans une ville comme Rome ou Amsterdam.

Finalement, nous parlions de (presque) tout et de rien : nos paroles s’enroulaient les unes aux autres, la petite musique de nos voix se mêlait au fond sonore des autres conversations, souvent émises bruyamment en anglais, en américain ou en japonais.

Je crois qu’elle m’avait envoûtée et j’étais donc hors-la-loi. Nos esprits faisaient l’amour avant même nos corps.

Le guéridon ne bougeait pas, le serveur en noir et blanc jouait le rôle qui avait été décrit une fois pour toutes dans L’Être et le Néant (et c’était comme si l’amoureux du Castor avait été metteur en scène de cinéma). Nous commandions des Mojitos, l’époque n’était plus guère au Cuba libre, et les heures coulaient impétueusement sous les ponts du temps.

Un jour, elle n’est pas venue au rendez-vous. Je suis resté assis bêtement à la terrasse du café, aucun taxi ne l’a déposée près des tables et des chaises cannées sagement alignées, j’ai attendu à peu près deux plombes et je n’ai reçu aucun message ou appel sur mon téléphone. Un seul être me manquait et tout était déraciné.

Le soir, rentré chez moi, en regardant les infos sur BFMTV, j’ai appris qu’une certaine Magdalena Auschenbach avait été arrêtée par la police. Sa photo anthropométrique en couleurs, de face et de profil, était affichée plein écran. Elle était dans le collimateur de la DPS (Direction de la Police secrète) depuis quelque temps déjà : sur elle, on avait retrouvé un long article, destiné à Mediapart, le brûlot toujours en ligne d’Edwy Plenel (900 000 abonnés maintenant), et intitulé : « La Nouvelle Résistance Populaire renaît de ses cendres ». Un certain nombre d’actions d’opposition à mettre en œuvre étaient listées dans ce texte qui sentait la poudre.

L’État avait failli en trembler sur ses bases : il était temps qu’un terme soit mis à ce genre d’appel à la rébellion ou à l’insurrection contre la droite qui avait repris les rênes du pouvoir en mai 2017. Je ne m’étais jamais douté de rien… J’aurais donné à Magdalena le bon Dieu sans confession, ou même après.

Soudain, l’interphone retentit :

– Monsieur Grimonpré ?

– Oui, c’est moi… Qui est-ce ?

– Ouvrez immédiatement, brigade anti-terroriste !

J’habitais au sixième étage d’un immeuble en cours de  ravalement : j’ouvris la fenêtre du séjour, enjambai le rebord et marchai sur les planches de l’échafaudage. J’aperçus en bas dans l’avenue trois voitures banalisées avec des gyrophares bleus dont les lueurs intermittentes dessinaient un étrange ballet sur les murs en face. Je grimpai à l’échelle et m’enfuis par les toits. 

Le panorama de Paris est toujours si beau, vu depuis une perspective plongeante, quand l’aube se lève précautionneusement sur la ville encore endormie.

 

- Dominique Hasselmann -

 

 


12/10/2013

A quoi il sert ?

Cet amour qui est en nous, à qui on le donne ? Tous ces rêves qui nous secouent ? Si c'est pour personne, à qui on l'avoue ?


 

Cette chanson m'accompagne depuis que j'ai douze ans ou peut-être quinze, je ne sais plus très bien. J'ai du l'écouter des centaines de fois et au moins autant en boucle. Je l'ai sur chacune de mes play-lists et chaque fois qu'elle passe, qu'elle soit chantée par son auteur ou par France ou Françoise, j'ai le même frisson au coeur. Sur You-Tube, je n'ai pas trouvé de vidéo correspondante à mon état d'âme quand je l'entends. J'ai pensé à Laure et je lui ai fait ma demande, d'ailleurs bien maladroitement. Nous avions déjà parlé de cette chanson, y trouvant l'une et l'autre un écho, le même sans doute. Voilà le résultat. Je l'en remercie infiniment.

Je continue à croire que c'est à ça qu'il sert, cet amour qui est en nous. A donner, partager et à s'ouvrir à l'autre.

A tout bientôt ! A toujours... A demain.

 

06/10/2013

Merci

Quand j’ai démarré ce blog, il y a plus de cinq ans maintenant, j’étais encore bien atteinte. Border line, trouble du comportement, dédoublement de personnalité, il me restait encore pas mal d’obstacles à surmonter. J’ai apprivoisé ce que j’appelais le Hyde en moi, j’ai avancé, j’ai tenté de comprendre pourquoi j’avais des manières de réagir exagérées, pourquoi la tristesse chez moi se transformait tout de suite en une intense douleur psychologique, pourquoi je ressentais de la honte plutôt que de l’embarras et pourquoi toujours la peur plutôt que la nervosité. Trop sensible.

 

Quand j’ai démarré ce blog, je venais de vivre une étape de ma vie traumatisante et difficile. J’avais perdu mon tuteur et je devais continuer à grandir par mes propres moyens. Je me le devais, je le devais à l’homme qui m’avait toujours épaulée, je le devais à mes fils. Alors cet endroit est devenu d’une importance vitale pour moi, je m’y suis reconstruite. J’ai pris des forces en échangeant et en interagissant. J’ai pu  faire face à mes vieux démons, j’ai pu aussi mettre ma vison de la réalité à l’épreuve de celle d’autrui et doucement j’ai guéri. Survival.

 

Quand j’ai démarré ce blog, je ne pensais pas que je rencontrerais un homme, écrivain et génie dans son domaine qui compterait tant pour moi et qui par une attention soutenue et régulière m’a permis d’avancer et de prendre confiance dans ce que je pensais, dans ce que je voulais dire et dans la manière de le faire. Christian Mistral est le créateur de Blue, il en est le protecteur et je lui dois beaucoup plus que je ne saurais l’écrire.

 

J’approche de la cinquantaine, je prends doucement conscience de ma valeur et de mon parcours. Je sais, que tout ce que j’ai pu vivre et comment je l’ai vécu, a développé chez moi une force sur laquelle je peux m’appuyer, je sais aussi que j’ai une capacité à accepter, tolérer et accueillir beaucoup de souffrances, d’extravagances et de comportements qui peuvent paraître étranges. Je ne serais pas aujourd’hui celle que je suis si je n’avais pas vécu ce que j’ai vécu. Je sais qui je suis, définie par ce que je fais.

 

On ne peut être heureux que si on le décide et si on fait ce qu’il faut pour plutôt voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. On n’est pas tous égaux face à cette capacité. Le peur de l’abandon, le besoin d’amour illimité voire de fusion, l’hyper-sensibilité ne permettent pas cette sérénité et cette paix auxquelles on aspire. Mais on peut arriver en prenant le risque de se découvrir, à cet état d’être sans pour autant perdre sa créativité. Je me sens plus humaine.

 

Hélène existe. Blue aussi. Elles ne font qu’une et même personne. Je dois cette quiétude et cette identité retrouvée à beaucoup d’années de lutte et de volonté de comprendre, à l’amour énorme d’un homme exceptionnel et à sa présence de chaque instant, à la confiance et l’amour de mes enfants et de mes proches, à feu mes beaux-parents, beaux et plus encore, à l’exigence et la rigueur d’un ami tonitruant cher à mon cœur, à l’amitié fidèle de femmes superbes, mes deux L , à la gratification et la sympathie de mes clientes, à l'épanouissement dans mon métier, à l'écriture, la poésie, et à vous tous qui venez me lire, vous tous qui me suivez depuis tout ce temps.

 

Je vois quelqu’un dans le miroir. Je ne suis plus « rien ».

 

Merci à vous. Merci la vie.

 

 

 

10/09/2013

Rien de plus

 
Rien de plus
Rien de moins
Rien du tout
Trois fois rien
J’existe encore
Et pour longtemps
Longtemps à attendre
A rêver
A rêver du rêve
Rêve sans trêve
Rêve d’espérance
Histoire de vivre
Vivre sans trêve
 
 



14/06/2013

Quelle aventure !

Cadeau de Laure pour les cinq ans d'Helenablue !

 

 

13/06/2013

Blue: cinq ans de blog

Christian me le rappelle gentiment.

Voilà maintenant cinq ans que quotidiennement je blogue, je passe, je partage, j'exprime, je réagis, je souffre et j'écris. Cinq années qui ont changé ma vie et qui la changent chaque jour qui passe, qui l'enrichissent, qui l'enthousiasment, qui lui ouvrent des champs de possible et d'amitiés indéfectibles.

Je suis émue de tout ce temps passé ici, de tout ce qu'a engendré ce lieu, de tout ce qu'il me permet de faire, de découvrir et d'aimer. Et je suis fière d'être aussi bien entourée par vous tous qui me suivaient et m'encourageaient de votre présence à continuer d'explorer et de dire. 

Blue a cinq ans. Je lui souhaite de continuer à grandir et à me permettre de grandir avec elle et de me découvrir encore un peu plus avec vous.

Cheers !


29/05/2013

Sicilian Blue

Découvert chez Lélius.

 

 

 

27/05/2013

une journée intense et en dehors du temps

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- Photo Laure Kalangel -


Le son et ses mystères, la musique et sa magie, les mots et leur force intrinsèque, le désir et l'acte, la volonté et la réalisation, l'amitié et l'envie de faire ensemble, la conviction d'être dans le vrai et la joie de créer. Voilà ce que fut cette journée intense, indescritpible sans dévoiler un secret et juste parfaite parce que faite d'amour, de talent, d'une tendre sincérité et d'ouverture à l'autre. Ce genre de journée qui donne envie de continuer et d'explorer des terrains ignorés.

 

23/05/2013

Lorka

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- Photo Laure Kalangel -

 

Elle vient de fêter les cinq ans de son blog. Nous pourrions tout autant fêter les cinq années de notre belle amitié créative et profonde. Les blogs nous apportent parfois des surprises fécondes comme celle de notre rencontre. Timide et mesurée au début, notre relation s'est épanouie et nous a grandies l'une et l'autre, l'une part l'autre, l'une avec l'autre. Tout ce que nous nous sommes apporté rejaillit dans notre manière d'être au monde. N'est-ce pas là la beauté d'une amitié ?

Aprés ces quelques pépites forgées par le temps et que vous connaissez (je ne vous les mets pas toutes), nous travaillons sur un projet plus grand et plus impliquant. Et nous continuons ainsi chacune notre route en plus de celle que nous parcourons ensemble les cheveux dans le vent...

 

 

 

 

Merci belle amie ! Et longue vie aux blogs...

 

09/05/2013

Pour l'amour des livres

Suite à l'heureuse initiative de Laurent Margantin et les photos de la bibliothèque de Dominique Hasselmann chez lui, j'ai eu envie de lancer une vaste opération collective sur ce que nous avons, beaucoup d'entre nous ici en commun: l'amour fou des livres. J'ai ainsi contacté chaque membre de la Tribu mistralienne, quelques lecteurs assidus de Blue et quelques uns de mes ami(e)s avec comme douces directives l'envoi de photos de livres in situ et de quelques mots pour ceux qui le souhaitent répondant à la question: Qu'est-ce que les livres sont dans votre vie? J'ai été fascinée par les réponses successives. Tous ont répondu présent, même ceux qui n'ont pas eu le temps de prendre des photos ou écrire un texte parce que trop débordés par leur vie quotidienne, ou parce que cloués au lit, ou parce qu'entrain de déménager ou pour certains autres parce qu'encore blessés par des échanges malheureux qui se sont passés ici et qu'ils n'arrivent pas à dépasser. Aucune des personnes contactées n'a été insensible à cette idée. C'est dire que les livres ont cette capacité de nous rejoindre tous autant que nous sommes et à créer des ponts entre chacune de nos sensibilités.

Et si lire demeure une activité coupable férocement associale car prenant du temps sur le travail, sur les amis, et retranchant du monde, enfermant le lecteur dans sa bulle d'où plus rien ne semble pouvoir l'en faire sortir, si lire accumule, les livres s'entassent, s'empilent, montant des tours qui parfois s'écroulent (sans doute à cause d'un avion de papier), lire a aussi la capacité de rejoindre, comme cette note le prouve.

Merci à tous ceux et à toutes celles qui ont bien voulu livrer les arcanes de leurs constructions personnelles et ainsi nous ouvir leur intimité.

 

Le premier à m'envoyer son image fut Henri et ces "quelques livres à lire au pied du lit".

 

Quelques livres  a lire au pied du lit. Henri Zerdoun.jpg

- Henri Zerdoun -



Jacques, lui, n'ayant pas ses techniciens à portée de main, n'a pas pu faire d'images et m'a envoyé cette vision minimaliste de sa bibliothèque qui, je le cite, est très ordonnée car comme il croit aux signes ou aux appels que les livres ou les auteurs vous envoient, il désire immédiatement les retrouver, ça urge, c'est un impatient!

Si je devais prendre une photo de mes trois bibliothèques :
première photo :  les livres favoris traduits de l’anglais classés par dates de parution (Faulkner, Fitzgerald, Carson McCullers, Flannery O’Connor, Jim Harrison...)
deuxième photo : les livres favoris traduits de l’espagnol (Julio Cortazar, Carlos Fuentes, Mario Vargas Llosa,...) et auteurs contemporains (Philip Roth, William Boyd, David Lodge, Jonathan Coe, Richard Powers)
troisième photo : des ouvrages sur la musique (le Jazz) et les catalogues de grandes expositions (Africa, Paul Delvaux, cinéma...)


 

Alex et le Bourdon masqué ont été très rapides:

 

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Mon premier livre de chevet a été le dictionnaire Larousse illustré dans lequel je recopiais les dessins d'oiseaux, de fleurs.... Aujourd'hui  ça reste mon compagnon qui trone dans ma table de nuit. Le livre est toujours un remède qui remonte le moral, qui est là à disposition, n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. j'ai toujours été quelqu'un d'assez "bordélique" et ma bibliothèque me resemble; le principal c'est que je m'y retrouve. Je ne fréquente pas les bibliothèques car j'ai besoin d'avoir des livres à moi, même vieux et endommagés, car comme dirait Saüll Streinberg:

"Il porte sur son visage et dans son corps l'empreinte de la société à laquelle il appartient".

 - Photos et texte Alex -




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"Les signes, voilà l’intérêt que je porte à un bouquin mais pas l’écriture tel que tous semblez l’apprécier. Il y a eu un début c’était Clostermann, on  est loin du roman puis rapidement des « j’ai lu » aux théories les plus « curieuses » sur des civilisations perdues ou englouties, sourires garantis.

Barjavel et surtout sa trombine en quatrième de couverture me sidérait et avec un regard actuel me fait sourire. Une période Vernes, puis l’apprentissage.

Les hasards +/- provoqués m’installèrent dans la commission bibliothèque du Comité d’Entreprise où grand nombre de salariés venaient piocher, curieusement cette expérience m’aura définitivement coupée du livre, de sa sacralisation et surtout du cadre qu’il définit. Ce n’est qu’un objet l’africain ne s’en encombre pas, le griot et puis voilà on partage loin de l’isolement du lecteur lambda."

 





Gee-Bee, en m'envoyant sa photo me dit: 
 
Bonjour Helena  voici une photo de ma bibliothèque. Elle peut sembler en désordre pourtant tout y est à sa place. Sur la première tablette du haut trônent calepins de voyages et romans québécois, sur la 2 ième des livres de poésie et encore des auteurs québécois, la tablette du milieu des dictionnaires et guides de voyage, plus bas c'est ma littérature AA,  bible et autres thèmes touchant la santé enfin sur la dernière tablette je retrouve une vieille encyclopédie en plusieurs volumes ainsi que beaucoup de livres achetés dans des kiosques de livres usagés, des classiques pour la plupart et d'auteurs étrangers et quelques BD. Il manque quelques livres éparpillés un peu partout dans la maison.... p.s bon succès avec ton idée de note commune sur les biblios de la tribu.
 
Oui Gaétan, je comprends ça le "semblant de désordre", la mienne est ainsi faite aussi! Et pour le succès, ma foi, comme tu pourras le voir ici, il est assuré!
 
Des Ocreries aussi, Anne m'a écrit entre deux missions jardinage son amour des livres, je vous le livre:
 

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1 - les livres ont toujours tenu beaucoup de place dans ma vie, mais ma maison n'est pas encore aménagée pour contenir tous ceux que j'ai. Voici ceux, les plus lus, beaux, qui tiennent dans la bibliothèque que m'a prêté une de mes nièces.

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2- voici ceux en attente de lecture ; pas le temps, trop de boulot, et lire étant pour moi une activité en soi, je ne lis pas entre deux trucs, je me donne du temps pour lire. Au prochain jour de pluie ???

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3- les bouquins qui ne tiennent pas dans la maison, faute de place, sont stockés en attente dans l'ancienne laiterie, au milieu d'un bric-à-brac impressionnant.
 
Je n'imagine même pas une maison sans livres, une vie sans livres. C'est tous les rêves, tous les savoirs, tous les imaginaires à portée de main. Ça a été tout mon monde durant plus de 20 ns, avant que la vie ne m'oblige à m'en éloigner. 


 

Nancy, n'y participera pas mais j'ai aimé som mail alors le voici:

Je n'y participerai pas mais l'exercice aurait été agréable, j'en suis certaine.
J'en ai deux dans mon lit, trois sur la table de chevet, un dans ma sacoche de vélo, quatre sur la table à manger, deux dans mon tiroir au bureau, en plus des bibliothèques et ceux qui traînent sur le plancher.
J'imagine les photos de tout ça :-)

Christian trouve l'idée belle mais n'est pas d'attaque pour y participer non plus et passe son tour, dommage. J'ai un souvenir ému de sa bibliothèque et ses livres comptent beaucoup dans la mienne;
 

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- Un bout de Mistral chez Blue -

 
 
 
Rainette , toujours aussi kamikaze écrit:
 
Eh bien voilà ! Ma bibli principale et une petite bibli (dans le mur….).   Beaucoup de classiques.  Aucune encyclopédie puisqu’il y a Internet maintenant.

J’ai mis « en vitrine » Alice.  Parce que ce livre PARFAIT exprime bien ce qu’est pour moi la lecture.  L’évasion, l’imaginaire, mais dans un monde juste à côté du nôtre.  Il suffit de suivre le lapin pour y entrer.  Pas peur.

Alors, voici!
 
 

Puis ce furent les délicieux mails de Claudio et Louis-Paul:


"Pas besoin d'aller chercher loin pour répondre à la question de ce que sont les livres dans sa vie. Il suffit de photographier sa bibliothèque à la demande d'une amie et l'impression de se déshabiller vous saute à l'émotion. Déshabiller son coeur, son corps ou son âme ? On ne sait pas trop. Mais c'est terriblement intime cette affaire. C'est donc que les bouquins touchent à l'essentiel. Disons que les livres, c'est de l'intimité. Et nous avons tout dit"

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 - Mots et photos de Claudio Orlando -


 

« Tout homme est un livre où Dieu lui-même écrit. »
J’ai choisis une  citation de Victor Hugo car je ne pourrais pas,  en quelques lignes évoquer mon rapport au livre…Mais j’en parle souvent sur mon blogue. Alors, je partagerais sur un rêve ; celui d’avoir une seule bibliothèque qui serait  un mur entier du sol au plafond et sur toute la longueur de la pièce. En attendant peut être de le réaliser, il y a des livres dans toutes les pièces de mon appartement. J’ai choisi de répondre à l’invitation d’Héléna en vous montrant dans ce montage de trois photos,  la bibliothèque près de l’endroit où j’écris ces quelques mots. (Et où j'écris et publie mes billets).  
Avec un zoom sur les livres que j’aime avoir toujours  près de moi…
 

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- Photos et texte Louis-Paul Fallot -



 De Manouche et son encre turquoise:

Merci de ton invitation, je suis un peu bousculée actuellement ;alorstout vite:
Les livres régnent un peu partout dans la maison ; je t'envoie deux clichés de là- où- ils -ne -sont-
pas-trop-en-désordre.
 
Longtemps les livres ont été pour moi un indispensable plaisir égoîste.
Au fil des ans la famille s'est étoffée, les amis devenus plus nombreux. Connaissant bien la vie et les goûts de chacun je n'ai plus gardé les livres, les distribuant à la bonne personne. Petits cadeaux partagés discussions enflammées, les livres sont devenus des objets de communication privilégiés.

De Francoise et sa belle sensibilité:

« Les livres et moi, c'est une longue histoire d'amour. Je les aime depuis que je suis gamine. J'ouvrais alors les portes du grand placard où se trouvaient ceux de mon père, il était un passionné lui aussi, et je les regardais, dressés sur les rayons. J'étais émerveillée et fascinée. A l'époque, il fallait finir de découper les pages de certains avec un coupe-papier, j'avais ce privilège car je le faisais avec infiniment de minutie et de plaisir. Maintenant, c'est moi qui ai des rayons où se dressent quantités de livres, c'est moi qui les feuillette, c'est moi qui les caresse, c'est moi qui les respire… Les livres et moi, c'est une longue histoire d'amour. »

 
 
 
Il nous manquait un poème, ce que Mokhtar a comblé: 

 

Le livre


Qu'il soit celui des morts
Ou celui des vivants,
Le livre t'ouvre ses immenses ailes au firmament!


Il t'invite au voyage,
De port en port,
De page en plage,
De plage en page,
De ville en village,
De visages en paysages
Et ne te laisse jamais livré à ton triste sort!
Il a tellement de secrets à te confier, avant ta mort,
Qu'il te rendra, pour l'accepter, bien plus fort!


C'est dans l'océan de ses mots
Qu'il te convie à renouveler ta peau,
A surmonter tes peines et tes maux,
A alléger tous tes fardeaux!


Dense, le livre te fait frémir,
Danser, pleurer et rire.
De l'Homme, il te révèle le meilleur, tout comme le pire,
Ce qui l'égaie et ce qui le fait souffrir!

Si tu veux, tout cela, découvrir,
Je te conseille, ami(e), de lire!
 


- Mokhtar El Amraoui -


Livres de chevet

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Il s'agit, là, des "Mille et une nuits", livre dont je ne me lasse jamais, tant il me fait voyager et rêver!
 

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Cela va de soi que j'aime énormément "Les Fleurs du mal" du sieur Charles, mais "Le Spleen de Paris" me plonge dans une autre dimension baudelairienne, à savoir cette force poétique de conteur qu'il a .
 

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Livre génial, tout simplement. Je m'y ressource, souvent!

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Cette histoire à voyager à travers le temps m'intriguera toujours!

Voici une toute petite crête de mon chaleureux iceberg livresque! Mokhtar



Et puis ce fut le tour de Swan, de Kevin, d'Eric et de Sandy, tous mes amis québécois qui répondent présents, mon coeur bat la chamade.



Jamais seule. 
Un peu comme le chiendent, ils s'imposent, se propagent... Mais comme la plus rare des fleurs, je les aime et les cultive, leur laissant libre cours dans la maison. 
Jamais seuls.





Texte et photos Kevin Vigneau:

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Je crois que je me suis emmuré avec les livres, peut-être que leur sagesse tranquille me repose de l'imbécillité ambiante et de la mienne. Je les aime assez anciens, du moins patinés, lus ou seulement parcourus par moi, le temps d'une soirée, une nuit, un regard ;  je les aime près de moi, comme une femme parmi toutes et toutes par une, le livre parmi tous qu'on ne lira jamais ou qu'on cherche toujours à relire.

Ma main,

Kevin



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Je déteste les livres. C'est pire qu'un chien parce que ça n'a pas de pattes et que pour qu'ils te suivent, il faut les foutre dans une remorque qu'on arrime à l'arrière du vélo et qui en général roule mal et donne constamment des coups de gauche et de droite, ce qu'on appelle entre nous, tordus de la potence, du guidonnage, et puis je te le confie, non, ma vieille, on se bidonne par quand ça guidonne. Pas quand ça te pourrit les paumes et les poignets à telle enseigne que tu dois ensuite pratiquement cesser de jouer de la guitare, de te tripoter, ou même de replacer tes dalles au scrabble.

Pire encore, les livres, je prétends, moi, qu'ils sont pires que les femmes. D'abord ils sont moins jolis en général (à quelques exceptions près), et à volume équivalent, ils sont beaucoup plus lourds, parce que plus denses (sauf Monique, mon ex.) Qui n'a jamais porté sur ses épaules, du comptoir d'un bar jusqu'à son lit, 1m73 de bouquins complètement bourrés et imbibés de vomi, ne sait pas de quoi je parle. Puis, les livres ne savent pas enfanter, soigner les plantes, occuper un ministère, conduire un camion, échapper du champagne sur la moquette, glapir dans une fête ou se déguiser en joggings. De plus, lorsque le petit Jésus fait apparaître une femme sur Terre, on a pas besoin de raser une forêt ; alors que les bouquins, son père le putois, à tous les coups, c'est un boisé qui zappe !

Mémémémaaais, entends-je s'égosiller les chaumières-zé-chômeurs, pourquoi s'embarrasser de toutes ces merdes qui ramassent et engendrent de la poussière, qui attirent les escargots, qui ne savent pas bouger leurs culs et qui posent plus de questions qu'ils ne connaissent de réponses ? Eh bien, c'est simplement que bien employés, ils servent d'amarres aux âmes trop légères, qui autrement, risqueraient de s'envoler, les jours de grand vent. Eh, vas-y, du coup, on s'en accommode. Et puis, si on y songe, le livre est une technologie récente qui a permis d'éliminer plus de 99.78 % des conteurs. Et juste pour ça, le livre, c'est mon héros.



 
Un lu en entier vaut mieux que douze tu liras un mam'né.

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Une des rares de cette note à ne pas être blogueuse avec Kevin, une belle et noble amie et connaissant son amour des livres et de la beauté, je lui ai demandé si elle voulait participer à ce tir groupé. Elle a répondu, "volontiers avec grand plaisir" et voici donc la contribution d'Angelica.

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- Photos Angelica -

 
Il en va des bibliothèques comme de l'âme de leur propriétaire: mouvants , nomades, chaotiques qui se déplacent comme les dunes du désert. Mon rêve de rassembler tous mes livres dans un mur gigantesque de rayonnages m'obligerait de passer ma vie dans une seule pièce. Me contraindrait à un classement ordonné alors que chaque livre est déjà un voyage,  dans l'autre et donc en soi-même; ne peut subir une existence statique, posé comme un gisant. 
 
Ma bibliothèque vit au gré des humeurs de mon âme, dispersée à même le sol, voyageant de lieu en lieu. 
Lire c'est vivre des milliers de vies, épaissir la sienne par des incursions dans ses propres profondeurs, vaincre ses peurs de l'inconnu pour en faire du connu. Lire c'est un acte cosmique qui me relie à tout et à tous et mène à une tolérance universelle
si désirable.
 
- Angelica Ferrant -


 "Notre besoin de consolation est impossible à rassasier" .  L'amour du livre .

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- Photo Angelica -


Après avoir reçu ces superbes photos, Plumitif, Laurence et Laure m'ont envoyé leurs images et leurs textes. La note sur l'amour des livres commençe à s'étoffer de plus belle, c'est un feu d'artifice!
 

J’ai eu cette « chance » d’être très tôt entouré de livres. En fait, ça faisait tellement partie du décor que je ne me suis découvert un véritable intérêt pour la littérature qu’une fois adulte. Avant de nourrir l’imaginaire et la réflexion (qui se gavaient aussi bien de télé, films, bd, jeux et divagations diverses), les livres ont d’abord été pour moi source de savoir. De doute plutôt, en vérité : j’ai précocement réalisé que ce que les profs nous serinaient comme vérités éternelles était souvent sujet à caution, hypothétique, voire carrément faux. Pas terrible pour cultiver le respect de l’autorité, rien de tonifiant pour la persévérance scolaire… Cette petite brèche devint bientôt une faille qui fut bien près, d’ailleurs, de me conduire tout droit à la faillite. Jusqu’à ce que je tombe sur le livre qui allait irrévocablement changer ma vie : Le Secret. Naaaaaan, je déconne! (N’empêche, il est tenace ce rêve du grimoire révélant enfin la clef de cette énigme que nous serons éternellement à nous-mêmes…)

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- Texte et photo Le Plumitif -


 

Partir doublement

Dans la lecture fluide

Et le wagon mouvant.

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- Haiku et image Laurence Guez -



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Je les aime Libres, les livres, comme les gens. Ils vont et viennent, des chats errants, je les confie pour des "au revoirs", bien à l'abri, je les livrent aux ballades, aux sourires perdus, les laissent s'écorner à vif, j'aime les savoir se laisser prendre entre les paumes enfumées ou parfumées, lointains ou à portée de main. Je les aime voyageurs. Je les aime aussi comme un sou neuf, les posséder un peu.. La quête en devient magique, la trouvaille sublime extase !  l'instant de l'appétit, l'instant de plaisir où j'ouvrirai sa première page. J'aime mes livre-bibles que je n'ouvre presque jamais, mais sans lesquels la vie me semblerait perdue. Ceux que j'ouvrirais plus tard, besoin de les savoir là et les livres compagnons. J'aime les réouvrir et me voir les relire dans un lieu, dans un autre temps passé, revenir à cette première impression de lecture, à jamais gravée comme le goût d'une madeleine.
Et il y a ceux que j'accueille, que l'on me prête, qu font escale un temps. En ce moment ils s'entassent par petit tas ici et là, en trio. Les thématiques de chaque tas sont les mêmes: Enfant, liens affectifs, voyages. Tiens ! et si les livres devenaient une seule et même carte routière ? puisqu'ils n'arrivent pas là par hasard.

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 A l'instant où je réécris ma note sur l'indigne espace de ma bibliothèque, qui n'est que le parcours littéraire de mes sept dernières années, ma cousine me dépose la pile de livres que je lui avais prêté l'été dernier. Bim.
 

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Ces six livres-là résument à eux seuls le pourquoi de leurs existence dans la mienne:
En voici les dernières phrases:
 
" Quelle merveilleux été ! Je crois que chacun savait que ce serait la dernière goutte de plaisir" ( Venus Erotica- Anaïs Nin)
" Tout le monde fait l'amour. Même moi". ( Pascal Clark)
" Le printemps va enfin pouvoir commencer" ( Le Voyage d'hiver- Amélie Nothomb)
" Faut jamais rien raconter à personne.Si on le fait, tout le monde se met à vous manquer." ( L'attrape-coeur, J.D.Salinger)
" Ainsi, Henry vient cet après-midi et demain je sors avec June" ( Henry et June- Anaïs Nin)
" - le violoncelle! c'est magnifique. Et pourquoi le violoncelle ?
  - Parce que c'est l'instrument qui ressemble le plus à la voix humaine."(Acide sulfurique Amélie Nothomb)

- Photos et textes Laure K. -

 

J'attendais encore les photos de Venise, je ne concevais pas une note sur l'amour des livres sans qu'elle y participe, j'attendais aussi les pensées de Michael, je crois que Vieux G. est perdu dans ses limbes et Flash m'a annoncé être trop occupé à réssuciter. Tard dans la nuit leurs images et leurs proses sont arrivées:

 

J'ai une relation amour-haine avec la lecture : je l'aime lorsqu'elle déchaîne les tempêtes imaginaires à l'aurore, mais la déteste quand vient la symphonie de l'aube, le chant matinal des oiseaux. Je bascule de manière déconcertante dans l'envers du décor - si l'auteur sait jouer sur les cordes universelles qui nous relient tous - quand le livre devient l'outil qui façonne et fascine, qu’il est sens et essence.

 

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- Texte et photos Michael Deschambault -


- Belles de jour et de nuit -
 
Comment en avoir qu'une seule quand il y a tant de moments et d'endroits pour lire ?
 
Je commence par ma majestueuse, celle qui fait salon à longueur de jour. Un coup de cœur, surtout pour Marsi mon conjoint. Elle trône depuis à peine un an. J'aimerais me porter aussi bien qu'elle à son âge. En plus, elle fait du patin à roulettes quand on doit éventer la poussière entre ses pattes. Le côté gauche, pour les livres de cuisine du chef, le côté droit pour les romans québécois de certaines maisons d'édition, celles qui soignent leurs couvertures comme les œuvres d'art qu'elles peuvent être.  
 
L'autre, la foncée, j'y suis attachée. Un jour, elle changera peut-être de couleur mais jamais elle ne disparaitra de mes yeux. Elle siégeait dans le bureau de la femme d'affaires qu'était ma mère, la Jeanne. Elle a déjà porté de lourdes vitres coulissantes. Son ventre est maintenant laissé ouvert à la main butineuse. C'est un fouillis de romans québécois en continuelle rotation, ils vont et viennent au gré des envies des amis et même de ceux qui le sont moins.
 
Oh, ma douce blanche, je dirais même ma favorite. Pourquoi ? Si les élans du cœur s'expliquaient, je dirais que la cause en est une de conversion. Elle a déjà été une pharmacie dans un hôpital tenu par des religieuses. C'est de l'ordre de la faveur qu'elle règne maintenant entre les murs de notre chambre blanche. Elle a été reblanchi avec de la peinture pour automobile et depuis, elle fait sa coquette. Elle aussi a déjà été vitrée. Il faut croire que je ne supporte aucune cloison entre moi et mes livres chéris. Cette bibliothèque contient précieusement mes livres vierges, sur lesquels mes yeux ne se sont pas encore posés. Je sais, ne me le dites pas, il y en a trop.
 
J'ai ajouté cette solitaire mais combien importante tablette. Elle supporte, pas trop longtemps car elle ne le pourrait pas, les livres lus mais non encore commentés. Elle est à la hauteur de mes yeux lorsque je travaille à l'ordinateur.
 

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 - Composition et texte de Venise Landry -


Et Fanfan, charette, m'envoie à la toute dernière minute cette charmante lettre avec ses deux images:

Hello Blue !
C'est en me réveillant ce matin, et en lisant ton post que je réalise que le temps est passé si vite que je n'ai pas eu le temps de réfléchir -comme je me l'étais promis- à l'écriture d'un texte d'accompagnement des deux photos prises à la va-vite que je t'envoie avec un peu de retard ce matin... il est finalement né de ma visite d'hier chez la maman d'Hervé, mon tendre compagnon...
Chaque soir, mon amoureux bouquine très tard, il ne peut pas s'endormir tant qu'il n'a pas absorbé sa dose. Cet homme là ne lit pas, il dévore : policiers, romans, essais, poésie... Depuis son arrivée, les livres s'entassent un peu partout à la maison...Je crois que son amour des livres lui vient de Luc, sa maman, dont la fabuleuse bibliothèque occupe un mur entier du salon de sa petite maison de Cuges-les-Pins...Luc aime tellement les livres qu'elle a décidé de leur donner une nouvelle vie en créant " le livre libéré".
Depuis quelques années, elle récupère les ouvrages qui quittent les rayonnages des bibliothèques cugeoises. Ces romans, essais, recueils de poésie, un temps délaissés sont triés et, revêtus sur la page de garde d'une inscription à l'encre rouge :  "le livre "libéré" peut être emporté, gardé ou rapporté. Ne peut être vendu", ils reprennent vie...
Aux beaux jours, c'est devant la porte de sa maison que Luc propose  ces trésors offerts à tous les passants...

Hier, en fouillant dans un des nombreux cartons qui s'empilent sur les marches de l'escalier qui mène à son appartement, j'ai trouvé un exemplaire du chef d'oeuvre de Steinbeck " Des souris et des Hommes". Un exemplaire en poche, jauni et écorné, dont l'odeur caractéristique des bouquins longtemps oubliés a chatouillé mes narines, avant de m'emporter pour la seconde fois, émotion intacte, jusqu'au bout de la nuit...

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- Mots et photos Pieds sur terre -


Et voilà Pat Caza qui me traite de canaille, il a raison, j'ai toujours eu du mal avec le décalage horaire. Il nous ouvre le tiroir de sa table de chevet et là, pamoison, il est rempli et nous avons des goûts communs!

 

Ma table de chevet. J'ai ouvert le tiroir, ceux-là y étaient. Je manque de place, manque de temps, mais de livres jamais,

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j'voulais faire une petite mise en scène avec Requiem des Innocents de Louis Calaferte, mais comme je l'ai surement refilé à quelqu'un et perdu, ça m'a retardé. J'allais en racheter un ce soir après le boulot, mais voilà, je me suis fait prendre de court, donc impro, le tiroir de ma table de chevet, zam, sans rien de plus, vraie canaille.

- Photo, mots et maux Pat Caza -


 

Et voilà Zoé, qui in extrémis, vient participer:

 

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On peut dire que les livres sont le seul bien dont je ne saurais me séparer qu’en cas d’extrême nécessité.

 Je me souviens de ce couple à qui j’avais prêté mon modeste studio dont je déménageais pour un espace légèrement plus confortable, au temps de mes premières armes dans la vie d’adulte. Un dépannage de quelques jours, en attendant qu’ils trouvent une solution plus pérenne.

Quand je suis venue récupérer la clé,  je me suis aperçue avec horreur que la bibliothèque avait été vidée des vieux livres que le monsieur très gentil qui me louait mon meublé, rue des Ecouffes,  m’avait confiés, et j’avais accepté avec reconnaissance. Cet homme, malade du cœur, tenait à monter les trois étages  tous les mois pour percevoir, essoufflé, son loyer, sans doute pour le plaisir d’échanger avec une très jeune femme amoureuse de littérature. L’antique bibliothèque vitrée avait été vidée entièrement par les indélicats. Il et elle avaient décampé avant mon arrivée, laissant à l’abandon le lieu dans un état indescriptible et délesté de cette manne précieuse. J’ai appris, beaucoup plus tard, que le compagnon de la copine à qui j’avais fait confiance était une crapule minable qui avait vendu chez Gibert les bouquins pour se procurer son morceau de chichon.

J’étais malade de honte en entendant, dans l’escalier, les pas lourds de monpropriétaire avec qui j’avais noué une amitié entretenue par nos conversations mensuelles (j’ai occupé deux ans ces deux pièces minuscules).Je le savais déjà navré de me perdre comme locataire. Je craignais qu’il ne fasse une crise cardiaque. Finalement, c’est lui qui m’a consolée de la découverte que je venais de faire. Une amie pouvait vous trahir. En s’emparant, de plus, de livres qui avaient une faible valeur monétaire, mais une haute valeur affective.  Il m’a assuré que cela n’avait pas l’importance que je donnais à la perte, même s’il comprenait ma déception.

Chez moi, les livres sont partout chez eux, dans mon bureau, dans ma chambre, dans une autre pièce encore et sur les tables … partout.

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- Photos et texte Zoé Lucider -


 

Après avoir recueilli les photographies et les mots des uns et des autres, je me suis demandée ce que je pouvais bien ajouter à tout ce qui a été dit. Je suis vraiment très émue de voir comment chacun de nous vit les livres, se les approprie, en fait son voyage, sa liberté, sa quête, et puise en eux refuge, sens, amour et résonances. Ma bibliothèque est immense, toute une pièce lui est consacrée et ne suffit pas pourtant, elle déborde dans les pièces d'à côté, dans la cuisine, dans les toilettes, dans la chambre où sont pêle-mêle empilés les livres d'art, de psychologie, de poésie, des romans noirs, des romans fleuves, des romans d'amour, des correspondances. Sur mon bureau, dans mon sac à main. Les livres font partie de ma vie au quotidien. Pas un seul jour sans que je n'en ouvre un ou plusieurs. J'ai besoin de les avoir à portée de main. Pour l'amour des livres, je suis heureuse d'avoir pris cette initiative qui nous unit un peu plus encore. Un grand merci!

 

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- Photos Helenablue -




17/04/2013

Rencontre

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- Photo Laurence Guez -


 

" Il n'y a rien de plus triste qu'une vie sans hasard."

- Honoré de Balzac -



01/04/2013

Blog et misanthropie...

Pendant les quinze premières années de ma vie, papa et maman m'ont serinée qu'il fallait aimer les autres, les aimer comme soi-même! Equation compliquée pour quelqu'un qui ne s'aimait pas et qui ne se voyait même pas dans un miroir... Longtemps, et ça m'arrive encore, j'ai vécu dans le regard de l'autre et n'arrivais pas à agir sans me torturer de savoir ce qu'il allait penser de moi. Il m'a fallu batailler sec pour sortir de ça. Me suis brûlée les ailes, ai été manipulée, trompée, flouée, nombreux sont ceux qui viennent boire à la source du besoin que j'avais d'être aimée. J'ai bâti ma vie de couple sur cette sorte de fondation et j'ai oeuvré en pensant plus à mes proches qu'à moi-même.

J'ai mis du temps à comprendre qu'aimer n'était pas ce que je croyais, que ça n'était pas se sacrifier pour l'autre, que ça n'était pas une construction mentale mais un ressenti viscéral. Je me souviens parfaitement le jour où j'ai compris que je n'aimais pas mes enfants mais que je me faisais une idée de ce que devait être l'amour d'une mère. Quel déchirement! Quelle souffrance! Quel tsunami! Soit, j'avais des circonstances atténuantes, ma maman ne m'a jamais aimée, elle-même prisonnière de la même équation, celle qui prouve par a+b qu'on n'est rien sur cette terre. Sa mère lui a transmis, elle me l'a inculquée. Dieu que j'ai souffert de mesurer mon handicap et Dieu que j'ai depuis ce jour rattrapé du terrain.

On ne peut aimer l'autre si on ne s'aime pas. Mais comme c'est difficile de s'aimer quand on ne l'a pas été. J'ai travaillé plus de vingt longues années à récupérer ce possible et je travaille encore chaque jour à le consolider, je sais que c'est tout de même chez moi un peu fragile et que je peux encore m'améliorer. Quand j'ai créé mon blog, pour ouvrir mon espace intellectuel et spirituel et pour voyager au milieu des idées de chacun, je ne pensais pas à tout ce que cette aventure allait changer en moi. On ne peut plus jamais être le ou la même après une expérience comme celle-là.

Je suis passée au cours de ce parcours de presque cinq ans, de la confiance absolue en l'autre, cette sorte d'émerveillement naïf et philanthropique à une misanthropie mesurée. On ne peut aimer tout le monde, ce serait assimilé à n’aimer personne. On ne peut pas non plus être aimé de tout le monde, ça serait ne pas exister, être une chimère, un mythe, un conte de fée. Plus d'une fois j'ai pensé arrêter d'écrire et d'échanger. Tout blogueur sait à quel point cette passion est chronophage comme toutes les passions, mais ce n'est pas la vraie raison. Je me suis sentie devenir de plus en plus libre en apparence, j'avais le sentiment qu'enfin je tenais un moyen pour consolider mon parcours, mon cheminement. Le fait de lâcher ainsi des bouts de moi dans l'espace et ne plus craindre avec le temps les réactions d'autrui, me donnaient de la force, de l'énergie. Et de plus les quelques belles amitiés que j'ai pu y construire m'ont encouragée dans ce processus. Mais finalement suis-je vraiment si libre? Bloguer n'engage-t-il pas? N'est-t-il pas une responsabilité? Ne doit-on pas à nos lecteurs la note quotidienne ou hebdomadaire?

En écrivant il y a peu à Christian, lui demandant s'il n'était pas devenu misanthrope, il m'a posé cette question qui me taraude encore: Mais que sont donc le milliard de Facebookiens et les millions de blogueurs et tous ceux qui sont assis devant leur ordi au lieu de sortir rencontrer leurs semblables en personne?

Cette nouvelle façon de communiquer, de se rencontrer via les mots et les images est-elle  aussi généreuse qu'elle y paraît? Et si bloguer est philanthrope, ne pas bloguer est-il le contraire, donc misanthrope? 

J'aime bien me torturer parfois les méninges. J'aime donner du sens, j'aime creuser et tirer des enseignements des choses, des expériences. J'aimerais bien, aussi, avoir, si possible et si le coeur vous en dit, votre avis, oh que oui...