Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

23/11/2015

Amours déchirées

Et voilà, l'aboutissement d'une drôle d'aventure, un recueil de textes, un tout premier livre, suis très émue...

 

écriture,livre,émotion,édition,partage,humain

 

 

20/11/2015

Et aujourd'hui !

Ma ville aujourd'hui était encore vide, comme hier et avant-hier... Tout le monde se terre, s'enterre, se tait dans sa peur de l'autre, sa peur de vivre, sa peur d'être. Je suis attristée. D'abord du deuil à faire, du deuil de ces innocents morts pour des idées extrémistes et anti-vie, du deuil aussi d'une certaine idée de la liberté et de tolérance aussi, et puis attristée de constater qu'ils arrivent, ces pourris, ces infâmes, ces assasins, qu'ils arrivent à nous faire peur au point qu'on n'ose plus sortir de chez soi, qu'on se referme sur soi et son quant à soi, qu'on pense petit, qu'on pense réduit, qu'on se fragilise alors qu'on est fort de vivre, de le dire et de le faire. Qu'on est fort de notre ouverture d'esprit, notre volonté de comprendre, d'apprendre et de ressentir, qu'on est fort de notre goût pour les voyages, la beauté, le sexe, la musique, la poésie, qu'on est fort de surmonter nos peurs, et qu'on est fort de croire en l'avenir et en notre capacité à le faire devenir ce qu'on en rêve... Oui. Oui à l'amour, oui à la vie !

 

 

16/11/2015

Vendredi 13

11250031_10207902754510814_3564786047265647096_n.jpg

 

C’est horrible, c’est triste, et c’est particulièrement violent ce qui s’est passé à Paris ce Vendredi 13 Novembre. On savait ça possible mais on ne voulait pas le croire, on le craignait sans vouloir le voir et puis on a tellement envie de penser que ça ne peut pas exister une barbarie pareille, un non sens de vie, une si grande perte d’humanité essentielle. Pourtant il s’avère que si, la réalité dépasse l’entendement. Je ressens une profonde tristesse pour ces gens fauchés dans leurs vies, dans leurs jeunesses, dans leurs désirs, je ressens aussi une profonde solidarité entre nous tous qui ne voulons pas de cette manière de faire, de voir, et d’exprimer la vie, la vie et ses complexités, ses richesses, ses paradoxes, ses cheminements. Cet extrémisme tueur, vengeur, aveugle et sans fondement si ce n’est la haine de tout, nous oblige à nous mobiliser, à réagir, à dire ce que nous faisons chaque jour de notre vie, ce que nous espérons, ce à quoi nous aspirons, ce qui nous anime, cette foi dans la liberté de pouvoir être, différent et pourtant si semblable, notre diversité, notre volonté d’aimer et de partager, notre liberté. Au –delà des religions, des traditions, des cultures et des façons d'envisager la vie, il y a ce tronc commun d’ouverture et de tolérance, ce tronc commun d’envie de bien vivre ensemble, de pouvoir s’aimer, de pouvoir fonder une famille, de pouvoir créer, de pouvoir se dire et, je crois en ce tronc commun. Oui, je crois à cette volonté commune de vouloir bien vivre ensemble, chacun pouvant être soi. Cette volonté de transmettre à nos enfants un monde meilleur, et cette volonté d’en découdre aussi avec cette ombre mortifère et méchante, cette ombre tueuse, cette ombre déshumanisante. Ensemble, nous pouvons bien plus que seul en partageant d’un même cœur, notre humanité et notre volonté de la voir exister. N'ayons pas peur, nous sommes bien plus forts encore avec l'amour de la vie et de l'amour qui nous porte, tous !

 

 

12/10/2015

La maison du monde

" Je suis sensible à l'indicible."

- Christian Mistral -

 

IMG_2759.JPG

 

La semaine dernière, j'ai reçu une belle enveloppe kraft de Montréal. Une surprise m'y attendait, le dernier disque de Catherine Major que j'adore. Sa voix, sa présence, son charisme, son goût pour les mots forts. Deux textes de Christian Mistral dans ce nouvel album. De quoi me faire frissonner davantage encore ! Merci Black Angel, merci Emcée, merci Catherine Major, merci, du fond du coeur...

 

 

31/08/2015

Sauver ton rêve

 

Amedeo_Modigliani_-_Nu_Couché_au_coussin_Bleu.jpg

 

"Ton devoir est de ne jamais te consumer dans le sacrifice. Ton devoir réel est de sauver ton rêve. La Beauté a, elle aussi, des droits douloureux, qui créent cependant les plus beaux efforts de l'âme. Tout obstacle franchi marque un accroissement de notre volonté, produit la rénovation nécessaire et progressive de notre aspiration. Aie le feu sacré (je le dis pour toi et pour moi) de tout ce qui peut exalter ton intelligence. Essaie de les provoquer, de les perpétuer, ces stimulants féconds, car seuls ils peuvent pousser l'intelligence à son pouvoir créateur maximum. C'est pour cela que nous devons lutter. Pouvons-nous nous renfermer dans le cercle d'une morale étroite ? Affirme-toi et dépasse-toi toujours."

- Amedeo Modigliani -

 

17/06/2015

Aimer

Faut-il toujours qu'aimer soit associé à souffrance ? N'existe-t-il pas une façon d'aimer sans drame, sans déchirure, sans masque, sans rejet, sans ressentiment, sans exigence ? Une autre façon d'aimer, joyeuse, nouvelle, harmonieuse, une autre façon d'aimer la vie, l'autre, soi.. Plus lumineuse qu'obscure, plus généreuse que comptable, plus aventureuse, plus vraie, sans masque... Une façon d'être aussi, sans doute, un autre art de vivre... Comme disait Sénèque, ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles... Et si nous osions aimer autrement, aimer vraiment, parler vrai et tenter d'explorer une autre manière d'être et au monde et à soi... Tenter plutôt qu'attendre, surprendre plutôt que subir, franchir plutôt que rester, démonter, défoncer, inventer, s'aimer pour de vrai...

 

 

15/06/2015

Lettre à Christian Mistral

Le temps, l'océan, l'air qui nous sépare, rien n'altère ce que je ressens pour toi, rien n'altère rien, au contraire. Je polis ce que tu as découvert. Tu es mon Christophe Colomb, mon Michel-Ange, celui qui découvre l'oeuvre dans la matière... pas faute de me l'avoir écrit, crié, gueulé même parfois, et aussi poétisé, tu es un être à part, c'est un scoop pour personne, mais c'est une chance pour moi de t'avoir rencontré.

Christian, cher, je sais, j'exagère, je force un peu le trait, enfin en apparence, parce qu'au fond de moi, c'est encore plus intense. Je me fous de plus en plus de ce que va penser l'autre qui me jauge, non que je ne le respecte pas, loin de là, suis bien trop délicate pour ça, mais je trace ma route, comme la proue d'un navire en eaux troubles, et souvent je pense à cette force des mots que tu m'as insufflé, sortir de la fange, du déni, du secret, de l'horreur, de l'hypocrisie ! Quelle dose de poésie faut-il avoir, pour pouvoir voir, et pouvoir l'exprimer ?

Je t'aime, comme on aime son meilleur ami, un véritable ami, un putain d'ami. Merci.

On n'écrit pas avec le bout de ses doigts, on écrit avec ses tripes, on les expose, on les balance. Qu'est-ce que créer sans prendre le moindre risque alors que la vie elle-même se traverse sans filet ?

Je sais que tu es là, et que tu seras toujours là. 

Ta Blue

 

08/06/2015

Le poirier

virginie roux-cassé.jpg

- Toile Virginie Roux-Cassé -

 

J’aime ça, me mettre à l’équerre, les pieds en l’air, mon grand corps installé  les jambes au mur et le dos au tapis. C’était un soir en Septembre, je devais avoir douze ans, il fallait que je me concentre et que je rentre en moi pour penser, je me suis mise en poirier. Le faire nue, m'a pris un certains nombres d’années, maintenant c’est devenu un moment privilégié, où je me retrouve et puise, dans mes réserves, mes délires, mes désirs. Je médite, je m’étire, je m’inspire… Parfois je pars loin, très loin, jusqu’à ne plus avoir de corps, jusqu’à n’être plus qu’un esprit de femme léger comme un parfum, ça me fait du bien. Alors tout m’est possible, plus de freins, plus d’entraves, plus de frontières, une sorte de plénitude rare et chère m’envahit et m’ouvre des paysages insoupçonnés. Plus je vieillis, plus les paysages sont riches et variés et plus je peux aller loin dans l’abandon, la découverte, le voyage. C’est drôle aussi, parfois je me vois de loin, à distance, je me vois nue, je vois mon corps, je le regarde avec tendresse, pas comme dans un miroir, autrement, sans jugement. Le regard dans le miroir est un regard plus cruel, moins libre, moins aimant.

J’aime ça, oui, me mettre à l’équerre, les pieds à l’air et le dos au tapis.

 

 

25/05/2015

L'art de la relation

 écriture,relation,amour,partage,humain

 

Chacun de nos gestes même le plus infime induit celui de l'autre, et réciproquement. Chacun de nos regards, de nos sourires, de nos battements de cils, de nos mots, de nos manières d'être... La relation est une chose fragile qui se tisse lentement avec délicatesse, implicitement, au mieux tendrement mais qui peut aussi se défaire brutalement, un coup de canif dans la soie. On est à l'abri de rien, pas même de soi-même, mais une relation est précieuse et, une relation construite sur la confiance, la sincérité et l'acceptation de l'autre tel qu'il est avec son bagage, ses désirs, son langage, peut endiguer et peut aussi forger une matière qui nous dépasse. L'amour est de cette sorte d'alliage, il donne et demande beaucoup mais surtout il permet à chacun d'exister. C'est ainsi que je le vis, c'est ainsi que je veux aimer, et l'être aussi ... Personne ne sait, tous on expérimente, on tente, on s'aventure et on s'apprend...Je ne connais rien de meilleur à ce jour, si ce n'est mettre au monde un enfant.

 

 

15/05/2015

Oser

17638_840211436049413_2106338218922984775_n.jpg

 

"Aujourd'hui la plupart des gens se consument dans je ne sais quelle sagesse terre à terre et découvrent quand il n'en est plus temps que les folies sont les seules qu'on ne regrette jamais. "

- Oscar Wilde -

 

 

23/02/2015

Voyage d'amour

541630_936315836379089_2845065689706829989_n.jpg

 

J'aime m'endormir à l'ombre d'un arbre mûr, manger des frites avec mes doigts, sa présence, le doux son de sa voix grave.
J'aime quand le jour tombe, le bruit d'un pipi d'eau, le grondement de la vague, son odeur après l'amour.
J'aime les voyages, tous, les petits, les grands, les courts. J'aime quand son regard se pose sur moi et qu'il me dit qu'il a envie.
J'aime le bon vin, la terrine de lapin, les épices, le pain bio, l'amaretto, son sexe chaud, la volupté, la puissance, le contact de nos peaux, sa main entre mes cuisses, la confiture de myrtille, le miel, les framboises, le grand ciel, remplir d'air mes poumons, le poisson, gémir, jouir.
J'aime aussi les ballades dans les rues de Paris, de Rome, de New-York, Londres, Syracuse, les ballades pieds nus sur le sable, les ballades en montagne, en forêt, sur le lac, en pleine mer, les ballades nocturnes, l'été, l'automne, l'hiver, les printanières. J'aime l'attendre...
J'aime qu'il me déshabille. J'aime être nue, partout, là, là , là et dans ses bras.
J'aime le bleu, les pâtes, mes cheveux, Nicolas de Staël, la beauté des femmes, l'Afrique du Nord, la noire, les rythmes, les mots, la musique, les folies, l'imprévu, l'aventure. J'aime que ça dure...
J'aime penser à tout et à rien, suivre mon corps, suivre le sien... Me retrouver loin, loin, loin...
J'aime aimer, j'aime l'amour, j'aime faire l'amour, j'aime toujours tous les jours, j'aime cette vie qui anime mon corps, mes sens et mon esprit.
J'aime goûter, vibrer, écrire.
J'aime ressentir.

Il fait toujours beau au-dessus des nuages...

 

 

12/02/2015

Petit rien

 

PETIT-RIEN_Blog-modif-taille.jpg

 
 
" Le courage c'est de chercher la vérité et de la dire" 
 
Que reste-t-il aux êtres « survivants » des violences physiques et morales subies dans l'enfance ?
Que reste-t il après les actes, sinon la parole, les mots et l'art pour tout expression de soi ?
 
J'ai souhaité donner cet espace temps à cette parole-là, au travers des mots d'Hélénablue qu'elle a un jour adressé à sa mère après une amnésie de plus de 30 ans sur un traumatisme d' enfance.
Faire un film peut-être aussi pour rendre une sorte de justice quand celle des hommes n'en n'est plus capable,mais surtout transmettre et donner à entendre.
 
Ma rencontre avec Helenablue a eut lieu en 2008, à travers son blog puis dans la vie réelle au bout d'un an d'échanges. Il se dégage de son journal une aura particulièrement sensible au monde, engageante tout en étant intime, et une capacité à se dire, à s'écrire comme j'ai rarement trouvé sur la toile. "Arriver à inspirer les autres c'est leur dire toi aussi tu peux le faire, moi je le fais, lui le fais, toi aussi tu peux le faire", m' a dit un jour Héléna.
 
Et même s' il est parfois difficile de comprendre et de recevoir l'intimité des écrits d'autrui, il ne faut pas oublier que la réalité est bien plus effrayante que celles des mots. Il n' y a pas d'indicible, il n' y a que de l' humanité. Nommer l'indicible c'est rendre compte de la part d'ombre inhérente à tout être. Le prix à payer pour retrouver son humanité, la reconnaître et se reconstruire. Et il faut un certain courage pour faire ce chemin là ettémoigner de ce cheminement.
 

21/12/2014

Rencontre

Ashley létan.jpg

- Blue Ingrid - Ashley Létan -

 

 

Certaines œuvres d’art sont de véritables rencontres… Comme une évidence, elles résonnent en nous, comme si une partie de soi jaillissait en miroir devant notre regard. C’est parfois très troublant. Je me souviens très bien de cette exposition de Françis Bacon au centre Pompidou en 1996, une grande rétrospective de son œuvre, l’émotion que j’ai ressentie alors fut tellement forte que je me suis évanouie. Avec le recul, je crois que j’y retrouvais trop ma part d’ombre et de souffrance et qu’à l’époque alors, je ne pouvais pas l’endiguer. Troublant aussi ce que j’ai éprouvé au Tate Modem, douze ans après devant la magnifique mise en scène des tableaux de Rothko, une sorte d’apaisement profond, un accès à ma spiritualité, une inspiration qui depuis ne m’a plus jamais quittée et qui est chaque fois réactivée quand je croise ou visionne un de ces tableaux. Ces deux exemples comme deux points d’orgue dans mon existence mais tant et tant, et toujours et encore, chaque fois renouvelée cette délicieuse sensation d’avancer, d’apprendre à me connaître, de découvrir, de communier, d’être en relation avec l’humanité tout entière, c’est très stimulant et renversant à la fois et j’ai besoin de ça. Alors je ne cesse de croiser sur mon chemin des toiles, des sculptures, des photographies, parfois même je me surprends à éprouver devant de l’inédit, de l’imparfait. Je ne sais pas parler de la peinture techniquement et à dire vrai ça m’est égal de savoir le pourquoi du comment, ce qui me plait c’est l’émotion que me procure ce genre de rencontre. Hier soir, c’était cette toile, d’Ashley Létan.

 

 

20/12/2014

en mouvement

10731190_674423489344138_8033393811037697909_n.jpg

- Photo Kerstin Kuntze -

 

 

Parfois on se sent plus vulnérable et alors tout nous touche plus directement, un geste de la main, un mouvement d’épaule, un mot, un ton, un croisement de regard, une rencontre. C’est bon de ne pas toujours être fort, campé sur ses convictions. C’est bon de laisser le possible s’infiltrer même si on sait qu’il va forcément nous changer imperceptiblement mais pourtant sans détour. A force de se protéger de tout et de ne pas s’ouvrir à l’autre, s’empêcher d’explorer, on s’assèche, on se pense trop le nombril du monde, on ouvre plus ses écoutilles et on ne progresse plus. Vivre, c’est se risquer, se frotter, s’aventurer… Parfois on se sent plus vulnérable, on est juste plus vivant...

 

 

13/12/2014

" Un sport et un passe-temps "

41jFHsSlqLL._SY344_BO1,204,203,200_.jpg

 

Je ne sais plus si j’étais dans le train à l’aller ou celui du retour, je fais tellement souvent ce trajet entre Lille et Paris que parfois j’en oublie le quand du comment, il fait noir quand je pars et nuit quand je reviens, pas facile alors de fixer sa mémoire. Cependant ça devait être un soir, à peine cinq minutes après le départ, j’ai été fascinée de voir tous s’endormir, épuisés sans doute de leur journée dans la capitale.

Ce jeune homme au bonnet vert qui piquait du nez dans le livre d’Attali, "Devenir soi", son voisin les yeux fermés qui semblait pendu à ses écouteurs dorés deux fois plus gros que sa tête, cette jeune fille, si jeune, à la peau diaphane préraphaélite, une longue chevelure blond vénitien et une bouche ourlée gourmande rouge vermillon qui appelait le baiser et qui au milieu de ce visage de belle au bois dormant était troublante d’indécence et enfin, juste en face de moi, luttant contre le sommeil mais ne pouvant pas lui résister, un homme, d’une bonne cinquantaine d’année, dégarni, des lunettes raffinées sur le nez, en écaille ou en bois, de créateurs en tout cas, deux bagues au doigt, un pull gris en cachemire, un tee-shirt en camaïeu dessous, jeans bruts, tentant de maintenir sa tête entre sa main accoudée à la vitre du train, et quelle main ! Immense, fine, soignée qui aurait pu, pensais-je en souriant intérieurement, me prendre les deux seins d’une poigne.

J’entrepris d’ouvrir et de commencer mon livre de James Salter, "Un sport et un passe-temps". Il m’avait pourtant dit de ne pas lire ce livre dans le train, de plutôt le savourer au calme une fin de journée mais, dans ce train endormi, ambiance surréaliste, il m’apparut alors que ça pouvait être le bon moment.

"Septembre. Il semble que les journées lumineuses ne finiront jamais…"

 

 

07/12/2014

Indécrottable

écriture,blog,réflexion,partage,humain

- Photo Leszek Paradowski -

 

« Pourquoi est-ce que tu continues à croire que ça puisse servir d’écrire ainsi sur ton blog ? Que crois-tu découvrir, que crois-tu apporter, est-ce que tu crois vraiment qu’ils sont nombreux à venir te lire ? Personne n’en a rien à foutre de rien. Pourquoi tu perds ton temps à ça ? Tu ne vois donc pas le nombre d’heures que tu passes à mettre en place, à t’exprimer, à partager ce qui te touche, t’émeut, te bouleverse. Tu devrais arrêter et, je sais pas moi, aller courir, faire un footing, t’oxygéner, prendre l’air, t’inscrire à un club de sport, t’occuper de ton corps… »

Je m’occupe de mon corps, j’ai pris un long bain d’une heure ce matin en écoutant le trio Joubran. Je m’occupe de mon corps, hier soir je l’ai posé devant un feu de cheminée en découvrant un bon vin californien et en me régalant d’un chili con carne. Je m’occupe de mon corps, chaque jour je l’étire, j’esquisse des pas de danse et j’ouvre grand ma respiration pour me sentir aérée. Je m’occupe de mon corps, qu’est-ce que tu racontes, et je m’en occupe aussi en le nourrissant de mots, de poésie, de peinture, d’amitiés et d’espérance. Je blogue parce que j’aime cette idée d’offrir et de partager et parce quoique tu en dises, je ne perds pas mon temps, au contraire, je gagne en sensibilité, je gagne en qualité d’écoute, je gagne en confiance en l’humain…

« Arrête ! L’humain !! C’est bien toi, ça, croire en l’humain ! Mais regarde un peu comment fonctionne le monde. Regarde un peu ce que « l’humain » fait, détruit, empoisonne, façonne ! Tu trouves ça beau, tu trouves que c’est utile ta petite voix dans l’ombre… Tu es vraiment trop bête, c’est pas possible ! »

Peut-être, peut-être en effet que ça ne sert pas des masses, peut-être que de voir et partager la beauté, la rose dans le fumier, peut-être que c’est une démarche inutile, obsolète, stérile. Mais je n’en suis pas persuadée. Parce que si je « m’introspecte », à moi, ça me fait du bien d’entendre, de sentir, d’appréhender, de croiser, de palper la beauté, de la lire, de l’échanger…

« Tu es indécrottable ! « 

 

02/12/2014

Il est tard

écriture,fragment étatd'âme,partage,émotion,humain

- Sarah Key -

 

A force d’avoir l’air de quelqu’un qui va bien, qui encaisse tout, qui entraîne, qui supporte, qui envisage des solutions, qui ne baisse pas les bras et qui croit toujours possible un autre moyen de voir, une extrapolation, une extra-solution, je me retrouve bien seule quand ça ne va vraiment pas. Pourtant je sais que je ne le suis pas, que sont là autour de moi les gens qui m’aiment et pensent à moi, et merde. L’injustice est au-dessus de mes forces, je ne la supporte pas, je suis désarmée devant elle, je n’ai pas appris, pas pu, pas su comment faire. Et je reste une espèce d’handicapée face à elle. Une ultime épreuve ? Je souris au travers de mes larmes, je ne vois plus clair tant je mouille mes lunettes de vue, c’est con, c’est stupide, c’est idiot et ça ne sert à rien de me lamenter, à rien de soupirer, à rien d’attendre un miracle. Je ne sais pas comment font les gens victimes d’injustices notoires, comme je ne sais toujours pas comment j’y arrive moi-même, je n’ai pas les moyens d’analyser d’où me vient l’énergie pour faire face et faire front. Mais je souffre. Je doute. J’hurle en moi-même. En silence. C’est affreux. Il me faudrait un gun, une batte, un poing fort, une prise, un moyen pour faire sortir cette rage, cette douleur. Et ce sont les mots, là, juste les mots qui pissent le sang à ma place, les mots qui tuent, qui remplacent, qui sauvegardent, qui m’apaisent. Mes mots ne me jugent pas, ils me prennent comme je suis, ils sont entiers, ils sont fervents, ils sont mes amis, mes confidents, mes alliés, mes mots gagnants. J’ai envie de traverser l’écran et envahir l’espace de mots terrifiants et tendres, de mots cruels et aimants, rock’n’roll, de mots, de maux, de poésie, d’aphorismes, d’appréhension, d’avenir, d’orientation, de rimes et de j’aime.

« Parfois, depuis qu’il avait commencé à vivre librement, Abel s’était demandé à lui-même : « Pour quoi ? » La réponse était toujours la même et elle était aussi la plus commode : «  Pour rien ? » Et si la pensée insistait : « Ce n’est rien. Comme ça, ça vaut pas la peine », il ajoutait : « Je me laisse aller. Ca doit quand même mener quelque part. »

C’est bizarre d’ouvrir ainsi un livre par hasard et de tomber sur un passage qui d’un seul coup vous calme. Pourquoi ce livre de José Saramago, " La lucarne ", pourquoi celui-là et pas celui du dessus, " Lâchez-moi ! " d’Hampton Hawes avec Don Asher ou " Le manipulateur " de John Grisham ou encore " La folie privée ", psychanalyse des cas limites, d’André Green ? Tout n’est pas explicable. Le sourire me revient en voyant la tranche du livre d’Annie Ernaux, " Ecrire la vie ".

Je me calme, doucement les choses reprennent leur place initiale. L’angoisse semble s’affaisser et le cœur se dégonfle, je cesse de pleurer. Je me trouve presque ridicule face à moi-même. Vais-je céder au désespoir ? Vais-je offrir ce pouvoir à autrui de m’abattre, comme ça, à petit feu, subrepticement. Non. C’est pas tant me battre qui me botte, c’est ne pas laisser les choses décider à ma place. C’est être agissante, actrice, vivante, plutôt que victime non-consentante d’un destin qu’on m’écrirait. Peu m’importe de déplaire ou plaire, peu m’importe ce qu’il me coûte d’être, pas grave de me brûler les ailes un peu au gré de rencontres et d’obstacles, mais pas qu’autrui me les déchire. Comment fait-on pour ne pas tuer celui qui vous assassine ? On anticipe, on se prépare, on se munit, on s’arme, on s’assagit, on réfléchit, se réfugie, s’inspire, se régénère, s’ouvre l’esprit.

«  Est-ce que j’ai pleuré ? J’ai évacué un flot de sel, le sel de ces sardines, mon unique nourriture depuis des jours. Les avions n’arrivent plus à m’effrayer, pas plus que l’héroïsme ne réussit à m’animer. Je n’aime personne, je ne hais personne, je ne veux personne. Je suis sans passé ni avenir. Sans racine ni branches. Seul comme cet arbre abandonné sur un rivage ouvert au vent du large où se déchaîne la tempête. Je ne peux plus avoir honte des larmes de ma mère, frémir à la rencontre de deux rêves, nés au même instant, d’une même aube… »

Les mots de Mahmoud Darwich, les mots d’une mémoire pour l’oubli, les mots qui recueille les fragments d’un passé éclaté et témoignent de l’inévitable travail de deuil, m’apaisent encore d’un cran. Et j’ouvre au gré de mes gestes amples au sein de mes étagères pleines à craquer de bouquins : " La difficulté d’être " de Jean Cocteau et d’un seul coup, c’est étrange de merveille, je me sens mieux, pas moins triste, mais beaucoup mieux, moins empoisonnée, plus en paix .

« La haine m’est inconnue. L’oubli des offenses est chez moi si fort qu’il m’arrive de sourire à mes adversaires lorsque je les rencontre face à face. Leur étonnement me douche et me réveille. Je ne sais quelle contenance prendre. Je m’étonne qu’ils se souviennent du mal qu’ils m’ont fait et que j’avais oublié. »

 

 

23/11/2014

Dans l'au-delà

 

 

16/11/2014

Pavane

 

 

Hier matin, une fois de plus en route vers la vieille ville, j’écoutais en voiture "Pavane pour une infante défunte", il pleuvait un peu… Arrêtée au feu, je regarde distraitement dans mon rétroviseur, la musique du piano tendre et profonde emplissait mon cœur de bonheur, je me suis dit : « C’est un bon jour, tu écoutes ce morceau de Ravel et tu n’es pas triste du tout. » D’un seul coup mon regard fut arrêté par l’image que me renvoyait le petit miroir rectangle, une jeune femme dans la voiture derrière moi se remaquillait les cils d’un geste gracieux. Elle avait une manière si délicate de courber sa main, une façon si calme de tendre son cou, un mouvement presque dansant de porter son corps pour se voir de plus près que j’ai été émue. « Dieu, qu’elle est belle ! », me suis-je dit, «  Dieu que les femmes sont belles ! » J’ai redémarré, différente de la minute d’avant, et j’ai continué à regarder avec cet œil là ce qui se passait autour. Cette femme m’avait en un petit balancement tout simple sensibilisée, mon regard est resté ainsi toute la journée et je me suis surprise à être attentive à ce que Guillaume Galienne évoque dans son film, "Guillaume et les garçons à table" : le souffle des femmes, leur gestuelle, leur manière d’être dans l’espace, le jeu de leurs prunelles, leurs sourires, leur tendresse, la sensualité de certains de leurs gestes. Dans mon métier, j'en croise beaucoup. Je me suis régalée. Les femmes, sans forcément en avoir conscience sont emplies de beauté…

 

 

03/11/2014

Un demi-siècle ! Bon anniversaire Christian !

IMG_2778.jpg

Mon Grand, aujourd’hui c’est le jour de ta fête, 50 ans, un demi-siècle. On a toujours ri, souviens-toi, du fait que tu étais plus vieux que moi, d’un peu plus de trois mois, ça fait quand même un sacré paquet d’heures, n’est-ce pas ! Une fête, ça se fête.

Alors, après avoir hésité entre une soirée à Montréal avec tes potes et potesses, te faire venir ici dans mon petit Nord, te faire une tarte aux pommes et souffler des bougies et je ne sais quelle autre idée qui m’est passée par la tête, j’ai opté pour une surprise tribale et scripturale.

Voilà, Christian, les cadeaux de personnes qui t’aiment tel que tu es. La doxa n’est pas toujours tendre avec toi, mais elle est comme tu as bien voulu qu’elle soit, ton talent d’écrivain est incommensurable, les qualités de l’homme prêtent souvent à discussions, comme Picasso, tu suscites des passions…

Je te connais, notre correspondance intense m’a appris à te découvrir et à apprécier ton immense sensibilité et ton inépuisable générosité. Ces nuits que tu as passées à me soutenir, à m’encourager, à me remuer ! Te souviens-tu de cette fameuse où tu m’as veillée à distance parce que j’avais une rage de dent à se taper la tête contre les murs et que tu as tout fait pour m’en détourner en me faisant rire, rire à en pleurer ?

Ton amitié est un bien précieux.

Black Angel, je te souhaite, c’est un vœu pieu, un autre demi-siècle et je nous souhaite encore beaucoup d’émotions, de partages, d’écriture et d’aventures étonnantes comme celle qu’on a déjà vécues ensemble.

« Quand j’aime un jour j’aime pour toujours ». Je t’aime Christian Mistral. Ta Blue

 

2014-10-28.jpg

- Photo Guillaume Pâquet -

 

 

« J'aime Christian Mistral de tout mon diablotin et saugrenu de cœur, mon authentique cœur. Qu'aurais-je d'autre à dire ? »

- Guillaume Lajeunesse (Vieux G) -

 

 
Tout le monde sait que lorsqu'on dit des gros mots ou qu'on médit au sujet d'autrui, Jésus sort sa TransAm du garage et parcours les ruelles du paradis le pied dans le tapis en écrasant des bébés chats.
 
Qu'on le tienne pour dit, je suis un grand adorateur de la Pontiac Firebird 6,6 litres des années "Cours après moi, Shériff !", celle avec le turbo-compresseur et le phoénix aux ailes ouvertes sur le capot, mais quand Héléna m'a approché me demandant d'écrire un mot soulignant l'anniversaire du vieux bandit, je me suis dit qu'une journée au paradis sans chatons écrapous en mon nom serait un beau cadeau à lui faire pour célébrer ses cinquante balais.
 
Les gens aiment bien tout catégoriser, ça les rassure et leur évite d'avoir à trop réfléchir et, conséquemment, les sauve de se regarder et de se voir tel qu'ils sont. C'est évidemment plus réconfortant de se bricoler une petite image de soi proprette et coupée du monde que de reconnaitre que celui-ci n'est au fond constitué que de nos propres projections et n'est que le reflet de l'univers qui nous habite, qui nous sommes réellement, qu'on l'accepte, qu'on ait le courage de l'assumer ou non. Mais, je m'éloigne, pardonnez-moi, mes racines punk trempent dans l'expresso. 
 
Je ne suis pas mieux, n'allez pas me lancer de fleurs, parce que ça m'arrive à moi aussi de catégoriser. Pourquoi je me priverais de comfort et à ce prix en plus ? Les gens par exemple, tiens ! Pour moi, je classe les gens dans deux catégories, d'un côté il y a les femmes de ma vie et de l'autre, les autres. Et Christian Mistral, aussi bizarre ça puisse sonner, je vous expliquerai, fait partie de la première catégorie. 
 
De un, c'est pour l'amour et le bien du texte et de la paix dans le monde. Pour l'occasion, en l'envoyant dans le vestiaire des filles, j'évite que ça finisse comme la célèbre partie du vendredi Saint entre les Canadiens et les Nordiques et je lui fais en plus une fleur parce que dans cette catégorie le poète sera en bonne compagnie...
 
Mais il y a plus car Christian m'a toujours fait l'impression d'être une vieille louve, d'en avoir l'âme. Aussi chiant et berserk postal puisse t'il parfois devenir, c'est cette fibre maternelle sauvage que possède l'homme qui m'a toujours le plus frappé chez lui. Je n'ai pas à rendre publique notre relation, ça ne regarde que nous, mais ça a été ainsi depuis le jour un. Le type, quand il aime, aime comme une mère. 
 
Il déchirerait sa chemise en deux pour te couvrir si t'avais rien sur le dos et verserait la moitié de sa dernière bouteille de jus d'clodo dans ton biberon si ta vie en dépendait. Une confidence, moi, son oeuvre c'est en diagonale sur les amphétamines avec le peu de boulons qu'il me reste que je l'ai parcouru et je serais mal foutu de venir en parler juché sur une boite à savon pour en vendre. D'autres le feront mieux que moi. Moi, c'est le bonhomme que j'ai eu la chance de rencontrer et c'est ce bonhomme là tel qu'il s'est montré à moi qu'aujourd'hui je suis fier de classer avec la crème des âmes qui ont laissé une marque indélébile sur la mienne et qui auront toujours une place dans mon coeur où il y aura toujours une moitié de vieille chemise déchirée à se mettre sur les épaules si besoin était.
 
Christian, vieille louve, vieux bandit et grand frère d'armes, pour tes cinquante balais je te souhaite paix et santé.
 
- Pat Caza -
 
 
 
Mistral (et le spectre de Nelligan) dans le bleu de la nuit (des temps)
 

Mistral_MP.jpg

(Avec gros clin d’œil à Gatsby – rémanence inattendue d’une improbable game de bowling…)

 

- Michel Plamondon ( le Plumitif ) -

 
 

C'est difficile pour moi d'écrire depuis un certain temps, mais si l'effort d'une prise de parole pour moi-même présentement me rebute, je peux en fournir un pour Mistral.

Comme, sans doute, tous ceux qui lui sont ou ont été proches, j'ai été testé, brassé de la cage, évalué avec soin, et choisi, intégré, puis encouragé et défendu.

C'est après avoir lu Christian Mistral et Louis Hamelin au début de la vingtaine que je me suis vraiment mis à commencer à écrire pour vrai. J'étais déjà lecteur avide, j'avais eu un projet de grand roman de SF(!), j'avais pondu quelques textes pour m'amuser, mais c'est en découvrant ces voix, plus proches de moi que tout ce que j'avais pu lire, que j'ai commencé à avoir une idée de ce que pouvaient être un style, une voix, vivants, actuels et se développant dans des espaces propres à soi et une époque à laquelle on appartient, et qui nous appartient. Bref, de ce que pouvait être l'écriture.

Christian m'a poussé à y faire ma place. Pour l'instant, sur ce plan-là, je suis sur la glace. J'ai confiance d'y revenir tôt ou tard. Quoi qu'il arrive, mon amitié avec cet homme d'esprit à la volonté puissante et d'une rigueur incomparable à la plume dont, aussi bouillant puisse-t-il être, la loyauté est un exemple, a une grande importance dans l'histoire de ma vie.

 
- Stéphane Ranger -
 
 
 
  Vecteur
 

anniversaire,christian mistral,amitié,écriture,photographie,partage,humain

- Sandra Gordon (Sandy) -