Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

12/12/2014

Les moulins de mon coeur

 

 

02/12/2014

Il est tard

écriture,fragment étatd'âme,partage,émotion,humain

- Sarah Key -

 

A force d’avoir l’air de quelqu’un qui va bien, qui encaisse tout, qui entraîne, qui supporte, qui envisage des solutions, qui ne baisse pas les bras et qui croit toujours possible un autre moyen de voir, une extrapolation, une extra-solution, je me retrouve bien seule quand ça ne va vraiment pas. Pourtant je sais que je ne le suis pas, que sont là autour de moi les gens qui m’aiment et pensent à moi, et merde. L’injustice est au-dessus de mes forces, je ne la supporte pas, je suis désarmée devant elle, je n’ai pas appris, pas pu, pas su comment faire. Et je reste une espèce d’handicapée face à elle. Une ultime épreuve ? Je souris au travers de mes larmes, je ne vois plus clair tant je mouille mes lunettes de vue, c’est con, c’est stupide, c’est idiot et ça ne sert à rien de me lamenter, à rien de soupirer, à rien d’attendre un miracle. Je ne sais pas comment font les gens victimes d’injustices notoires, comme je ne sais toujours pas comment j’y arrive moi-même, je n’ai pas les moyens d’analyser d’où me vient l’énergie pour faire face et faire front. Mais je souffre. Je doute. J’hurle en moi-même. En silence. C’est affreux. Il me faudrait un gun, une batte, un poing fort, une prise, un moyen pour faire sortir cette rage, cette douleur. Et ce sont les mots, là, juste les mots qui pissent le sang à ma place, les mots qui tuent, qui remplacent, qui sauvegardent, qui m’apaisent. Mes mots ne me jugent pas, ils me prennent comme je suis, ils sont entiers, ils sont fervents, ils sont mes amis, mes confidents, mes alliés, mes mots gagnants. J’ai envie de traverser l’écran et envahir l’espace de mots terrifiants et tendres, de mots cruels et aimants, rock’n’roll, de mots, de maux, de poésie, d’aphorismes, d’appréhension, d’avenir, d’orientation, de rimes et de j’aime.

« Parfois, depuis qu’il avait commencé à vivre librement, Abel s’était demandé à lui-même : « Pour quoi ? » La réponse était toujours la même et elle était aussi la plus commode : «  Pour rien ? » Et si la pensée insistait : « Ce n’est rien. Comme ça, ça vaut pas la peine », il ajoutait : « Je me laisse aller. Ca doit quand même mener quelque part. »

C’est bizarre d’ouvrir ainsi un livre par hasard et de tomber sur un passage qui d’un seul coup vous calme. Pourquoi ce livre de José Saramago, " La lucarne ", pourquoi celui-là et pas celui du dessus, " Lâchez-moi ! " d’Hampton Hawes avec Don Asher ou " Le manipulateur " de John Grisham ou encore " La folie privée ", psychanalyse des cas limites, d’André Green ? Tout n’est pas explicable. Le sourire me revient en voyant la tranche du livre d’Annie Ernaux, " Ecrire la vie ".

Je me calme, doucement les choses reprennent leur place initiale. L’angoisse semble s’affaisser et le cœur se dégonfle, je cesse de pleurer. Je me trouve presque ridicule face à moi-même. Vais-je céder au désespoir ? Vais-je offrir ce pouvoir à autrui de m’abattre, comme ça, à petit feu, subrepticement. Non. C’est pas tant me battre qui me botte, c’est ne pas laisser les choses décider à ma place. C’est être agissante, actrice, vivante, plutôt que victime non-consentante d’un destin qu’on m’écrirait. Peu m’importe de déplaire ou plaire, peu m’importe ce qu’il me coûte d’être, pas grave de me brûler les ailes un peu au gré de rencontres et d’obstacles, mais pas qu’autrui me les déchire. Comment fait-on pour ne pas tuer celui qui vous assassine ? On anticipe, on se prépare, on se munit, on s’arme, on s’assagit, on réfléchit, se réfugie, s’inspire, se régénère, s’ouvre l’esprit.

«  Est-ce que j’ai pleuré ? J’ai évacué un flot de sel, le sel de ces sardines, mon unique nourriture depuis des jours. Les avions n’arrivent plus à m’effrayer, pas plus que l’héroïsme ne réussit à m’animer. Je n’aime personne, je ne hais personne, je ne veux personne. Je suis sans passé ni avenir. Sans racine ni branches. Seul comme cet arbre abandonné sur un rivage ouvert au vent du large où se déchaîne la tempête. Je ne peux plus avoir honte des larmes de ma mère, frémir à la rencontre de deux rêves, nés au même instant, d’une même aube… »

Les mots de Mahmoud Darwich, les mots d’une mémoire pour l’oubli, les mots qui recueille les fragments d’un passé éclaté et témoignent de l’inévitable travail de deuil, m’apaisent encore d’un cran. Et j’ouvre au gré de mes gestes amples au sein de mes étagères pleines à craquer de bouquins : " La difficulté d’être " de Jean Cocteau et d’un seul coup, c’est étrange de merveille, je me sens mieux, pas moins triste, mais beaucoup mieux, moins empoisonnée, plus en paix .

« La haine m’est inconnue. L’oubli des offenses est chez moi si fort qu’il m’arrive de sourire à mes adversaires lorsque je les rencontre face à face. Leur étonnement me douche et me réveille. Je ne sais quelle contenance prendre. Je m’étonne qu’ils se souviennent du mal qu’ils m’ont fait et que j’avais oublié. »

 

 

09/11/2014

Être

Il faut que je vous parle d’un truc un peu dingue qui me gagne en ce moment. Je me découvre un être qui jusqu’à présent m’était éloigné, un égo peut-être, en tout cas une sorte de présence à la vie que je ne m’étais jamais permise. L’âge, la maturité, un rubicond de plus que j’aurais franchi, une frontière que j’ai démise, un mur que j’aurais fait tomber ? Me concernant, concernant ce parcours du combattant, j’évite souvent et surtout d’exprimer mon allégresse et mon énergie retrouvée, parce que je sais qu’inéluctablement elle arrive pour faire face à d’autres tourments, d’autres vérités, et d’autres traumatismes d’enfant. Néanmoins, j’en profite, je profite d’être en contact avec moi, avec la petite fille, l’adolescente, la femme que je suis et je m’émerveille de pouvoir encore m’émerveiller malgré tout, d’avoir ainsi pu préserver mon intégrité et mon plaisir et mes désirs. J’ai presque cinquante ans et j’ai le sentiment que pour les choses de l’amour j’en ai quinze, treize, un peu plus un peu moins, en tout cas je découvre et c’est incroyable… Il y a le cérébral, l’intellect, là, tout est sans limite et puis, il y a le réel, la chair, les sentiments et là, tout est plus tangible, fragile, magnifique. « Nous sommes faits d’enfer comme de ciel », nous sommes fait surtout de chair et de pensée, de cœur et de volonté, d’attention, de regard, de poésie et d’injonction, de cadre, d’envie. « J’avance dans l’hiver à force de printemps », c’est un propos du Prince de Ligne, oui. C’est l’automne sur le calendrier et pourtant dans tout mon être en émoi, c’est l’été…

 

 

11/10/2014

Mon truc en plumes

10593213_861283840548956_3217734674278655268_n.jpg

 

Un vieux rêve de petite fille: être danseuse de cabaret,

et faire comme Zizi, Joséphine et Liza, faire rêver...

 

 

21/09/2014

Trente ans

10171124_850385401638800_5217932514878114510_n.jpg

 

On a toujours loisir de choisir dans la vie. J’ai choisi il y  a juste trente ans de mettre au monde mon enfant, contre et malgré l’avis de mes parents, et chaque fois que j’y pense, je me dis que j’ai bien fait, pourtant  sans le savoir j’avais mis le feu aux poudres. Et j’ai lutté, lutté, lutté. Quand maman est entrée ce jour là dans ma chambre me demandant d’avorter, j'avais 19 ans, j’ai refusé. Je ne sais toujours pas comment j’ai fait.

Mon fils a eu trente ans aujourd’hui. Trente années. Merci la vie, merci à lui !

 

16/03/2014

"Chrysalidienne"

Sycamore Seed by Dr Steven Murray.jpg

- Photo piquée chez Pat Caza -

 

 

Avec une paire d’amis, avant-hier à la terrasse d’un des plus vieux café de Paris, nous étions en pleine discussion existentielle.  « J’ai une très belle histoire toute simple à vous raconter, vraiment extraordinaire « commença à nous dire l’un d’eux joyeusement. « Vous savez que pour passer du stade de chenille à papillon, il vous l’étape « chrysalide », quel joli mot… Eh bien ! Figurez vous et c’est prouvé scientifiquement qu’à l’intérieur de ce cocon, deux systèmes luttent pour cette transformation, l’ancien système et le nouveau à venir et que, et c'est là que ça devient intéressant, plus l’ancien système lutte plus le nouveau se développe, plus le nouveau système se renforce… N’est-ce pas riche d’enseignements ? » Au moment  même où j’entendais cette histoire, j’ai ressenti une résonance intense avec mon état du moment, je me sentais "chrysalidienne", si je puis dire, et j’éprouvais en conscience cette lutte et ce développement du nouveau système en moi, cet état de larve qui se fabrique des ailes et la grande souffrance qu’occasionne ce changement, ainsi que cette immense difficulté d’avoir à me transformer pour me déployer davantage et prendre de la hauteur. Cette petite anecdote de la chenille et du papillon en devenir luttant l’un et l’autre pour produire du beau m’a fortement touchée, j’ai compris une fois encore, que c’était un processus naturel et que je n’avais qu’à faire confiance au processus sans avoir peur, il ne pourrait en sortir que du meilleur…

 

 

10/03/2014

Pourtant, je suis.

1977940_10203248375588665_2140779990_o.jpg

- Photo Laurence Guez -

 

On m’a dit et on me dit encore souvent que je n’ai pas d’égo. « On » me fait savoir que c’est un handicap, possible, peut-être. Non, je n’ai pas d’égo, pas d’égo au sens où il est habituellement suggéré, la conscience d’être un être, et d’être un être qui a lieu d’être. C’est vrai, me concernant, je n’en suis pas. Je ne suis absolument pas un être qui pense mériter d’être. C’est franchement et fortement lié à mon histoire, à mon enfance, à mon vécu, ça n’est pas pour autant que je n’ai pas réussi tant bien que mal à exprimer mes ressentis et ma vision du monde mais sans jamais l’imposer, sans jamais penser qu’elle était meilleure qu’une autre, ce qui m’a permis de sublimes rencontres. Je ne regrette pas d’être cet être que je suis sans sublimation de l’être. Mais j’ai conscience d’être vulnérable dans ce monde plutôt égocentré, plutôt tourné vers lui-même que vers l’autre. Je ne sais pas me défendre, en tout cas je m’y prends plutôt mal, mais j’ai acquis avec le temps une force différente. Même quand je me sens agressée, je ne pense pas avoir du pouvoir, j’ai une certaine humilité face à ce qui m’arrive et j’ai acquis avec le temps une conscience de celle que je suis. Je ne me vis plus comme une chose mais comme une personne et je ressens le besoin de l’affirmer sans pour autant devoir tuer père et mère, ce qui en l’occurrence vu mon parcours aurait pu être une priorité ! Mais je souffre toujours un peu de voir que ce monde dans lequel je vis reste une sorte de jungle un peu primaire où c’est celui qui sort les crocs qui se fait respecter alors que ça devrait être, à mon sens, celui qui reste maître de lui-même, ce qui est beaucoup plus facile quand on a comme moi un égo mal dimensionné. Tout est dans l’équilibre. Il faut, je crois, prendre conscience de sa valeur et de ses talents, faire marcher l’intelligence qu’on peut avoir pour bien faire fructifier cette manne personnelle et ouvrir son cœur, être " aware ". Je suis faillible. Et je pense que tout le monde peut l’être et qu’au fond c’est une chance, on n’a pas à être ce qu’on n'est pas mais par contre il faut se donner à soi-même l’environnement, l’entourage et la confiance pour développer ses talents. Pas d’égo ne veut pas dire pas d’existence mais plutôt une existence autrement, une conscience de soi indissociable des autres, une façon d’être au monde généreuse et empathique sans pour autant idéaliste et conte de fée. Pas d’égo ne veut pas dire non plus pas de réalité. Mais une réalité en apprentissage permanent, une personnalité capable d’endiguer le changement, une capacité à entendre, une suggestion de l’instant, un être au monde en alerte et en mouvement, plus une écriture qu’un sceau, un être vivant.

 

 

25/09/2013

Ethan Johns

 

23/09/2013

Satori

Dehors tout était d'un calme infini. Au loin le bruit du ressac. Une lune brillante dans une nuit noire. Une chaleur apaisante, douce, diffuse, un léger vent, une atmosphère soulagée. C'était bon d'être là, entière dans cette inconcevable immensité faisant corps à l'immobilité absolue, à l'éternité de l'instant, à l'immensité de cette beauté. Pas de passé, pas de futur, juste le présent. J'avais le sentiment d'avoir l'oeil plus aiguisé, l'oreille plus fine, la peau plus attentive, la bouche plus sensible, le nez plus réceptif aux effluves de l'air. Je me sentais dans un tout, en toutes choses, comme traversée par l'essence de chacune d'entre elles, une essence intérieure, profonde, sacrée. Un sorte d'absolu. Dégagée de toutes pensées. Nue. Libérée. Présente. Vivante. Au monde. Ressourcée.

 

10/09/2013

feu sous la glace

 

 

Planet-and-Asteroids-485x728.jpg

 

 

 

 

09/09/2013

Être en beau maudit

Certains matins, on ne sait pas pourquoi mais on se lève ronchon, de mauvais poil, mal dégrossi. C'est pénible et pas facile pour ceux qui vous entourent, et sujet à pas mal d'énervement. Bizarrement, ces matins là, rien ne va. Ce qui habituellement passe ou fait sourire, énerve et met les nerfs en boule. Même le plus petit truc anodin, comme plus de beurre dans le frigo ou "tu n'as pas l'air en forme ce matin", fait monter la pression et accentue cette sensibilité de l'épiderme jusqu'à parfois une colère disproportionnée et inadaptée. Parfois cet état dure. C'est usant. Même la raison n'arrive pas à prendre le dessus. Ce genre d'humeur me déconcerte. Je tente alors l'auto-dérision, parfois ça marche. J'agresse un chouïa un être aimé qui se défend mais qui comprend et là aussi ça peut faire son effet, parfois, ou bien, comme dirait les suisses je respire et je médite jusqu'à ce que l'orage interne se dissipe. Ce matin, aucune de ses trois méthodes n'a porté ses fruits, et je reste en beau maudit !

 

27/08/2013

Cette nuit, je ne dors pas

Je ne l'avais plus éprouvée depuis un moment, et la voilà qui revient et m'étreint. Impossible de lui résister. Impossible de lutter. Impossible de ne pas succomber. Elle est la plus forte. Pourtant elle s'était faite plus rare. Ces derniers mois, j'avais retrouvé un sommeil de bébé, ou presque. Ce sommeil qui donne à la peau le matin au réveil un parfum de brioche grillée et qui colle les paupières de son intensité. Cette nuit, je ne dors pas. L'insomnie m'a retrouvée. A moi, à nouveau la noirceur  totale de la nuit blanche, l'apesanteur de l'atmosphère d'une maison endormie, les angoisses en silence qui s'installent, les vieux fantômes qui rejaillissent. "L'insomnie amplifie la moindre contrariété et la convertit en coup du sort ", Cioran savait de quoi il parlait, lui qui nourrissait son pessimisme d'insomnies chroniques. Pourtant elle est jouissive aussi, droguante, fascinante. Comme si cet état d'être permettait au cerveau d'autres langages, d'autres expériences, d'autres manières de voir et de sentir, d'autres contrées internes à explorer, d'autres ressources insoupçonnées...

 

18/07/2013

Voyage intérieur

marielacbd.jpg

- Photo Sophie Zénon -



podcast

- Gymnopédies - Satie -


09/07/2013

Nocturne

 

08/07/2013

Love

Nicoletta Tomas - Tutt'Art@ (21).jpg

- Toile Nicoletta Tomas -

 

02/07/2013

Yasmin Levy

 

 

 

28/06/2013

A fleur de peau

 

 

 

27/06/2013

Pour Chloé

Parce qu'elle aime Franz et parce que j'aime ma filleule, et puis parce que j'aime l'amour au-delà de tout, quel que soit la forme qu'il prenne. Et parce qu'alors la musique prend tout son sens. Il est de ces toutes petites choses difficiles à transcrire par les mots sauf si on est poète. J'aime la musique pour cet insensé qu'elle véhicule, qu'elle transmet, qu'elle imprime. J'aime aussi les mots pour les mêmes raisons que les notes, pour cette musique qu'ils développent.

Tout les moyens sont bons pour accéder à soi, à l'autre, au diapason, à la rencontre.

 

 

25/06/2013

Love or leave

 

24/06/2013

Thinking of misty