18/06/2013
Pluie de soleil

- Klimt - Eaux mouvantes -
C'était un jour d'été. Les champs de lavande s'étalaient à perte de vue. Je m'étais allongé au milieu de l'un d'eux, admirant le ciel et pensant à elle. Elle, que je venais d'apercevoir nue, offrant son long corps souple à l'ondée frémissante qui venait de s'abattre sur la campagne en fleurs. Elle était apparue comme par magie au bout de mon regard. Elle semblait rêveuse et agitée d'une tendresse vibrante. Quand le ciel lâcha d'un coup ses eaux sonores, elle quitta sa robe noire et se déchaussa doucement, pris la peine d'ôter ses sous-vêtements et, le corps nu, entama une danse sensuelle avec les gouttes de pluie glissant sur elle comme la couleur sur un papier d'aquarelle. J'aurais voulu être cette pluie, goûtant ainsi le parfum de ses pores, m'immisçant dans ses cheveux ardents, coulant le long de sa nuque altière, ruisselant sur toute la surface de sa chair. A ce moment, tout moi était en elle, j'étais comme pris d'une passion subite et d'un désir érotique insensé. La pluie s'arrêta net. La magie, elle, continua d'opérer. Ma lady Chatterley se rhabilla, apaisée et sereine et reprit son chemin les chaussures à la main. Le soleil, royal, retrouva toute sa place. L'ondée fut brève et chaude comme une douche dorée. Je laissais alors mon esprit fantasmer sur cet être fou et délicieux qu'il venait de croiser.
C'était un jour d'été, j'errais parmi les lavandes, l'âme en fleur. Je me sentais printanière et précisément prête à éclore et à exprimer ce que mon corps avait à dire. C'était une sensation étrange, profonde, violente et sourde en moi qui ne demandait qu'à sortir. La pluie se mis à tomber, drue, presque chaude, soudaine, puissante. Je n'ai pas réfléchi, je me suis dévêtue et nue, je me suis lovée en elle. Je sentais tout mon être frémir, s'offrir à l'humide, se désaltérer. Et je me suis mise à danser ne me souciant plus de rien. J'étais bien. J'ai pensé à cette scène sous la pluie du roman de Lawrence que j'avais tant aimé adolescente, j'ai pensé à toutes mes frustrations accumulées, j'ai pensé à la vie, au plaisir, à l'amour, à l'envie d'être libre, fascinée, emportée. J'ai goûté avec une joie manifeste à l'eau vive sur ma peau, j'ai fait l'amour avec le ciel, j'étais dans un état second. L'ondée fut brève, la douche dorée s'arrêta d'un seul coup, je me sentais lavée et en paix. J'étais sereine et habitée par moi-même. Je m'aimais. Je me suis rhabillée et j'ai repris ma route, pleine, rassasiée et confiante. Jamais plus je ne serai celle que j'étais.
Pluie de soleil. Sun Shower Power.
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17/06/2013
Harmonie

" Entre deux individus, l'harmonie n'est jamais donnée, elle doit infiniment se conquérir."
- Simone de Beauvoir -
- Les uns contre les autres - Fabienne Thibeault -
09:57 Publié dans art, art de vivre, écriture, pensée du moment | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : sculpture, art, écriture, pensée du moment, art de vivre, relation, amour, partage, humain
14/06/2013
Quelle aventure !
07:28 Publié dans amitié, art, Blog, écriture | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : laure kalangel, art, amitié, blog, avenir, création, écriture, partage, humain
13/06/2013
Blue: cinq ans de blog
Christian me le rappelle gentiment.
Voilà maintenant cinq ans que quotidiennement je blogue, je passe, je partage, j'exprime, je réagis, je souffre et j'écris. Cinq années qui ont changé ma vie et qui la changent chaque jour qui passe, qui l'enrichissent, qui l'enthousiasment, qui lui ouvrent des champs de possible et d'amitiés indéfectibles.
Je suis émue de tout ce temps passé ici, de tout ce qu'a engendré ce lieu, de tout ce qu'il me permet de faire, de découvrir et d'aimer. Et je suis fière d'être aussi bien entourée par vous tous qui me suivaient et m'encourageaient de votre présence à continuer d'explorer et de dire.
Blue a cinq ans. Je lui souhaite de continuer à grandir et à me permettre de grandir avec elle et de me découvrir encore un peu plus avec vous.
Cheers !
08:11 Publié dans amitié, art de vivre, Blog, écriture | Lien permanent | Commentaires (40) | Envoyer cette note | Tags : christian mistral, blue, émotion, blog, art de vivre, écriture, partage, passage, échange, amitié, humain
10/06/2013
De l'intime
Je lis ce livre de François Jullien un petit peu chaque jour depuis le début du mois de Juin et il me trouble. Ce n'est pas tant ce qui est dit dedans qui provoque cet état d'être mais plus la musique de ses mots. Je me surprends à aimer les mots pour eux-mêmes presque plus encore que la pensée qu'ils défendent, c'est captivant. Probable alors qu'est là l'intime d'un mot, cette résonance en nous, ce plus intérieur qu'il vient toucher silencieusement pour nous ouvrir davantage à la vie et à nous-mêmes aussi...
09:30 Publié dans écriture, pensée du moment | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : pensée du moment, de l'intime, lecture, écriture, réflexion, partage, humain
09/06/2013
Eclairs muets dans un ciel d'orage d'été

09:07 Publié dans écriture, érotisme | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note | Tags : exercice de style, écriture, coup de foudre, rencontre, partage humain
02/06/2013
Eros
Je suis là, alanguie, tentant d'offrir mon grand corps au soleil, le Saumur-Champigny fait son effet, mes neurones se détendent, mon esprit se défait, lâche prise, s'enfonce dans les bienfaits des vapeurs d'alcool. Mes pensées sont érotiques, terriblement, diablement, sensiblement érotiques. Maman se faisait lécher le sexe par notre chienne et affirmait que le sexe était mauvais. Papa, abusait de ses filles tout en disant être parfait. Comment alors ne pas être tourmentée. Ne pas avoir en tête des images insensées. En ce moment elles se bousculent et je les laisse venir, j'en suis presque à les désirer. Parce que je me libère. Parce que je ne veux plus avoir peur, je ne veux plus penser être mauvaise, je veux vivre mon corps, mon esprit et mon coeur comme je le désire, comme je le veux, comme ça me monte et m'envahit. Ce qu'on apelle le démon de midi n'est autre qu'un besoin insensé et réel d'être. Le sexe effraie parce qu'il révèle. Et il attire parce qu'il est source de plaisir et de vie. L'encre coule à ce sujet, la poèsie s'anime et les esprits s'échauffent. Je me délecte de découvrir qu'après tout ce parcours, il m'est permis de goûter à ce dessert interdit, ce révélateur, ce fabuleux vecteur, ce blanc-seing à soi-même. Je vis un grand bonheur. Celui d'être à mon sexe, celui d'être à ma vie.
17:44 Publié dans art de vivre, écriture, érotisme, pensée du moment | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : art de vivre, écriture, pensée du moment, partage, humain
01/06/2013
l'aventure de l'écriture
23:16 Publié dans art de vivre, écriture | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : aventure, écriture, rencontre, humain, partage, découverte, amour
30/05/2013
Cinéma
Sur l'écran noir de mes nuits blanches...

Le cinéma, c'est comme les trains, ça invite aux fantasmes et aux histoires, sans doute l'obscurité, sans doute l'idée du voyage, et puis le moelleux des assises et la promiscuité. Quelle serait votre histoire rêvée de ciné?
22:27 Publié dans écriture | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : écriture, rêverie, imagination, exercice de style, échange, partage, humain
27/05/2013
une journée intense et en dehors du temps

Le son et ses mystères, la musique et sa magie, les mots et leur force intrinsèque, le désir et l'acte, la volonté et la réalisation, l'amitié et l'envie de faire ensemble, la conviction d'être dans le vrai et la joie de créer. Voilà ce que fut cette journée intense, indescritpible sans dévoiler un secret et juste parfaite parce que faite d'amour, de talent, d'une tendre sincérité et d'ouverture à l'autre. Ce genre de journée qui donne envie de continuer et d'explorer des terrains ignorés.
22:33 Publié dans art, art de vivre, Blog, écriture, Musique, rencontre | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : musique, écriture, cinéma, partage, rencontre, échange, humain
26/05/2013
fête des mamans ou de l'immense plaisir de mettre au monde
Certaines journées sont différentes des autres, comme celle-ci. Celle qui fête les mères. J'avais dix-neuf ans à la naissance de mon premier fils, j'étais encore une jeune fille et il a fait de moi une jeune mère. A suivi un autre compère trois années plus tard et un troisième encore une paire d'années après. C'est une grande fierté et un grand bonheur pour moi que d'avoir enfanté, que d'avoir donné la vie, que d'avoir mis au monde. C'est insensé et pourtant si simple. C'est si magnifique, si merveilleux de sentir son corps fabriquer un être, de le sentir bouger au plus profond de soi, de voir dans la douleur sa tête apparaitre, de le prendre dans ses bras et d'accompagner ce petit bout de vie vers un destin plus grand. C'est fort d'être maman. C'est puissant, ça bouleverse, et ça rend humble aussi. On découvre à quel point on est faillible et en même temps pleine de ressources. Ce sont mes enfants qui m'ont faite maman. Et c'est à eux que je dois d'être celle que je suis maintenant. Alors puisqu'ils ne cessent de me dire qu'ils m'aiment et que je compte pour eux, je veux leur dire aussi que j'ai une grande chance d'être celle qui a pu leur offrir la vie et que j'ai un plaisir fou et une grande fierté de les voir vivre, de les sentir aimer et de les savoir au monde comme ils sont : lucides et émerveillés.
16:42 Publié dans art de vivre | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : art de vivre, maman, enfant, émotion, écriture, partage, humain
14/05/2013
Bright Star
Hier soir, ce film de Jane Campion m'a bouleversée, mon petit côté romantique sans doute. J'aime les histoires d'amour au cinéma, je les aime dans la vie aussi, comment ne pas aimer ça? Dans ce film, l'importance des mots et des non-dits dans l'éclosion et le développement d'un sentiment est magnifiquement amenée, les images sont superbes, le temps semble suspendu et tout est fait avec une élégance rare, sans miévrerie, sans ennui, sans effet de violon, on est pris par l'émotion qui emporte ces deux êtres vers ce voyage insensé et par sa poésie.
J'ai été touché par la présence, que Jane développe, de l'échange épistolaire... Il a pour moi une telle importance que je me demande parfois si je suis bien à ma place dans mon siècle, dans ce temps où l'on ne s'écrit plus, où ce n'est plus "in", plus adapté. Oh! Je suis friande des mails, sms et "like" facebookien, mais reste inconditionnellement et sentimentalement très remuée par l'échange de lettres, de cartes, de petits mots, écrits à la main avec toute la suavité que contient l'écriture, le papier, tous les parfums qu'une lettre comportent en elle, toute la puissance qu'elle transmet.
Sans parler de l'attente qui exacerbe et qui sublime la relation qu'elle soit d'amour ou d'amitié.
" Les nuages nagent dans des enveloppes géantes, comme des lettres que s'enverraient les saisons."
- Ismaïl Kadaré -
09:13 Publié dans art, Cinéma, écriture, poésie | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : art, cinéma, poésie, écriture, correspondance, amour, partage, humain
13/05/2013
petite robe noire

- Photo Gérard Uféras - Jean-Paul Gaultier, haute couture, Paris 1999 -
Très tôt les femmes apprennent qu'il faut une petite robe noire dans leur dressing, que c'est un incontournable indispensable, la non-faute de goût par excellence. J'ai la mienne, moi aussi. Elle n'est pas une robe noire ordinaire, elle n'est plus toute jeune et commence sérieusement à être usée et trouée de-ci de-là: au creux du dos, sur l'avant-bras et, en bas, au niveau des cuisses elle semble avoir été mangée par une armée d'infimes bestioles affamées, leur passage ayant laissé une sorte de dentelle, gruyère de vide au milieu du jersey sombre laissant ainsi la peau appraraître en légère transparence.
J'aime cette robe, je n'ai qu'une seule trouille c'est qu'elle lâche aux entournures et craque aux coutures. Douce comme la soie, sensuelle, fendue, décolleté juste ce qu'il faut pour laisser deviner la naissance des seins, un rechampi de dentelle noire dans le V de l'endroit et un petit noeud discret finissant l'arrondi, elle m'est plus que précieuse. J'étais triste ces temps derniers, je l'avais égarée, impossible de me souvenir où elle était rangée. J'ai déterré de mes placards d'autres substituts pour la remplacer mais impossible d'avoir cette même sensation de confort, de présence, de chaleur qu'avec elle.
Elle a fait bien des voyages, elle a bourlingué, du Bunker à Montréal où j'ai failli mettre le feu, des sables du Brésil, de la chaleur torride de l'Andalousie, de la clémente démence d'une nuit vénitienne aimante à de folles nuits parisiennes ou plus sereines sur la côte Alamafitaine. Elle porte tous les parfums qu'un corps secrète, toutes les odeurs de l'amour et de la tristesse, de la joie, du désespoir, des rêves les plus déments. Elle agit quand je l'enfile comme un philtre et j'ai parfois bien du mal à la quitter pour aller travailller.
Je n'écris pas sans elle, bien incapable d'écrire autrement que dans mon jus de nuit. Je ne petit-déjeune pas sans l'avoir enveloppée d'un châle ou d'un vieux pull mité et je dors bien mieux quand je l'ai sur moi. Je suis heureuse de l'avoir enfin retrouvée au fond d'une valise entre Vamp, John Fante et Rien à me mettre, le vêtement plaisir et supplice. Heureuse d'avoir passé ma nuit avec elle malgré son odeur de renfermé et comblée d'avoir pu démarrer cette journée en me lovant dans son coton raffiné.
Depuis dix longues années, notre histoire d'amour dure, depuis dix longues années elle caresse mon corps, me réchauffe, me protège. Ele sait quand j'ai mal, elle sait quand je désire, elle connait tout de mes mains qui cherchent à m'offrir du plaisir. Nous avons cuisiné ensemble des dizaines de fois ma purée du Dimanche, mon tiramisu, mes poulets façon Blue. Elle adore la musique, elle tremble la première sur les chansons de Michel Legrand, Bob Dylan, Barbara ou Christophe et sur les notes de Schubert, Bach, Chopin, ou Mendelsohn. Elle est devenue avec le temps experte en film d'auteurs et en thrillers. Elle aime l'odeur des livres, du sexe et des souvenirs. Jamais je n'aurais pensé qu'une robe puisse avoir une telle valeur, pour moi. S'il faut un jour que je meure, et il le faudra bien, même si je ne suis pas trop pressée, j'aimerais qu'elle soit mon suaire et faire avec elle mon dernier voyage. J'aimerais que celle qui aura escorté une grande partie de mes nuits m'accompagne et une dernière fois me tienne dans ses fibres encre de chine.
Petite robe noire de nuit...
08:24 Publié dans art de vivre, écriture, mode | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : robe noire, écriture, émotion, partage, humain
12/05/2013
14:43
" Être intime avec quelqu'un, n'est-ce pas donner accès à ce qu'il y a de plus indicible en soi? "
14:43 Publié dans art de vivre, pensée du moment | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : pensée du moment, réflexion, livre, écriture, partage, humain
09/05/2013
Pour l'amour des livres
Suite à l'heureuse initiative de Laurent Margantin et les photos de la bibliothèque de Dominique Hasselmann chez lui, j'ai eu envie de lancer une vaste opération collective sur ce que nous avons, beaucoup d'entre nous ici en commun: l'amour fou des livres. J'ai ainsi contacté chaque membre de la Tribu mistralienne, quelques lecteurs assidus de Blue et quelques uns de mes ami(e)s avec comme douces directives l'envoi de photos de livres in situ et de quelques mots pour ceux qui le souhaitent répondant à la question: Qu'est-ce que les livres sont dans votre vie? J'ai été fascinée par les réponses successives. Tous ont répondu présent, même ceux qui n'ont pas eu le temps de prendre des photos ou écrire un texte parce que trop débordés par leur vie quotidienne, ou parce que cloués au lit, ou parce qu'entrain de déménager ou pour certains autres parce qu'encore blessés par des échanges malheureux qui se sont passés ici et qu'ils n'arrivent pas à dépasser. Aucune des personnes contactées n'a été insensible à cette idée. C'est dire que les livres ont cette capacité de nous rejoindre tous autant que nous sommes et à créer des ponts entre chacune de nos sensibilités.
Et si lire demeure une activité coupable férocement associale car prenant du temps sur le travail, sur les amis, et retranchant du monde, enfermant le lecteur dans sa bulle d'où plus rien ne semble pouvoir l'en faire sortir, si lire accumule, les livres s'entassent, s'empilent, montant des tours qui parfois s'écroulent (sans doute à cause d'un avion de papier), lire a aussi la capacité de rejoindre, comme cette note le prouve.
Merci à tous ceux et à toutes celles qui ont bien voulu livrer les arcanes de leurs constructions personnelles et ainsi nous ouvir leur intimité.
Le premier à m'envoyer son image fut Henri et ces "quelques livres à lire au pied du lit".

- Henri Zerdoun -
Jacques, lui, n'ayant pas ses techniciens à portée de main, n'a pas pu faire d'images et m'a envoyé cette vision minimaliste de sa bibliothèque qui, je le cite, est très ordonnée car comme il croit aux signes ou aux appels que les livres ou les auteurs vous envoient, il désire immédiatement les retrouver, ça urge, c'est un impatient!
Alex et le Bourdon masqué ont été très rapides:
Mon premier livre de chevet a été le dictionnaire Larousse illustré dans lequel je recopiais les dessins d'oiseaux, de fleurs.... Aujourd'hui ça reste mon compagnon qui trone dans ma table de nuit. Le livre est toujours un remède qui remonte le moral, qui est là à disposition, n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. j'ai toujours été quelqu'un d'assez "bordélique" et ma bibliothèque me resemble; le principal c'est que je m'y retrouve. Je ne fréquente pas les bibliothèques car j'ai besoin d'avoir des livres à moi, même vieux et endommagés, car comme dirait Saüll Streinberg:
"Il porte sur son visage et dans son corps l'empreinte de la société à laquelle il appartient".
"Les signes, voilà l’intérêt que je porte à un bouquin mais pas l’écriture tel que tous semblez l’apprécier. Il y a eu un début c’était Clostermann, on est loin du roman puis rapidement des « j’ai lu » aux théories les plus « curieuses » sur des civilisations perdues ou englouties, sourires garantis.
Barjavel et surtout sa trombine en quatrième de couverture me sidérait et avec un regard actuel me fait sourire. Une période Vernes, puis l’apprentissage.
Les hasards +/- provoqués m’installèrent dans la commission bibliothèque du Comité d’Entreprise où grand nombre de salariés venaient piocher, curieusement cette expérience m’aura définitivement coupée du livre, de sa sacralisation et surtout du cadre qu’il définit. Ce n’est qu’un objet l’africain ne s’en encombre pas, le griot et puis voilà on partage loin de l’isolement du lecteur lambda."

1 - les livres ont toujours tenu beaucoup de place dans ma vie, mais ma maison n'est pas encore aménagée pour contenir tous ceux que j'ai. Voici ceux, les plus lus, beaux, qui tiennent dans la bibliothèque que m'a prêté une de mes nièces.


Nancy, n'y participera pas mais j'ai aimé som mail alors le voici:
J'en ai deux dans mon lit, trois sur la table de chevet, un dans ma sacoche de vélo, quatre sur la table à manger, deux dans mon tiroir au bureau, en plus des bibliothèques et ceux qui traînent sur le plancher.

- Un bout de Mistral chez Blue -
J’ai mis « en vitrine » Alice. Parce que ce livre PARFAIT exprime bien ce qu’est pour moi la lecture. L’évasion, l’imaginaire, mais dans un monde juste à côté du nôtre. Il suffit de suivre le lapin pour y entrer. Pas peur.
Puis ce furent les délicieux mails de Claudio et Louis-Paul:
"Pas besoin d'aller chercher loin pour répondre à la question de ce que sont les livres dans sa vie. Il suffit de photographier sa bibliothèque à la demande d'une amie et l'impression de se déshabiller vous saute à l'émotion. Déshabiller son coeur, son corps ou son âme ? On ne sait pas trop. Mais c'est terriblement intime cette affaire. C'est donc que les bouquins touchent à l'essentiel. Disons que les livres, c'est de l'intimité. Et nous avons tout dit"
- Mots et photos de Claudio Orlando -
Avec un zoom sur les livres que j’aime avoir toujours près de moi…

- Photos et texte Louis-Paul Fallot -
De Manouche et son encre turquoise:
Les livres régnent un peu partout dans la maison ; je t'envoie deux clichés de là- où- ils -ne -sont-
De Francoise et sa belle sensibilité:
Livres de chevet



Livre génial, tout simplement. Je m'y ressource, souvent!

Un peu comme le chiendent, ils s'imposent, se propagent... Mais comme la plus rare des fleurs, je les aime et les cultive, leur laissant libre cours dans la maison.
Jamais seuls.


Ma main,
Kevin




Pire encore, les livres, je prétends, moi, qu'ils sont pires que les femmes. D'abord ils sont moins jolis en général (à quelques exceptions près), et à volume équivalent, ils sont beaucoup plus lourds, parce que plus denses (sauf Monique, mon ex.) Qui n'a jamais porté sur ses épaules, du comptoir d'un bar jusqu'à son lit, 1m73 de bouquins complètement bourrés et imbibés de vomi, ne sait pas de quoi je parle. Puis, les livres ne savent pas enfanter, soigner les plantes, occuper un ministère, conduire un camion, échapper du champagne sur la moquette, glapir dans une fête ou se déguiser en joggings. De plus, lorsque le petit Jésus fait apparaître une femme sur Terre, on a pas besoin de raser une forêt ; alors que les bouquins, son père le putois, à tous les coups, c'est un boisé qui zappe !
Mémémémaaais, entends-je s'égosiller les chaumières-zé-chômeurs, pourquoi s'embarrasser de toutes ces merdes qui ramassent et engendrent de la poussière, qui attirent les escargots, qui ne savent pas bouger leurs culs et qui posent plus de questions qu'ils ne connaissent de réponses ? Eh bien, c'est simplement que bien employés, ils servent d'amarres aux âmes trop légères, qui autrement, risqueraient de s'envoler, les jours de grand vent. Eh, vas-y, du coup, on s'en accommode. Et puis, si on y songe, le livre est une technologie récente qui a permis d'éliminer plus de 99.78 % des conteurs. Et juste pour ça, le livre, c'est mon héros.



- Photos Angelica -
- Photo Angelica -
J’ai eu cette « chance » d’être très tôt entouré de livres. En fait, ça faisait tellement partie du décor que je ne me suis découvert un véritable intérêt pour la littérature qu’une fois adulte. Avant de nourrir l’imaginaire et la réflexion (qui se gavaient aussi bien de télé, films, bd, jeux et divagations diverses), les livres ont d’abord été pour moi source de savoir. De doute plutôt, en vérité : j’ai précocement réalisé que ce que les profs nous serinaient comme vérités éternelles était souvent sujet à caution, hypothétique, voire carrément faux. Pas terrible pour cultiver le respect de l’autorité, rien de tonifiant pour la persévérance scolaire… Cette petite brèche devint bientôt une faille qui fut bien près, d’ailleurs, de me conduire tout droit à la faillite. Jusqu’à ce que je tombe sur le livre qui allait irrévocablement changer ma vie : Le Secret. Naaaaaan, je déconne! (N’empêche, il est tenace ce rêve du grimoire révélant enfin la clef de cette énigme que nous serons éternellement à nous-mêmes…)

- Texte et photo Le Plumitif -
Partir doublement
Dans la lecture fluide
Et le wagon mouvant.
- Haiku et image Laurence Guez -




J'attendais encore les photos de Venise, je ne concevais pas une note sur l'amour des livres sans qu'elle y participe, j'attendais aussi les pensées de Michael, je crois que Vieux G. est perdu dans ses limbes et Flash m'a annoncé être trop occupé à réssuciter. Tard dans la nuit leurs images et leurs proses sont arrivées:
J'ai une relation amour-haine avec la lecture : je l'aime lorsqu'elle déchaîne les tempêtes imaginaires à l'aurore, mais la déteste quand vient la symphonie de l'aube, le chant matinal des oiseaux. Je bascule de manière déconcertante dans l'envers du décor - si l'auteur sait jouer sur les cordes universelles qui nous relient tous - quand le livre devient l'outil qui façonne et fascine, qu’il est sens et essence.



- Texte et photos Michael Deschambault -

- Composition et texte de Venise Landry -
Et Fanfan, charette, m'envoie à la toute dernière minute cette charmante lettre avec ses deux images:
Chaque soir, mon amoureux bouquine très tard, il ne peut pas s'endormir tant qu'il n'a pas absorbé sa dose. Cet homme là ne lit pas, il dévore : policiers, romans, essais, poésie... Depuis son arrivée, les livres s'entassent un peu partout à la maison...Je crois que son amour des livres lui vient de Luc, sa maman, dont la fabuleuse bibliothèque occupe un mur entier du salon de sa petite maison de Cuges-les-Pins...Luc aime tellement les livres qu'elle a décidé de leur donner une nouvelle vie en créant " le livre libéré".
Hier, en fouillant dans un des nombreux cartons qui s'empilent sur les marches de l'escalier qui mène à son appartement, j'ai trouvé un exemplaire du chef d'oeuvre de Steinbeck " Des souris et des Hommes". Un exemplaire en poche, jauni et écorné, dont l'odeur caractéristique des bouquins longtemps oubliés a chatouillé mes narines, avant de m'emporter pour la seconde fois, émotion intacte, jusqu'au bout de la nuit...
- Mots et photos Pieds sur terre -
Et voilà Pat Caza qui me traite de canaille, il a raison, j'ai toujours eu du mal avec le décalage horaire. Il nous ouvre le tiroir de sa table de chevet et là, pamoison, il est rempli et nous avons des goûts communs!
Ma table de chevet. J'ai ouvert le tiroir, ceux-là y étaient. Je manque de place, manque de temps, mais de livres jamais,

j'voulais faire une petite mise en scène avec Requiem des Innocents de Louis Calaferte, mais comme je l'ai surement refilé à quelqu'un et perdu, ça m'a retardé. J'allais en racheter un ce soir après le boulot, mais voilà, je me suis fait prendre de court, donc impro, le tiroir de ma table de chevet, zam, sans rien de plus, vraie canaille.
- Photo, mots et maux Pat Caza -
Et voilà Zoé, qui in extrémis, vient participer:
On peut dire que les livres sont le seul bien dont je ne saurais me séparer qu’en cas d’extrême nécessité.
Je me souviens de ce couple à qui j’avais prêté mon modeste studio dont je déménageais pour un espace légèrement plus confortable, au temps de mes premières armes dans la vie d’adulte. Un dépannage de quelques jours, en attendant qu’ils trouvent une solution plus pérenne.
Quand je suis venue récupérer la clé, je me suis aperçue avec horreur que la bibliothèque avait été vidée des vieux livres que le monsieur très gentil qui me louait mon meublé, rue des Ecouffes, m’avait confiés, et j’avais accepté avec reconnaissance. Cet homme, malade du cœur, tenait à monter les trois étages tous les mois pour percevoir, essoufflé, son loyer, sans doute pour le plaisir d’échanger avec une très jeune femme amoureuse de littérature. L’antique bibliothèque vitrée avait été vidée entièrement par les indélicats. Il et elle avaient décampé avant mon arrivée, laissant à l’abandon le lieu dans un état indescriptible et délesté de cette manne précieuse. J’ai appris, beaucoup plus tard, que le compagnon de la copine à qui j’avais fait confiance était une crapule minable qui avait vendu chez Gibert les bouquins pour se procurer son morceau de chichon.
J’étais malade de honte en entendant, dans l’escalier, les pas lourds de monpropriétaire avec qui j’avais noué une amitié entretenue par nos conversations mensuelles (j’ai occupé deux ans ces deux pièces minuscules).Je le savais déjà navré de me perdre comme locataire. Je craignais qu’il ne fasse une crise cardiaque. Finalement, c’est lui qui m’a consolée de la découverte que je venais de faire. Une amie pouvait vous trahir. En s’emparant, de plus, de livres qui avaient une faible valeur monétaire, mais une haute valeur affective. Il m’a assuré que cela n’avait pas l’importance que je donnais à la perte, même s’il comprenait ma déception.
Chez moi, les livres sont partout chez eux, dans mon bureau, dans ma chambre, dans une autre pièce encore et sur les tables … partout.
- Photos et texte Zoé Lucider -
Après avoir recueilli les photographies et les mots des uns et des autres, je me suis demandée ce que je pouvais bien ajouter à tout ce qui a été dit. Je suis vraiment très émue de voir comment chacun de nous vit les livres, se les approprie, en fait son voyage, sa liberté, sa quête, et puise en eux refuge, sens, amour et résonances. Ma bibliothèque est immense, toute une pièce lui est consacrée et ne suffit pas pourtant, elle déborde dans les pièces d'à côté, dans la cuisine, dans les toilettes, dans la chambre où sont pêle-mêle empilés les livres d'art, de psychologie, de poésie, des romans noirs, des romans fleuves, des romans d'amour, des correspondances. Sur mon bureau, dans mon sac à main. Les livres font partie de ma vie au quotidien. Pas un seul jour sans que je n'en ouvre un ou plusieurs. J'ai besoin de les avoir à portée de main. Pour l'amour des livres, je suis heureuse d'avoir pris cette initiative qui nous unit un peu plus encore. Un grand merci!


- Photos Helenablue -
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03/05/2013
Krikri, cuisine, art et marché aux poissons.
Comme nous étions cinq couples, JB avait suggéré qu'on fasse chacun notre tour par paire le dîner du soir. Il commenca le premier avec son chéri et nous concocta un dîner typiquement créole: petits boudins noirs pimentés, gigot d'agneau aux épices avec différents gratins dont le fameux de christophines achetés chez le boucher le matin, un autre de bananes plantains et un troisième de patates douces, les trois un vrai régal. En dessert un ananas frais coupé en fines tranches et un petit café pour ceux qui le voulaient. Nous étions Pat et moi de service pour le lendemain. Nous avions décidé de faire du poisson avec une petite sauce spéciale que le frère de Pat nous avait ramenée de Papeete, en entrée une salade de mangue aux crevettes et en dessert de l'ananas flambé pour changer de l'ananas frais goûté la veille. Tout ne s'est pas tout à fait passé comme on le voulait, en cuisine il faut parfois savoir innover. Les mangues n'étaient comme il aurait fallu qu'elles soient, trop filandreuses. Par chance nous avions des avocats, nous avons alors changé notre fusil d'épaule et préparé un mille-feuilles d'avocats, compote de mangue et crevettes éffilées.
Pour notre plat, il nous fallait du poisson. Au marché le matin, nous avions acheté les fruits et les légumes nécessaires mais le poisson a son marché à lui et jamais le Dimanche. J'y suis donc allée le lendemain, sans Pat, qui pendant ce temps passait son baptême de plongée. J'ai fait l'acquisition avec Maurice, un autre des convives qui m'a accompagnée et m'a conseillée, de belles tranches de dorade coryphène, un impressionnant et magnifique poisson caméleon qui peut changer radicalement de couleurs à quelques minutes d'intervalles. Dingue! Son corps peut passer du jaune brun au bleu, puis blanc, laissant apparaître de grosses pigmentations rouges, bleues, noires... Ses nageoires sont également très colorées, bleu à bleu vert pour la dorsale, jaune ou bleu à bleu vert pour l'anale. Tout un programme. Avec sa machette et le geste précis le pêcheur me l'a tronçonnée sous les yeux. J'ai pensé à en prendre quelques clichés.





J'avais le poisson. Il me fallait maintenant trouver tous les autres ingrédients et bizarrement sur une île tout se complique, pourtant gingembre, cives, sauce nuoc-mâm, citrons verts, ça ne devait pas être la mer à boire! Il a fallu faire plusieurs lieux, plusieurs adresses, et pour le coriandre indispensable à la recette, accepter de l'acheter surgelé. J'ai tout trouvé. JB m'a emmenée partout où il fallait, Maurice aussi de son côté pensait au repas qu'il voulait nous préparer: un colombo de poulet et un gratin d'agrumes. C'est comme ça que nous nous sommes retrouvés tous les deux chez le glacier, avec ses glaces justes divines et ses sorbets aux fruits frais! C'est ce que j'aime (entre autres) dans la cuisine, cette jubilation à trouver les produits et cette exigence à ce qu'ils soient de qualité. Une omelette aussi simple soit-elle est toujours meilleure avec des oeufs de poule élevées au grain!
Pendant toutes ces pérégrinations à trouver nos ingrédients, JB, lui pensait à sa déco. Il voulait absolument emplir ses murs blancs de dessins et tableaux et avait déjà pour se faire écumé les parages. Il est tombé sur une galerie incroyable sur la marina de St François, un passionné qui chine et collectionne depuis des années des toiles, des dessins, des fusains et qui crée lui-même quelques pièces, comme cette grosse dame "Botéroïsée", Niki de Saint Phalle locale, à l'entrée de sa galerie. C'est toujours sympa et régénérant de savoir et de voir que l'art se véhicule et se transmet, se partage et permet des rencontres différentes et enrichissantes.

Les midis, nous allions tous les dix nous régaler d'un poulet boucané ou d'une langouste sauce chien dans des lolos au bord des plages. Deux fois nous sommes allés à la case créole à krikri parceque c'est trop bon, parce ce petit bout de bonne femme dynamique est vraiment sympathique et parce que ses planteurs au jus de fruits frais sont un délice parfait et ses accras à tomber.


Ensuite nous laissions nos grands corps s'endormir sur la plage sous les cocotiers...
" Dé lè sé adan an bwèt zôdi ou ka trouvé an pyé lanbi."
- Proverbe créole -
De manière littérale : Il arrive que parfois l’on trouve du lambis dans une poubelle.
Signifie que bien que l’on soit dans une mauvais situation, quelque chose de bon peut en sortir.
Demain ou plus tard, je vous parlerai des Saintes, un endroit fantastique loin de tout, un petit paradis...
08:56 Publié dans art de vivre, cuisine, écriture, photographie, Voyage | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : photographie, écriture, cuisine, art de vivre, partage, humain voyage
02/05/2013
Drôle de rencontre
Extrait de journal:
- 27 Avril -
Ce matin, la lumière était à couper le souffle. Après un petit déjeuner copieux: ananas frais, melon, banane juste coupée en rondelles, fromage blanc 0%, thé vert de Chine, pain grillé, et différentes confitures toutes plus exotiques et plus déliceuses les unes que les autres, avec vue sur une mer d' huile bleue outremer, j'ai eu une envie irrépressible de plonger dans la piscine qui jouxte la grande terrasse blanche et grise face à une nature sauvage s'étendant jusqu'à l'eau. Sans même réfléchir ni mettre un doigt de pied pour tester la température, je plonge derechef dans le rectangle bleu et goûte avec bonheur la fraîcheur de l'eau du bassin.
Je nage tranquillement seule jouissant du calme et de la légère brise dehors et je me laisse aller, divinement bien. Tout d'un coup je sursaute. Je viens de me télescoper avec un objet non- identifié et visqueux. Je surmonte ma frayeur et me retourne et tombe nez à nez avec une bête pustullée, dans un dégradé de kaki et de brun, deux gros yeux globuleux et des pattes charnues. J'ai un frisson de dégoût qui me parcoure toute entière et je bondis hors de l'eau. Pouah!
Est-ce là, mon prince du jour, tentant de retrouver forme humaine?

07:17 Publié dans art de vivre, écriture, Voyage | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : voyage, écriture, rencontre, émotion, partage, humain
01/05/2013
Anse à la barque
Entre Sainte Anne et Saint François, l’Anse-à-la-Barque, mouillage anticyclonique, est un site magnifique. Je viens d'y vivre huit jours de rêve et j'ai vu la Guadeloupe comme je ne l'avais pas encore vue. Nous étions dix. Dix à investir la maison d'hôte d'un couple d'amis commun. Nous ne nous connaissions pas tous et le premier soir nous avons tout de suite pensé au dix petits nègres. Qui allait être le premier à passer à la trappe! La vue de la terrasse de cette maison blanche accrochée à la colline était juste sublime et changeante suivant les différentes lumières du jour. Nous prenions sur une grande table blanche, elle aussi, nos petits déjeuners festifs et pantragruéliques colorés par des grandes assiettes carrées de fruits frais. L'ambiance a toujours été bonne et joyeuse. Nous avions en commun, je crois, le désir que les choses se passent au mieux et aussi l'envie de passer du bon temps ensemble. Nous étions tous là pour nous détendre. L'air de la mer, la chaleur, la beauté des paysages, l'ambiance particulière qui se dégage de cette vie insulaire, le rythme qui change, le goût de se laisser faire et puis l'extrême gentillesse de nos hôtes ont donné le ton. Ce fut une semaine bleue à foison.
JB, notre hôte est un organisateur hors-pair. Il nous a concoté très vite un programme au poil pour nous faire découvrir les trésors du coin. Chaque jour a eu son lot d'émotions et de découvertes. Arrivés en fin de journée Samedi, nous étions déjà en pleine action le lendemain au coeur du marché local de St François. Quelle ambiance! Quittant un Nord froid et gris, se retrouver en si peu de temps plongée dans un tableau aux mille couleurs toutes plus vives les unes que les autres, au milieu de " Qu'est ce que tu veux doudou?" avec l'accent créole et des étals de fruits et légumes débordants d'exotisme est on ne peut plus stimulant pour l'esprit et l'imaginaire. Les petits boudins et les gratins de chistophines dans leurs barquettes alu chez le boucher-traiteur à l'angle de la place avec son affichette très drôle sur le paiement comptant, les dizaines de bouteilles de rhum arrangé rangées bien gentiment sur une toile cirée à l'entrée du marché (on les a tous goûtés), les carioles d'ananas frais, la marchande de fleurs qui fait rêver avec ces bouquets atypiques nous ont tous plongés dans l'ambiance et c'est en très peu de temps qu'on s'est tropicalisé!


Le temps est changeant sous les Tropiques, et souvent il tourne passant d'un soleil de plomb à une pluie diluvienne en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Les premiers jours furent plutôt couverts et mouillés avec quelques belles pointes de soleil fort, mais le tout premier jour ressemblait plutôt au temps qu'on a sur la côte bretonne, pas étonnant qu'ils soient si nombreux dans le coin: les bretons. D'ailleurs La Pointe des châteaux, péninsule située à l'extrême Est de l'île de Grande-Terre, à quelques kilométres de St François, large bande littorale balayée par des vents souvent violents, fait tout de suite penser à la Bretagne et ses falaises ventées. L'escalade de la "Grande-Croix" située au sommet de la Pointe des Châteaux offre une vue magnifique et c'est le souffle coupé qu'on a pu admirer de là-haut l'île de la Désirade éructant au large de l'océan et qu'on s'est donné des frayeurs en s'approchant du vide avec en bas une mer enragée se fracassant contre les rochers. Là nous est revenu nos dix petits nègres. Hé,hé, comme nous étions tous, c'était pas compliqué!


J'avais emmené plein de lectures mais je n'ai pas pu tout lire et n'ai ouvert et fini que deux de la dizaine de livres que j'avais emmenée. Lou, histoire d'une femme libre de Françoise Giroud (vous en reparlerai) et surtout Le démon de Selby Jr. qui m'a scotchée. Je n'avais pas été remuée à ce point par une écriture depuis celle de Christian Mistral avec son Valium et son Vautour. Pourtant j'avais déjà lu ce livre il ya plus de vingt ans mais n'en avais pas gardé de souvenir marquant. Il faut dire que je n'étais pas tout à fait la même non plus, que depuis j'ai changé et suis plus en contact avec moi-même que je ne l'étais. C'est un ami très cher qui me l'avait fait lire. Notre amitié particulière nous permettait à l'époque de beaucoup partager et de frissonner ensemble, puis nous nous sommes perdus de vue pendant plus de deux bonnes dizaines d'années et voilà que par les mystérieux hasards de la toile nous nous sommes retrouvés, notre relation intacte a pu reprendre tous ses droits. Il m'a re-parlé de ce livre qu'il m'avait prêté, j'ai eu envie de le re-lire et je n'ai pas été déçue, bien au contraire. J'ai été secouée. Ce vertige éblouissant d'un don Juan moderne, aux prises avec ses obsessions sur le seuil de l'enfer est un véritable chef-d'oeuvre. Lire un ouvrage de cette nature au milieu des cocotiers peut paraître incongru, je le reconnais. Je ne suis pas à une surréalité près!
Beaucoup de choses encore à raconter: Le marché aux poissons, les repas du soir, les Saintes, ma rencontre avec un prince charmant dans l'eau de la piscine, Caro, Kri-kri, le ti punch, la recette des bananes flambées du capitaine du bâteau, Françis, etc... J'en garde un peu pour demain et pour après-demain, le temps de distiller.
En attendant la suite, je vous souhaite à tous un excellent 1er Mai, et vous offre, plus couleur locale, une fleur d'hibiscus à la place du muguet...
10:26 Publié dans amitié, art de vivre, écriture, Voyage | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : voyage, guadeloupe, art de vivre, amitié, écriture, partage, humain
19/04/2013
Voyage

"Comme tout ce qui compte dans la vie, un beau voyage est une œuvre d'art : une création. De la plus humble à la plus haute, la création porte témoignage d'un créateur. Les pays ne sont que ce qu'il est. Ils varient avec ceux qui les parcourent."
- André Suarès -
Dans la nuit et dans le vent
Nous trouvons notre passage
À travers espace et temps
Rien jamais ne nous arrête
Et du soir jusqu'au matin
Chaque nuit est une fête
Et non pas un songe vain
09:29 Publié dans art de vivre, écriture, Livre, Voyage | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : art de vivre, voyage, écriture, pensée, échange, partage, amitié, livres, humain
17/04/2013
Rencontre

" Il n'y a rien de plus triste qu'une vie sans hasard."
- Honoré de Balzac -
08:58 Publié dans art de vivre, Blog, pensée du moment | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : pensée du moment, rencontre, échange, blog, écriture, émotion, partage, humain















