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19/05/2009

Jack Kerouac

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" Dimanche dans ma cabane... Cher John... couché à lire des haïkus et puis, debout pour aller prendre nu un bain avec éponges dans le jardin isolé et ensoleillé, seulement vu des daims s'ils regardent, ou par le cheval blanc qui a l'air vert dans l'ombre, ou par l'oiseau mouche, ce type heureux de Californie qui fredonne, ou par le rat dans ma cave qui a poussé des cris musicaux la nuit dernière quand il a cru que j'étais endormi. Ai passé de longues nuits plaisantes à dormir sous la lune brillante, dans une atmosphére sans vent parfaitement chaude, sur mon lit de paille entre le buisson des roses et la pente de la prairie, pensant au " Pourquoi?". Bien et pourrais-tu m'écrire une lettre, John, pour me dire pourquoi il y a cette existence apparente dont nous savons bien sûr qu'elle est une simple illusion, mais c'est une illusion significative susceptible de transmettre quelque chose de quelque façon dans une sorte d'accomplissement divin, sorte d'achévement infini quand nous atteignons la vitesse de la lumière et rejoignons la lumière constante et l'éternité d'or? Oui. Mais pourquoi n'est toujours pas expliqué et comment est un autre mystére. Je m'émerveille devant le calme des poétes de haïkus japonais qui se contentent de se réjouir du passage des jours et vivent dans ce qu'ils appellent des "huttes-à-ne-rien-faire", et sont tristes, puis gais, puis tristes, puis gais, comme les moineaux et les burros, et les écrivains américains nerveux."

-Jack Kerouac, lettre à John Clellon Holmes, 27 mai 1956-

 

 

for a long time