17/04/2009
Mon âme
Mon âme a la candeur d'une chose étiolée,
D'une neige de février...
Ah! retournons au seuil de l'Enfance en allée,
Viens-t-en prier...
Ma chère, joins tes doigts et pleure et rêve et prie,
Comme tu faisais autrefois
Lorsqu'en ma chambre, aux soirs, vers la Vierge fleurie
Montait ta voix.
Ah! la fatalité d'être une âme candide
En ce monde menteur, flétri, blasé, pervers,
D'avoir une âme ainsi qu'une neige aux hivers
Que jamais ne souilla la volupté sordide!
D'avoir l'âme pareille à de la mousseline
Que manie une soeur novice de couvent,
Ou comme un luth empli des musiques du vent
Qui chante et qui frémit le soir sur la colline!
D'avoir une âme douce et mystiquement tendre,
Et cependant, toujours, de tous les maux souffrir,
Dans le regret de vivre et l'effroi de mourir,
Et d'espérer, de croire... et de toujours attendre!
- Emile Nelligan -
03:06 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : emile nelligan, poésie, état d'âme, toile de spilliaert
Commentaires
;-)
j'a ime les mots associés de Nelligan à cette image tant re-connue
Écrit par : kalor | 17/04/2009
C'est quoi, l'image?
On dirait Isadora Duncan assise sur la Tour de Babel. C'est beau.
Écrit par : Christian Mistral | 17/04/2009
le vertige
Écrit par : laurence | 17/04/2009
L'image est une oeuvre de Spilliaert , " le vertige " :
http://www.vlamarlere.com/article-12992552-6.html
Oui, c'est beau.
Et l'association des deux est vraiment forte, pour moi.
Écrit par : helenablue | 17/04/2009
Merci, LadyBlue.
Écrit par : Christian Mistral | 17/04/2009
Le vertige de l'âme. Le frisson aussi. C'est ce qui nous attend ici en bout de nuit.
Écrit par : Venise | 18/04/2009
@ Christian Mistral : My pleasure.
Écrit par : LadyBlue | 18/04/2009
@ Venise : Le troublant frisson du vertige de l'âme... Toujours cet équilibre si fragile, et l'ivresse si proche. Le vent dans les voiles...
La vie, un voyage.
Voyage, jusqu'au bout de la nuit.
Écrit par : helenablue | 18/04/2009
au bout de la nuit noire
de la falaise noire
un éclair et le vent
dans la vague je serre les dents
accrochée au bateau
une mouette au sillage
de la coque frappant le désespoir du vent
et je serre les dents
comment oublier
comment ne pas penser te cacher
si la mort
venait à te trouver
elle glisserait lisse
d'abord sur mon visage avant de déferler
Écrit par : laurence | 18/04/2009
j'ai jamais été comme il dit. j'ai beau remonter loin...
une ame totalement candide.
en plus, je crois que ça s'est agravé avec le temps.
remarque, y'a aussi des peurs qu'on n'avait pas enfant, et qu'on retrouve pourtant chez l'adulte, générées par les mêmes choses, mais avec un regard plus rempli de terreur à leur égard. le contraire est aussi vrai.
Écrit par : jean-phicien | 25/04/2009
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