24/09/2008
camenbert , vache qui rit & co

Benjamin Rabier est reconnu comme l’un des ancêtres de la bande dessinée par le guide de la Bande Dessinée 2005 où il figure en bonne place mais nous le connaissons tous pour ses dessins de la baleine bleue, de la vache qui rit et de Gédéon le canard.

Benjamin Rabier est né officiellement le 30 décembre 1864 mais dans son autobiographie, il dit être né en 1869... à la Roche-sur-Yon. À l’âge de 5 ans, Benjamin Rabier et ses parents déménagent pour la capitale, la famille habitera tout d’abord les buttes Chaumont puis Vaugirard.


Le 1e décembre 1885, il part pour effectuer son service militaire où il sera affecté au 33ème régiment d'infanterie à Arras. Durant son service militaire il franchira les échelons pour finir sergent major. Il sera aussi, à la suite d‘un concours, chargé de la décoration de la salle d'honneur de son régiment. Lors d’un voyage à Paris où il devait copier des aquarelles de bataille, il rencontre alors Sabatier et Caran d'Ache.
À la fin de son service militaire prendra fin en 1889, il devient comptable et à ses heures perdues dessinateur pour les revues « Le gil Bas », « L’assiette au beurre » et « le chat noir » . Homme moderne et artiste aux multiples talents et facettes, il s’intéressa très vite à tout ce qui est à la mode et participera à tout ce qu’il se « fait ».
Il publiera son premier album en 1896 et à cette époque il collabore régulièrement aux publications Arthème Fayard pour les collections « Jeunesse Illustré» et « Les belles images ». Son premier ouvrage sera « Tintin-Lutin » écrit en collaboration avec Fred Isly et publié en 1898 par Félix Juven. Cet ouvrage sera le premier de la nouvelle carrière de Benjamin Rabier. A travers ses différents ouvrages pour les enfants, il mettra un terme au vieux préjugé qui enfermait à l’époque le monde animal dans la morosité. Il va donner à ses animaux les mêmes tares, vices, malices, cruautés, etc... que les hommes « C’est alors un véritable zoo pris de folie qu’il lâche dans ses histoires ».
Benjamin Rabier, conteur impitoyable et moraliste qui à travers ses « comédies humaines » des bêtes dénonce haut et fort la cruauté bien réelle malheureusement de l‘espèce humaine. En 1906, il effectuera un travail colossal en illustrant en 4 ou 6 images les 240 fables de Jean de la Fontaine.

Il collaborera aussi de 1890 à 1920 à plus d’une cinquantaine de journaux humoristes et satiriques et son style sera alors reconnaissable entre tous. Il s’affirme à l’époque définitivement comme un maître du dessin animalier qui lui vaut encore aujourd’hui d’être cité comme l’un des fondateurs de la bande dessinée.

En 1923, il créa le célèbre canard Gédéon dont il dessinera les aventures jusqu’à la fin de sa vie. Il fait apparaître pour la première fois la cohérence d’un décor toujours soigné où s’inscrit le cycle des saisons. Il y aura au total 16 album d’aventures de Gédéon qui ont été rééditée dans les années 90 par les éditions Hoëbeke. Benjamin Rabier assisté par Émile Colh a aussi réalisé des films d’animations mettant en scène son petit héros « Gédéon ».
Benjamin Rabier, que ce soit grâce à la vache qui rit, à Gédéon et à la baleine bleu de la célèbre marque de sel, restera toujours l’un des dessinateurs les plus connus du siècle dernier mais aussi l’un des plus présents dans notre vie quotidienne.

22:04 Publié dans Bande Dessinée | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : bd, art, dessin, cuisine
toute une vie bien ratée
Question de plomberie existentielle ( extrait) :
"Parfois j’en viens à me demander, non sans en nourrir quelque inquiétude, si à la place d’une cervelle que d’aucuns jugent déjà un peu évaporée, je n’aurais pas tout bonnement dans la tête une grosse boîte de camembert vide. C’est la question qui m’a agité dès le réveil ce matin et il m’a fallu ensuite, devant une telle éventualité, faire face toute une partie de la journée à une grande sauvagerie intérieure pour ne pas sombrer corps et biens dans le pire des désespoirs.
Alors tout d’un coup, pour faire contre-feu à la folie qui menaçait, je me suis, sans réfléchir une seconde de plus, affairé comme un beau diable à déboucher la cuvette des W.-C., depuis hier engorgée et de ce fait inutilisable. Grâce à Dieu, je vins à bout de la délicate besogne en quelques heures seulement et cela m’a un tantinet rassuré pour le restant de l’après-midi. Je me dis en effet qu’il fallait être ingénieux, ou pour le moins posséder deux sous de jugeote, pour parvenir ainsi à désengorger une cuvette de W.-C., et déjà, me tapotant le front de l’index et du majeur, je sentis soudain mon crâne sonner un peu moins creux. Bref, ça allait mieux.
Il y a des questions, comme ça, qu’on se pose à soi-même et qui souvent vous encombrent l’esprit comme un bouchon de matières fécales dans une cuvette de W.-C. ; comme un robinet qui s’obstine à fuir, sans raison apparente, mais seulement dans le dessein sordide de vous humilier et vous rendre fou pour toujours ……. Enfin, je ne sais pas, comment dire ?, il y a tout un tas de questions qui font partie de la plomberie existentielle ….."
Pierre Autin-Grenier ( Toute une vie bien ratée )
09:30 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (8)

