08/01/2010
Edvard Munch

En écho à la note d'Yvan sur cette célébre toile d'Edvard Munch,"Le Cri", je me suis souvenue de cette expo que j'avais vue à Paris il y a un bail déjà et qui à l'instar de Bacon m'avait fortement impressionnée, il y avait ce Cri que Terrible qualifie de punk, propos que je trouve assez juste tant l'expression en est palpable, d'ailleurs toute la recherche de Munch est parlante direct au coeur par sa force et sa densité.
Munch s'acharne à vouloir percer les mystères de l'âme humaine à partir des images qui le hantent depuis longtemps, son univers est totalement interiorisé, la contemplation de son oeuvre, hallucinée, conduit à opérer aux tréfonds de sa conscience une recherche du souvenir.

Enfant de la capitale, Edvard Munch est le fils d'un médecin militaire profondément religieux et peu argenté. Son oncle, P.A. Munch, est un historien réputé. Si l'ouverture à la culture a pu déclencher la vocation artistique d'Edvard, son environnement familial éminemment morbide l'a sans nul doute nourrie. Jugez-en. Sa mère, pourtant de vingt ans la cadette de son mari, meurt alors qu'Edvard n'a que cinq ans. Sa soeur aînée, quinze ans à peine, est emportée par la tuberculose. Sa soeur cadette est diagnostiquée "mélancolique". Son frère Andreas sera le seul des cinq enfants à se marier... pour décéder quelques mois après la cérémonie.Il est la plus parfaite incarnation d'un expressionisme opressant dominé par une tension psychologique portée à son paroxysme. Ses thémes: sexualité, religion, mort, sa technique violente, sa palpitante humanité, tout dans son art oblige le spectateur à s'adapter à un univers très personnel, non seulement plastique mais moral. Cette spécificité d'un univers est aussi le propre d'Ensor en expo au grand Palais actuellement, avec ses masques coquillages squelettes attributs d'une vision tragi-comique de la vie. |


Proche par sa culture, de la philosophie de Schopenhauer et surtout de Nietzsche dont le pessimisme radical la profondément influencé il entreprend une série de tableaux qui traduisent ses obsessions. Le thème de la mort rode omniprésent; il exprime l'idée que l'humanité et la nature sont inexorablement unies dans le cycle de la vie, de la mort et de la renaissance. Stéphane Mallarmé voyait parmi la nuit hantée de fantômes espiégles, de rêves fantasques des jardins qui ressemblaient à ceux qu la malice des enchanteurs construisent d'un coup de baguette magique. Il est dans la pure tradition symboliste.


" Un soir, je marchais le long d'un chemin. j'étais fatigué, malade. Je me suis arrété pour regarder le fjord: le soleil se couchait et les nuages étaient rouges,comme du sang. j'ai senti passer un cri dans la nature; il m'a semblé que je pouvais entendre le cri. J'ai peint ce tableau, peint les nuages comme du véritable sang, les couleurs hurlaient."
- Edvard Munch -

Mon âme vers ton front où rêve, ô calme soeur,
Un automne jonché de taches de rousseur
Et vers le ciel errant de ton oeil angélique
Monte, comme dans un jardin mélancolique,
Fidèle, un blanc jet d'eau soupire vers l'Azur!
- Vers l'Azur attendri d'Octobre pâle et pur
Qui mire aux grands bassins sa langueur infinie
Et laisse, sur l'eau morte où la fauve agonie
Des feuilles erre au vent et creuse un froid sillon,
Se traîner le soleil jaune d'un long rayon.
- Soupir - Stéphane Mallarmé -


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