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08/11/2008

l'art de naviguer dans les torrents

 

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vilaincanard.jpgLe concept de " résilience " développé par Boris Cyrulnik est contreversé , acceptable et vécu par certain et complétement inadmissible par d'autres ; ce ressort intime face aux coups de l'existence , il en parle comme un maillage , l'individu qui a vécu un traumatisme conséquent dans son enfance" retricote" avec une laine affective et sociale sa vie , une image kinesthésique qui exprime le temps qui passe et le geste qui le poursuit pour le fixer , le symbole du temps , somme toute .

A l'origine , le terme de résilience est un terme utilisé en physique pour désigner la résistance aux chocs d'un métal . Par extension , on a adopté ce terme pour désigner, dans divers domaines , l'aptitude à rebondir ou à subir des chocs sans être détruit . En psychologie, on s'en sert pour désigner la capacité à refaire une vie et de s'épanouir en surmontant un choc traumatique grave.

 

 

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images-1.jpegNéanmoins , comme en parle trés bien Serge Tisseron , il faut être prudent avec ce concept de résilience : qu'est ce qu'être résilient ? à quel prix les résilients paient-ils leur parcours? Quid de ceux qui ne surmontent pas ce qui occasionne leur plaies psychiques ?

le piége ultime serait de considérer la "résilience " comme une compétence , alors qu'advient-ils à ceux qui ne sont pas considérés comme tels ?

 

 

 

alors qu'en est-il de tout cela ...

c'est lors d'une discussion par blogue interposé avec Sandra Gordon que je me suis décidée à parler de ce que le monde des psy , agents sociaux , medecins  considérent me concernant comme un prodigieux exemple de résilience ...et j'en été moi même convaincue , et ce jusqu'à peu , mais suite à une série d'événements qui m'ont plongés à nouveau dans les abysses de la terreur et de l'angoisse , voilà que l'on m'annonce que je fais une dérésilience ... le choc ! moi qui me suis battue et qui est mis tant de mon énergie pour m'en sortir, voilà que tout perdait son sens.

La résilience m'est apparu alors comme la vie elle-même , ce n'est pas acquis , ce n'est pas certain , c'est un concept , dont je peux témoigner de la réalité ; si l'on admet qu'être résilient c'est arriver à construire une vie de femme , de mére de famille , d'amour et de relations affectives autour de soi alors que l'on a eu une enfance bafouée , écrasée et non-respectée ; si être résilient , c'est arriver à profiter de son corps , ressentir du plaisir , s'épanouir , alors que votre corps a été maltraité et utilisé ; si être résilient c'est arriver à exprimer tout cela au bout de plusieurs années sans s'évanouir , hurler de souffrance ou somatiser , et si enfin être résilient c'est arriver à offrir ce que vous n'avez jamais reçu : écoute , respect , tolérance , valorisation , amour .... alors oui , je suis une résiliente ...

 

néanmoins je m'interroge , ne suis-je pas tout simplement vivante !

 

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 Peu importe finalement , esentiellement , ce dont l'individu a besoin pour se développer c'est de nourritures affectives . Et c'est le rôle des adultes de nourrir les plus jeunes d'abord , aider les enfants à se construire un capital psychique qui leur permettra de façonner leur résilience ou maniére de construire leur existence ou édifier leur personnalité pour qu'ils puissent trouver les ressources intérieures et extérieures le moment venu .

Ensuite , c'est sûr , nous avons tous besoin d'être reconnu , entendu , respecté , aimé .... c'est nécésaire pour notre bon fonctionnement ! Alors si un homme comme Boris Cyrulnik , et d'autre d'ailleurs , il est loin d'être le seul , permet de faire prendre conscience au plus grand nombre de cette nécéssité , je trouve cela bien ...

 

Vous savez , c'est loin d'être facile d'avoir été une enfant maltraitée , on se sent comme marqué aux fers , et pas tout à fait comme les autres . Et puis devenue adulte ce sentiment reste trés vivace , c'est assez difficile finalement de s'ouvrir et de se permettre d'être soi-même , on a toujours l'impression que l'on va déborder du cadre , que l'on peut choquer par ses propos , ou ses comportements , et cela prend beaucoup de temps pour s'accepter telle que l'on est , il ne peut en être autrement , ce que l'on a vécu est inscrit en nous , nous façonne ... peut-être est-ce aussi l'ambiguïté de ce terme de résilience , on ne résilie pas au fond , on aménage , on transcende , on crée ...

 

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Quand cette note va arriver ici , je serais partie , loin de mon ordinateur , sans doute cela a-t-il un sens pour moi ...mais je souhaite vraiment finir cette petite approche en vous disant que l'on peut s'en sortir , je veux dire sortir du pire , pour peu que l'on fasse de bonnes rencontres , qu'on se mette en situation de les faire .... comme celles que je fais ici .

Je voulais vous remercier de votre générosité et de vos attentions , de votre liberté de parole et de sentiments , de votre humour et de vous .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

17:37 Publié dans psycho | Lien permanent | Commentaires (58)

Eurostar

 

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absente quelques jours , partie pour Londres , tunnel sous la manche ...

 

si la mer ne m'a pas engloutie , serais de retour bientôt !!

bon week-end à vous !!

kisses

helena

 

08:21 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : londres, eurostar, tunnel, voyage

06/11/2008

correspondance

J'ai toujours été sensible à la correspondance ; il fut un temps ou j'entrenais des relations épistolaires avec un ou deux amis et quelques autres que je connaissais moins , et j'aimais écrire ces lettres ; et recevoir en retour les mots , état d'âme et réflexions de mes correspondants . Maintenant , la maniére de communiquer bouge , exige une plus rapide interactivité par mail ou sms , et  même si cela me plait aussi , je reste nostalgique de cette période des lettres apportées par le facteur ou jetées fébrilement parfois dans la boîte , les détails qui entouraient ce petit bonheur , le choix du papier , bleu déjà à l'époque , une certaine constance ! et la plume , l'encre , le timbre , tout avait son importance ; je parfumais toujours mes missives suite à la demande de l'homme de ma vie qui me l'avait suggéré , j'ai continué longtemps , comme une maniére de s'annoncer autrement que par les mots couchés sur le papier ...

 

(merci à Christiane et à Jalel et à tous les poètes qui nous enchantent de leur mots)

 

 

flaubert-correspondance.jpgJ'ai lu beaucoup de correspondances aussi : les lettres de van Gogh à son frére Théo  et aussi

 

  la correspondance de Flaubert (surtout les lettres à Louise Colet ), un exemple ici et d'autres encore , une m'a plus marquée que les autres , celle de Marina Tsvetaeva et Boris Pasternak :

 

 

 

 

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La vie et l’œuvre de Marina Tsvetaeva et de Boris Pasternak, comme toute la vie et l’œuvre des écrivains et peintres russes de cette époque, sont intimement liées à l’histoire de la Russie. Pasternak sera quand même obligé, sous la pression, dans la haine et le rejet qu’il supportera, de refuser le Prix Nobel de littérature et Tsvetaeva contrainte à l’exil des années durant pour finalement rentrer, être exilée en son pays et s’y suicider, crevant de faim et de solitude. 



9782845451117.gifIl s’agit d’un livre exceptionnel , un brûlot de vie, d’amour et de travail poétique.

Mouvement ascendant, hyperbole qui tiendra, tendra, des années durant, cette Correspondance révèle deux êtres au sommet de leur art, de leur pensée et de leurs sentiments. Ils se sont croisés en 1918 et se rencontreront vraiment en 1922. C’est Tsvetaeva bien sûr, qui « démarre » en trombe, et ça n’est nullement péjoratif de le formuler ainsi, elle a toujours été la première et elle le sera jusqu’au bout, pointant à Pasternak le commencement comme la fin de l’amour, elle a toujours préféré la vérité, quel qu’en soit le prix. 
La traduction a rendu à chacun sa voix d’origine, le phrasé constamment interrompu, interjecté si je puis dire, de Tsvetaeva (tirets, points d’exclamation, notes dans la marge mais aussi copies, brouillons etc.), et les longues phrases de Pasternak. 
Cette correspondance révèle aussi la difficulté des poètes avec la « vraie vie » et leur préférence pour la distance qu’impose la correspondance, qui permet aussi la réflexion et la projection. 
Ces deux-là se comprennent sans être les mêmes. Ce n’est pas un amour charnel, Pasternak vit avec une femme qu’il aime, Tsvetaeva n’a que peu d’intérêt pour la chair : 

Je ne comprends pas la chair en tant que telle, je ne lui reconnais aucun droit – surtout pas un droit de voix que je n’ai pas entendue.

…elle qui pourtant aura connu de très nombreuses amours. 
Si l’on compare cette correspondance avec celle qu’a entretenue Pasternak avec Evguenia, sa femme, cette dernière est d’une toute autre nature, profondément charnelle et amoureuse. Ce n’est pas le cas ici. 

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Douze années toutefois à espérer une rencontre qui n’aura pas lieu, ou tout à la fin, en 1935, au milieu d’autres gens, et au cours de laquelle Pasternak ne consacrera même pas une entrevue individuelle à Tsvetaeva, ce qu’elle relèvera sans autre commentaire. 
Désir ambivalent, rencontre toujours compromise et remise : 

La vie ne me donnera pas ça : vous à mes côtés. ( MT )

Marina, mon amie à l’âme sans fond, chaudière voisine de la mienne, logée à la même vapeur, dis-moi « vous », je t’en supplie, il ne faut pas que nous explosions. (BP )

Lorsque le 20 Avril 1926 Pasternak parle à Tsvetaeva d’une rencontre, il lui propose cette chose merveilleuse : se voir tout de suite oudans un an :

Je vais te poser une question sans aucune explication de mon côté … Dois-je venir te voir maintenant ou dans un an ? … je n’ai pas le courage d’opter pour la seconde solution… … si tu retiens la seconde date, voilà ce qui s’ensuivra 1) pendant cette année je travaillerai avec toute l’intensité possible … une année, c’est une mesure, je la respecterai …
. … Ne te laisse pas envahir par le romantisme qui vit en toi. …
… fais un tour d’horizon et saisis le point de départ de ta réponse dans cet horizon et non dans ton désir de me voir. … je vais laisser mon travail pour te voir tout de suite…


Bref il ne sait plus où il en est, lui demande de décider, oriente la réponse dans un sens ou l’autre, lui-même partagé entre le désir de la voir et la conscience de ce que cette année serait en termes de travail et d’élévation des êtres. C’est entre eux un amour sublimé qui –et ils le savent – leur sert uniquement à devenir de meilleurs poètes. 

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Réponse de MT, vers le 28 avril 1926, précédée d’aucune formule, la lettre commence ainsi : 

dans un an. 

Tu es l’orage qui ne fait que se préparer. 
Pas maintenant ! 
Et c’est moi qui le dis, moi qui entre toujours la première, qui réponds la première, qui tends la première, qui ploie la première, qui me redresse la première. 

Le bonheur ne doit pas nous tomber dessus. Comme toi je suis un éclair de longue haleine. Vis ton jour, écris, ne compte pas les jours, compte les lignes écrites. Je t’aime sereinement, souverainement. Tu vois, je ne t’écris même plus de poèmes à l’heure actuelle – ne pas se rendre fou, ne pas provoquer (mot manquant), ne pas éclipser les distances, ne pas te camper au milieu de la pièce, ne pas convoquer ton âme. »
A quoi il répond : 

Car ce n’est pas une histoire d’amour humaine, ce sont des secousses de deux univers, qui savent et qui se touchent, réunis justement par la force de cette parenté sismique.  


Et elle conclut, en quelque sorte : 

… parfois je rêve que notre rencontre soit déjà derrière nous afin qu’elle soit déjà en marche, qu’elle dure… 
Qu’en dire d’autre?... 

Ils se lisent aussi, passionnément : 

Chaque poète a son lecteur unique, et votre lecteur, c’est moi. (MT) 

boris_pasternak.jpgPasternak place Tsvetaeva très haut, à part, incomparable aux autres poètes de son époque : « Tu construis ta physique »  lui écrit-il, conscient de l’élaboration de l’œuvre à laquelle il assiste. Il lui écrit aussi : « Ne m’écris pas, travaille » . 
Chacun parle beaucoup à l’autre de son propre travail, longuement, s’affirmant plutôt que s’interrogeant. 

Les motivations de chacun ne sont pas les mêmes, Pasternak cherche à s’inscrire dans l’Histoire, Tsvetaeva est en quelque sorte contre l’Histoire, dans le « soi ». Peu d’allusions à la politique, sauf pour souligner qu’elle en a retenu « la honte du bien possédé et la honte du bonheur », sauf que la politique est dans l’exil même de Tsvetavea, dans le manque d’argent et les difficultés matérielles pour les deux, en France ou en Russie. Ils mourront dans leur pays, lui retiré, silencieux après l’affaire du Nobel, elle reléguée au fond d’une province inhospitalière. 

Cette correspondance de travail ouvre aussi sur une poétique : 


Ce qu’on peut faire, on ne doit plus le faire. Point. Là, je peux tout. (MT) 

C’est exactement la tâche de la poésie. 
Car les paroles sur les poèmes ne sont d’aucun secours, l’essentiel, ce sont – les poèmes. 

 

 

les mots

 

        

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" c'est effrayant de penser qu'il y ait tant de choses qui se font et se défont avec des mots ; ils sont tellement éloignés de nous , enfermés dans l'éternel à- peu-prés de leur existence secondaire , indifférents à nos extrémes besoins; ils reculent au moment où nous les saisissons, ils ont leur vie à eux et nous la notre "

Rainer Maria Rilke

 

03:44 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (38) | Tags : rilke, poésie, écriture, art

05/11/2008

changer !

 

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proverbe africain

 

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   " on entend l'arbre qui tombe , pas la forêt qui pousse "

 

 

 

04/11/2008

Anna Magnani



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( portrait de Richard Avedon )

 

 

Magnifique actrice , un grand charisme et beaucoup d'humanité , voilà ce qui caractérise Anna Magnani

 

née le 7 mars 1908 à Rome, province du Latium, Italie, décédée le 26 septembre 1973 à Rome à l'âge de 65 ans.

Fille naturelle, abandonnée par sa mère, elle est élevée chichement par sa grand-mère maternelle à Rome, et fit son éducation dans un couvent.


Elle commence sa carrière artistique en chantant dans des cabarets et des night-clubs avant d'intégrer l'Académie d'art dramatique de Rome. Commencent ensuite des tournées à travers le pays avec des compagnies théâtrales à répertoire minimal.

Ses débuts au cinéma ont lieu en 1927 avec un petit rôle dans un film muet, Scampolo, suivi d'un rôle de premier plan dans La Prisonnière des ténèbres (La Cieca di Sorrento) de Nunzio Malasomma en 1934.
En 1935, elle épouse Goffredo Alessandrini qui la fit jouer dans La Cavalerie héroïque (Cavalleria) en 1936. Leur union dura peu de temps et le mariage fut annulé en 1950.

Elle devint une actrice connue avec le rôle qu'elle eut en 1941 dans Mademoiselle Vendredi (Teresa Venerdi), réalisé par Vittorio De Sica. Sa véritable percée et sa réputation mondiale se firent avec Roberto Rossellini dans le film Rome, ville ouverte (Roma, città aperta) en 1945, généralement considéré comme le premier film néoréaliste commercial de l'après-guerre.

Dès lors, elle ne cessa de travailler pour le cinéma et la télévision, recevant un Oscar de la meilleur actrice pour sa performance dans la version cinématographique de La Rose tatouée (The Rose Tattoo) de Daniel Mann d'après la pièce de Tennessee Williams (Williams et elle étaient des amis proches), et travaillant avec les plus importants réalisateurs italiens durant les années 1950, 1960 et 1970.

Elle était réputée pour ses rôles de femme plébéienne, rude et passionnée. Elle eut une liaison avec Roberto Rossellini entre la réalisation de Rome, ville ouverte et sa rencontre à scandale avec Ingrid Bergman. Anna eut un enfant naturel avec un acteur italien, un garçon qui fut victime de la poliomyélite, et elle consacra sa vie à prendre soin de lui.

Le dernier film dans lequel elle joua fut Fellini Roma, en 1972. Elle mourut l'année suivante, à Rome, d'un cancer du pancréas. 


06:22 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (37)

03/11/2008

fou !

 

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     «  L’unique différence entre un fou et moi, c’est que moi je ne suis pas fou . »

          

                                                                               Salvador Dali

 

Happy Birthday to You


07:56 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (32)

I will survive


pour mes amis de l'autre côté du monde *, par delà les océans ...

pour ceux , plus proches ...

 

vu chez Zanomi , Musica Nuda " I Will Survive "

 

* merci de vos attentions , mots ( Sandra , elle assure ! ) , humour ( celui de Christian Mistral décoiffe) , humeurs , dessin ( une attention particuliére à gaétan B.) , soutien et tendresse ( Yvan le terrible , y a pas mieux ! ) ... et un grand merci à Inukshuk qui m'a ouvert la voie ...