10/09/2010
de vous à moi
Je suis là à écrire des choses insensées, des choses difficiles, des choses personelles et parfois si intimes. Là sur mes feuilles de papier, volantes... Et j'ai senti comme une sorte d'osmose qui me pousse me galvanise me transporte, une espèce d'énergie d'un genre particulier entre vous et moi! Là, au moment ou je pose des mots sur les choses, les choses de ma vie, ce petit lien infime et si particulier si vrai si ténu si présent m'encourage, m'entraîne, presque me donne des ailes, d'ange et de rapace, suis les deux à la fois. On ne nage pas en eaux troubles sans armure, aussi bizarre que celà puisse paraître, aussi antinomique, c'est finalement proche de l'homme sur la lune, il semble danser allégé funambule alors qu'il est lesté, juste en apesanteur, tout comme je me sens là... avec vous.
17:16 Publié dans correspondance | Lien permanent | Commentaires (22) | Tags : état d'âme, relation, échange, énergie, écriture, amitiés, humain
coup de boule
Elle n'ose pas, ne sais pas, n'imagine même pas cela possible; toute sa vie elle s'est consacrée aux autres, à les motiver, à leur donner force et courage et foi aussi. Toute sa vie, elle n'a jamais voulu peiner, faire souffrir, créer un conflit, dire un mot plus haut que l'autre. Elle a toujours pris sur elle et elle le fait encore.
Pourtant, là, elle est dans la tourmente, elle a besoin de déployer ses ailes et d'exister pour elle, de ne penser qu'à elle, de se retrouver et ça bouscule drôlement l'échiquier de sa vie, le "non" ne faisant pas partie de son dictionnaire n'ayant jamais jusqu'à présent qu'utilisé le oui mais toujours pour lui et toujours pour lui plaire, comment introduire dans son vocabulaire ce mot qu'elle ne prononce que tout bas dans ses rêves les plus intimes, comment apprendre à se défendre quand on s'est toujours tu, comment faire entendre sa réalité sa vérité son identité quand on s'est vécu toujours en demi-teinte?
Il est des coups de boule bien salvateurs parfois, suffit de commencer et d'oser se permettre même si les mots eux, les attitudes, les manières de dire sont toujours de meilleurs alliés que les gestes violents que ces gestes réflexes d'auto-défense qui en disent pourtant longs sur cette part d'intègre et d'inaliénable que l'on porte tous en soi.
L'important est de s'aimer, de prendre confiance, d'être en accord avec soi-même et avec ce qui compte pour soi au plus profond, l'important c'est d'oser, une vie ça passe si vite! Bien légitime au fond de faire quelques embardées, tout aussi légitime de tracer sa route, sa route à soi, celle d'une femme libre, sereine et épanouie.
13:04 Publié dans art de vivre | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : art de vivre, pensée du moment, femme, relation, vie, état d'âme, humain, amitié
08/09/2010
La sphinxogenèse bleue

Le groom céleste, qui la conduisit
Jusqu'au fil tranchant du funambule,
La tenait, encore graine, dans la paume de sa main.
Lui seul avait chronométré ce jour des hautes conjonctions,
Quand les autres étaient tapis,
Derrière leurs verrous, tout grelottants!
Il criait, en voyant la canne du danseur aveugle
Déchirer l'abîme de l'éclipse:
"Solalune! Solalune! Solalune!"
Quartiers ouverts aux orbes des germinations!
Et la canne d'enfanter ses courbes,
Dans la posture de tant d'éveils.
Princesse bleue, dansez-moi votre inchoative venue!
Ô quenouilles des rencontres!
Tramez de désir,
Chantez à loisir
Cette sphinxogenèse si féline!
C'est d'elle la grande fêlure,
Passage bleu-gris
De constellations habitant leurs maisons,
Aux lancers de nos tarots.
Vole cri, vole,
Jusqu'aux cimes,
Pour la dire,
Cette semence
Ivre de rosée
Qui se souvient de son âme phréatique!
Elle glissera sur les arbres,
Comme un duvet d'épi solaire.
"Elle naît, elle naît!" dirent les bardes.
Clameurs d'élans libres.
Ils l'annoncèrent,
S'offrant dans le parfum
Qui, à jamais, la dessine
Avec cette canne accordéon ouverte en horizons.
Sa danse ailée
Lui rappelait le galop des glaçons
Dans son verre ivre
Du martèlement des gouttes de pluie
Sur le clavier des arbres souriant
En tourbillons feuillus.
Ils l'accueillaient, ELLE,
Se continuant en élytres
De feux d'être,
En élytres de larmes
Eclairant l'eucalyptus de la gare,
Jusqu'au point où la valise du départ
Se posa en bris qui séparent,
En sanglots de mouchoirs
Là où, torride, le vent la reçoit encore,
Sous les toits abandonnés, depuis bien des saxifrages.
Ah! sabliers de mes douleurs,
Tailles de mes silex érigés
En sarments calligraphes!
Récitez-lui vos serments
Pour qu'elle surgisse et revienne de ses mots morts,
Fille bleue grisée d'éclipses!
- Mokhtar El Amraoui -
08:49 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (29) | Tags : poésie, mokhtar el amraoui, beauté, émotion, art, bleu, partage, rencontre, humain
07/09/2010
7 Septembre 2010

- Sandra Gordon par Martine Doyon -
Même de loin, je partage son angoisse, sa joie aussi sans doute et sa fierté! Aujourd'hui ça n'est pas un jour comme les autres, c'est la rentrée, la rentrée littéraire de la maison d'édition qui lui ouvre la voie, la voie qu'elle trace depuis toute petite ayant dès son plus jeune âge inventé et écrit des tas de petites histoires, des pièces de théâtre, des paroles de chanson et plus tard des nouvelles. Alors là, au milieu d'une flopée d'écrivains installés et reconnus, je ne les connais pas tous, il y a du beau monde, elle est dans la liste à sa place alphabétique et ça m'a fait chaud au coeur quand je l'ai trouvé là, avant Nancy Huston...
"... Les livres sont la source la plus vive d'émois, de compréhension des êtres, de consolation lorsqu'ils vous trompent, d'espérance lorsque vous les aimez, de rigueur lorsque vous devez oublier. "
- Jean Ethier-Blais, Dictionnaire de moi-même -
La maison Lémeac a le plaisir de vous inviter au cocktail de sa rentrée littéraire 2010, le mardi 7 septembre à 17 heures, Montréal
Evidemment, je ne peux pas y être de chair, pour des raisons économiques et logistiques essentiellement et je le déplore, je le déplore vraiment, car il y a des événements dans une vie qu'on se doit de vivre, je trouve, et celui-là en est un.
Sandra Gordon, en plus d'avoir bigrement du talent, une belle sensibilité, un humour décapant et une présence intense dans son écriture truculente à souhait vivante et émouvante, est devenue au fil du temps qui passe une véritable amie en plus d'être comme dirait Christian Mistral, chef de notre tribu, notre Sandy génie! Sa cour à Scrap vaut vraiment le détour, il s'en est passé là-bas au cours des mois passés, et je ne fais aucun souci quant à l'imaginaire qu'elle a dû déployé avec son style bien à elle dans ce premier roman.
Alors, pour elle, pour mes amis la-bas qui y seront sans doute, et pour toute la tribu, j'aurais bien volontiers pris le premier avion pour partager ensemble ce moment historique. Bon, ce n'est, que partie remise, je suppose et l'espère, elle ne s'arrêtera pas en si bon chemin et elle me donnera, c'est certain, une nouvelle occasion de la prendre dans mes bras et de la congratuler. En attendant d'avoir en mains les fameux corpuscules, je vous invite à lire la quatrième de couverture et puis un court extrait là, histoire de vous mettre en bouche:
" Pneus usagés, véhicule d'occasion, antirouille et transmission, crémaillères et pompe à eau, débosselage-peinture, installation et balancement, Jacquot-to, le roi des pièces usagées, achat de voiture pour la feraille, alignement électronique, changement d'huile express, mise au point, entretien et réusinage. Sans rendez-vous. Pour mieux vous servir.
Lucie venait de trouver son salut au sortir de la route 117, dans un garage flanqué aux abords de la ville de Saint-Jovite. Une fumée dense s'échappait du capot depuis une dizaine de minutes. Elle éteignit le moteur et se dirigea vers son sauveteur qui, la chienne aux hanches, se frottait les mains enduites d'une substance verte et gélatineuse.
- Ce sera pas avant demain, pauvre fille. "
- Sandra Gordon -
Quatrième de couverture:
Lucie, malmenée par son ami Geoffroy, plaque tout, quitte la ville et roule jusqu'à ce que sa voiture tombe en panne. Elle échoue dans un petit village des Laurentides et y rencontre une faune locale avec ses habitudes qu'elle mettra un certain temps à apprivoiser. Grande lectrice de l'écrivain Korsakoff, elle le rencontrera par hasard alors que le romancier, alcoolique fini, fait le tour des bibliothèques municipales de la région pour y dérober les exemplaires de ses livres et les brûler en plein air, dans une sorte de fournaise expiatoire. Mais l'écrivain cache un secret que Lucie finira par découvrir tandis que son passé la rattrape.
Les corpuscules de Krause est l'enfant naturel qui serait né des semences de Réjean Ducharme et Charles Bukowski pendant le tournage d'une comédie de situation. Lecteurs politiquement corrects, abstenez-vous.
Sandra Gordon est née en 1979 et vit à Montréal. Elle tient sur Internet, depuis quelques années, un blogue intitulé La cour à scrap. Les corpuscules de Krause est son premier roman.
- Jean Barbe, éditeur © Leméac Éditeur
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Moi, ça m'arrache s'tie, Sandy, je te l'dis tout de go, de ne pouvoir en être, surtout que je sais que là, sans rire tu vas avoir ton voyage, câlice, bon, t'inquiètes! C'est bien d'aller jusqu'au boutte du chemin, jusqu'au boutte de sa nuit, de ses espérances, de ses rêves, de ses réjouissances! Enjoy, my dear, enjoy mon amie, mon coeur est avec tisote, tout entier, tout à toi!
Blue
PS: Dans un dernier sursaut, disons, de folie douce, tsé bien que j'en ai en masse, j'ai zieuter les horaires, bon! (tousse,tousse) Si je prends l'avion au départ de Paris à 16h10, ça veut dire TGV de 13h de Lille, c'est bon malgré la grève aujourd'hui à la SNCF il est maintenu, j'peux être alors à Montréal YUL à 17h30, là je saute dans un taxi direct le p'tit Moulinsart, je te vois rayonnante au milieu de tes pairs, superbe! Je suis toute en foufelle de croiser enfin quelques amis québécois, je verse une larme, et bois à ta santé, cheers! J'en profite pour remercier Johnny B; de son invitation, d'embrasser Black Angel et sa douce soie Emcée, peut-être de jaser avec Kevin et poser mes foufounes un instant avec vous tous, magique!! et puis une fois de plus je te fais un bec et je me sauve telle un elfe, 22h45 YUL de nouveau, arrivée demain CDG 11h30 heure locale, juste à temps pour mon rendez-vous chez Vivienne Westwood à 12h15, ça peut encore le faire! Bon Dieu qu'est ce que j'vais me mettre, j'peux quand même pas arriver attifée comme la chienne à Jacques!! Hé,hé,hé...
07:50 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : sandra gordon, les corpuscules de krause, maison léméac, montréal, québec, christian mistral, partage, livre, amitié, humain

