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07/09/2013

D'un pont à l'autre

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Ca m'a prise d'un coup. Il faisait beau, très beau, chaud, très chaud ce jour là à Paris. Tout invitait au voyage et à la rêverie. J'étais bien, heureuse, légère. Quand j'ai vu le Seine, j'ai été transportée. Plus qu'à l'ordinaire. Je me suis souvenue que j'avais toujours voulu et que je n'avais jamais fait. Alors je me suis lancée, j'ai pris mon billet, pour une heure de croisière, sous les ponts de la grande cité. Pont de la Concorde, pont Alexandre III, pont de l'Alma, pont des Arts, pont de Bir-Hakeim, autre réalisation de Gustave Eiffel, pont de l'Archevêché, le plus bas de Paris, pont de Sully, pont Neuf, pont Marie qui passe pour être le plus romantique. Est-ce sous celui-ci qu'il est de tradition de faire un voeu dans un baiser pour que la chose se réalise ? En tout cas, pour moi, le voeu de couler quelques moments paisibles sur la Seine en bateau est bel et bien réalisé. Beauté.

 

En vie

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- Exposition Reza, berges de Seine -

 

" On circule, on avance. Vers quoi, vers qui se dirige-t-on ? Le bout de la promenade ? La fin de journée ? Peut-être le repas du soir, le film du dimanche à la télévision, la tiédeur su sommeil... Demain, de quoi sera-t-il fait ? Et plus tard, qu'est-ce que ça veut dire ? A quoi cette vie tient-elle ? Un battement de montre contre le poignet ? Des espoirs, des projets, des désirs ? Quoi au juste ? Du bonheur ? Connaît-on la recette ? Retourner sur la promenade ? Manger d'autres glaces à la fraise ? Regarder courir les enfants ? C'est quoi, demain ? C'était quoi, hier ? Nos visages un peu dans le vent ? Quelque chose qui n'est pas encore arrivé ? Une escale ? Un oubli ?

On circule toujours, on avance. On se pose sur un banc, comme font les oiseaux sur les branches. Il semble qu'on ne souffre pas, mais parfois qu'on s'ennuie un peu. Comme si l'on attendait que quelque chose se passe, comme si l'on espérait davantage. Heureusement c'est l'été; il fait doux. On tiendra bien ainsi jour après jour, jusqu'à l'hiver. On a des provisions en soi. De quoi, au juste, on ne sait pas. On s'alimente par les yeux, les heures, les pas. L'important, se dit-on, est de subsister sans chagrins. Ailleurs, c'est guerre, tueries, famine... De pleines charrettes de misère."

- Jean-Michel Maulpoix - Une histoire de bleu -