04/12/2010
miroir

- "Do it yourself" - Uwe Ommer -
" Tous les arts sont comme des miroirs où l'homme connaît et reconnaît quelque chose de lui même qu'il ignorait."
- Alain -
11:58 Publié dans art, pensée du moment | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : art, photographie, réflexion, uwe ommer, philosophie, pensée, humain
03/12/2010
mais encore
Ce n'est pas parce qu'on a connu le "du genre pire" et qu'on l'a enfoui et qu'on la fait rejaillir quand on pouvait le faire, qu'on n'a pas pu profiter de la vie. J'en ai bavé, vrai, j'ai souffert profond, j'ai dégusté grave, et j'ai aussi essuyé bien des plâtres et pourtant malgré tout la vie a pris le dessus, j'ai mis au monde trois enfants formidables, j'ai construit en équipe une relation durable bénéfique passionnée passionnante renversante, avec ses revers, ses aléas, ses souffrances intrinsèques, quoi! on ne fait pas d'omelette sans casser un peu d'oeufs, même la mère poularde toute sorcière qu'elle soit doit en passer par là.
Je buvais il y a encore quelques heures avec deux bonnes amies rencontrées ici même un doux chocolat chaud embaumé de cannelle, nous devisions fébriles, heureuses d'être ensemble, et j'étais là, vivante " comme une souffrance d'amour un soir d'orage brûlant ", presque qu'autant que le breuvage porté à mes lèvres. Comment vous dire à quel point j'étais là et à quel point je pense que c'est ainsi qu'il faudrait toujours être, en pleine conscience tous pores ouverts, en pleine présence tous neurones aiguisés, mais " c'est difficile en sacrement!" ...
" Vivant. Vivant comme un matou huant la bagarre qui se glisse entre les faisceaux de lune et les échos de ruelle. Comme Custer enfilant ses bottes à Little Horn. Comme un chrétien dans l'arène, comme les cancrelats quand j'allume l'ampoule des toilettes, comme la truffe à l'approche de la truie, comme la truie à l'approche de l'abattoir, devinant un au-delà de bacon et de chair à saucisse, comme une souffrance d'amour un soir d'orage brûlant quand ça tonne tant qu'on jurerait que Dieu déplace les meubles là-haut. Et puis vivant comme Essex au retour d'Irlande, comme Fredo Corleone récitant un Ave dans sa chaloupe, comme la flamme flottant haut sur un bout de chandelle, vivant comme seul peut l'être ce qui va tantôt mourir, ainsi faudrait-il pouvoir se sentir en pleine conscience à chaque heure de chaque jour, mais c'est difficile en sacrement."
- Christian Mistral - Carton Pâte -
01:00 Publié dans écriture, état d'âme | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : christian mistral, écriture, état d'âme, pensée, rencntre, évidence, émotion, partage, humain
02/12/2010
La vida és Ritme
Merci à Barner pour cette belle découverte...
09:19 Publié dans état d'âme, Musique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : camut band, musique, spectqcle, rythme, vie, partage, humain
30/11/2010
drôle de vie
22:24 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : musique, poésie, état d'âme, amour, amitié, humain
29/11/2010
La poupée d'Hélène

La poupée d’Hélène
à tous les enfants victimes de l’inceste
Hélène dort, les poings fermés,
Rêvant de la poupée ensanglantée
Qu’elle avait,
Quand violée,
Elle explosait,
En cris déchiquetés,
Moquée,
Brûlée,
Frappée,
Souillée !
Hélène dort,
Bercée par la houle d’or
De ses cheveux affolés
Pris d’assauts répétés
Par son putride bourreau
Mais jamais tendrement caressés
Par ce maudit grand –père
Qui aurai dû, pour elle, être le meilleur cadeau
Dont elle aurait été si fière !
Elle, ou ce qui, d’ailes, reste en elle,
Toujours cassée,
Sainte pucelle,
Par ce vil pervers,
A l’appétit vorace de lâche carnassier
Qui la prenait, dans ses serres,
Puis la reprenait, entre apéro et dessert !
Les anges pleuraient de rage et de colère,
De voir le minuscule ange
Se débattre dans tant de sang et de fange !
De honte et de douleur, tous les cieux
Venaient la pleurer,
Dans ses yeux,
Qui suppliaient, déchirant de leurs larmes épuisées,
Le lourd silence d’airain des vieux clochers pieux !
- Mokhtar EL Amraoui -
22:46 Publié dans art, poésie | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : mokhtar el amraoui, poésie, photo, inceste, lutte, écriture, sublimation, dépassement, humain
de facto
On m'a appris à sucer avant de dire "maman", c'était dans l'ordre des choses pour elle, pour eux aussi, c'est toujours plaisant une petite qui suce avant de formuler, et qui n'avait même pas les dents pour mordre des fois que l'envie de révolte aurait pu lui prendre.
La toute petite a grandi, elle est devenue femme et bien malheureusement pour les protagonistes, elle n'a plus de bâillon, ni d'entrave dans la bouche et quand bien même peut parler la bouche pleine... et elle trouve enfin les mots pour le dire, le dire parce qu'il lui reste un fond d'éducation, elle voudrait le crier, le cracher, et le hurler, et puis tout ce qu'elle a dû avaler par la force des choses, pas facile à décrire, pas facile non plus à ingurgiter, à digérer, à rendre.
Alors toutes ces nuits à se tordre, à se perdre, à se poser tant de questions, à s'en arracher les cheveux et la peau des ongles voire les ongles eux-mêmes maltraités dans l'affaire; tout ça pour ça, pour se rendre compte qu'on effraie, et qu'on crée autour de soi tant de malaise, tant de rejet!
Ne vaut-il pas vraiment mieux se taire?
Non.
Il vaut mieux dire l'indicible, l'indéfinissable, l'inacceptable, les choses telles qu'elles ont été et continuent à être.
Peu en importe le prix, sur ce coup j'ai de l'avance, j'ai juste parfois encore la peur au ventre, et puis c'est pas si simple d'affronter un passé chargé d'ordures et d'aspirations à mieux faire.
Saleté, comme j'aimerais parfois, je l'avoue avoir été autre, du moins dans le passé! Tout en sachant que celle que je suis, là, au jour j, à l'heure où je vous parle n'est que ce qu'elle est parce que cela est arrivé et fait partie intégrante de sa vie!
Croyez-vous que cela me rende plus humble, plus humaine, plus "aware"! Je ne sais pas, je ne sais plus, je crois que oui et puis très vite je doute, aussi vite je me reprends, presque aussi vite je sombre.
Faut pas se voiler la face, malgré la poésie, et malgré la musique, et la peinture, la sculpture, la littérature, l'aventure, les voyages et toutes les rencontres, on reste vraiment seul avec son équation.... mais on la partage, on l'exprime, on l'envoie par pixels dans le monde et même si cela paraît n'être que des mots envoyés via des fils à toute la planète capable de me lire, moi, là du bout des doigts sur mes touches, cela me fait du bien.
Jamais, je l'ai compris depuis belle lurette on ne me rendra ce que j'ai sans doute perdu, mais j'ai gagné de pouvoir me dire, j'ai gagné de vous avoir rencontrés, et je gagne chaque jour qui passe à continuer de croire qu'écrire, sans être la panacée, est le meilleur moyen de m'affranchir, de me définir et de me révéler, et j'ai pas l'intention d'arrêter...
Merci d'être là.
Merci.
02:37 Publié dans état d'âme | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : état d'âme, histoire, inceste, témoignage, vie, amitié, blog, écriture, humain

