05/05/2012
La musique creuse le ciel*
* Charles Baudelaire
19:27 Publié dans état d'âme, Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : musique, état d'âme, poésie, charles baudelaire, lugansky, chopin, émotion, partage, humain
credo
Grand-papa avait fait sienne cette pensée de l'aviateur français Georges Guynemer, il l'a mise en pratique tout au long de sa vie et nous l'a inculquée:
"Tant qu'on n'a pas tout donné, on n'a rien donné."
10:40 Publié dans pensée du moment | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : pierre natier, pensée du moment, art de vivre, générosité, grand-papa, partage, humain
petite fleur
C'était sa préférée.
00:16 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : le coeur a ses raisons que la raison ignore...
03/05/2012
Grand-papa

Grand-papa a été un grand homme, droit comme l'épée d'un roi. Petits, mes garçons l'appelaient "Gros-papa", il faut dire que c'était plutôt un bon vivant au bon coup de fourchette, toujours soucieux du bien-être des gens qu'il aimait, généreux, convivial, ouvert, un excellent grand-père. Un sacré père aussi, les liens qui l'unissaient à ses fils ont toujours été denses et sincères et ceux qu'il a entretenu avec sa fille qu'il chérissait, à son image, protecteurs et aimants. Ses amis adoraient son enthousiasme et tout le monde a profité largement de son humour, de son immense gentillesse et de son féroce appétit de vivre. Il a toujours été là pour chacun d'entre nous. Me concernant, grand-papa a été un beau-papa formidable. Il m'a accueillie telle que j'étais et m'a toujours encouragée à devenir celle que je suis. Il m'a accordé sa confiance et son estime, précieux cadeaux pour quelqu'un qui en avait cruellement manqué, il a toujours porté un regard bienveillant sur ma façon d'être femme et celle d'être mère. Je l'ai beaucoup aimé. Je vois encore la toute première fois où je l'ai rencontré, comme il m'a impressionnée! Fier, père de famille respecté, drôle, il en imposait mais avec toujours une sorte de douceur dans sa manière d'être, cette sensibilité qui le caractérisait. Il fallait voir avec quel entrain il nous emmenait tous manger un couscous, son plat préféré qui lui rappelait son enfance en Algérie et comment il était touchant quand dans nos virées parisiennes il nous montrait les ponts qu'il avait construit sur la Seine avec toutes les histoires pour chacun d'eux. Il aimait ça les histoires tout comme il aimait les voyages et les autres horizons et puis les fleurs, les plantes et les odeurs. Un homme merveillleux vient de nous quitter et nous nous retrouvons d'un seul coup tous comme orphelins. Néanmoins je sais que ce qu'il nous as transmis est à jamais gravé et qu'ainsi il vivra en nous pour l'éternité. Requiescat in Pace.
19:13 Publié dans art de vivre, fragments | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : pierre natier, grand-papa, famille, sensibilité, rencontre, décès, partage, humain
01/05/2012
1er Mai
Mon père pensait que le bonheur n'était pas de l'ordre du possible sur cette terre, qu'on était tous là pour en baver, pour expier, pour se racheter de je ne sais quelle erreur, celle d'être né peut-être... Il n'aimait pas cette tradition d'offrir des clochettes parfumées pour le premier mai, il n'aimait pas les fleurs en général sauf les roses rouges qu'il offrait à sa femme à chaque anniversaire de mariage, une rose par année, ils va bientôt pouvoir lui en amener une belle brassée. Il n'était pas apte au bonheur, je ne l'ai jamais vu profiter de la vie, je ne l'ai jamais vu rester à rien faire à réfléchir ou à rêver, c'était inutile d'aprés lui, il ne pensait qu'à travailler, seul ça, lui importait, travailler et se battre. Avec son sempiternel: " l'avenir appartient au gens qui se lévent tôt " et son quotidien " il n'y a pas d'avance ", les marches militaires misent à fond de caisse le Dimanche dans toute la maisonnée pour nous faire décaniller du lit dès l'aube, il a tenté toute ma jeunesse de m'inculquer ses valeurs et ses vues de l'esprit. J'en ai gardé quelques unes comme: on a rien sans rien mais j'ai vite fait en sorte d'en oublier beaucoup d'autres; l'idée d'être coupable pourtant est celle dont j'ai le plus de mal à me défaire, et me permettre d'être heureuse me donne encore des vertiges, forcément je désobéis, et c'est pas bien!
Mon père pensait que le bonheur n'était pas à atteindre ou à vivre présentement, qu'au contraire il fallait bien souffrir dans sa vie terrestre pour mériter le bonheur dans l'au-delà. Il fallait endurer, il fallait courber l'échine, mordre la poussière. Je n'étais pas d'accord en mon for intèrieur mais je pliais aux diktats paternels, en apparence, parce que dès qu'il avait le dos tourné je m'enfonçais dans la rêverie et comble de la perte de temps pour lui je lisais des livres, en cachette, sous mon lit. J'en souris, je me vois encore avec ma lampe de poche, malingre en chemise de nuit, avaler des milliers de pages, assoifée que j'étais de voyage et d'audace et d'autres possibles. J'ai pleuré et j'ai ri et je me suis enflammée pendant des heures à en oublier ma prison dorée. Il m'a fallu attendre dix-huit années pour qu'on m'offre un brin de muguet. A mon tour d'en distribuer.
Belle journée à vous, bon premier Mai. C'est si bon d'aimer.
11:33 Publié dans art de vivre | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : enfance, art de vivre, 1er mai, travail, bonheur, amitié, partage, humain
30/04/2012
l'amour et le militant

- Création Marie Labarelle - Photographie Matthieu Gauchet -
Ce que la mer chante à des milles d’ici
La force de ton ventre, le besoin absolu
De m’ériger en toi
Voici que mes bras mâles amour s’ébranlent
Pour les confondre en une seule étendue
Ce que la terre dans l’alchimie de ses règnes
Abandonne et transmue en noueuses genéses
De même je l’accomplis en homme concret
Dans l’arborescence de l’espèce humaine
Et le destin qui me lie à toi et aux nôtres
Si j’étais mort avant de te connaître
Ma vie n’aurait jamais été que le fil rompu
Pour la mémoire et pour la trace
Je n’aurais rien su de mon corps après la mort
Ni des grands fonds de la durée
Rien de la tendresse au long cours de tes gestes
Cette vie notre éternité qui traverse la mort
Et je n’en finis pas d’écouter les mondes
Au long de tes hanches…
- Gaston Miron -
12:32 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : poésie, gaston miron, l'homme rapaillé, émotion, partage, humain

