01/02/2009
Echange

" Participer à l'autre dans son plaisir, créer celui-ci comme il crée le mien, c'est établir un univers mouvant où plus rien n'est caché, où plus rien n'a de forme, car le secret et la forme des êtres vont de pair. "
23:38 Publié dans pensée du moment | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : amour, relation, écriture, état d'âme
31/01/2009
Le bal des actrices

Après « Pardonnez-moi », règlement de compte familial, Maïwenn se livre à un exercice drôle et plus léger, avec ce docu-fiction sur les comédiennes, leur métier, ses coulisses. Karin Viard, Mélanie Doutey, Charlotte Rampling, Muriel Robin, Marina Foïs, Julie Depardieu, Romane Bohringer, Jeanne Balibar, Karole Rocher ou Estelle Lefébure jouent en liberté de leur image, de leur vécu, de leurs expériences, se montrant parfois sous un jour pas très glorieux. Karin Viard a la grosse tête ; Muriel Robin rêve de jouer un classique sans nez rouge ; Jeanne Balibar classée intello carbure aux médocs en rêvant d’un film d’action ; Romane Bohringer fait des pubs pour vivre ; Marina Foïs, botoxée à mort, aigrie, en a ras le bol des Robins des Bois, etc. Une actrice a besoin d’amour et de regards, elle est parfois humiliée, bousculée, insultée : rien qu’on ne sache déjà mais l’exercice de style, avec ses intermèdes musicaux qui dévoilent la vérité du personnage, est bien construit, bien joué. Dans ce film de femmes, la révélation est un homme : Joey Starr crève l’écran en papa poule pas caillera très drôle. C'est vrai qu'il assez étonnant !



J'ai pris du plaisir à voir ce film , qui parle des actrices , bien sûr et plus généralement des névroses féminines , ce besoin de plaire , d'être aimé , regardé , reconnu . Une belle brochette d'actrices , avec leurs fragilités , leurs attentes , leurs caprices , leurs désespoirs qui en disent long sur les femmes que nous sommes . Le cinéma est aussi dans la vie ! Parfois même davantage ... Personnellement j'ai la responsabilité d'une bande de 8 femmes ( comme le film d'Ozon ) ; toutes plus belles et talentueuses les unes que les autres , toutes avec leurs fêlures et leur demande affective et leurs doutes , j'ai retrouvé tout cela dans le film de Maïwenn dont j'avais particulièrement apprécié " Pardonnez-moi " , dont j'aurais l'occasion de reparler ...

Alors , je m'interroge , ce besoin de reconnaissance , ce besoin d'être aimé qui pousse au dépassement de soi , au rêve et à cette sorte de narcissisme touchant et ce charme , cette soif de vivre , est-ce typiquement féminin ?
14:57 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags : cinema, art de vivre, femme
30/01/2009
clair - obscur

" Dans l'obscurité existe la lumière, ne regardez pas avec une vision obscure.
Dans la lumière existe l'obscurité, ne regardez pas avec une vision lumineuse.
Lumière et obscurité créent une opposition mais dépendent l'une de l'autre comme un pas en avant d'un pas en arrière ."
Maitre Sekito
09:29 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : poésie, photo, pensée du moment
29/01/2009
Virturéalité

Merci à vous tous , les commentaires sur ce thème de "l'amour virtuel " nombreux et enrichissants m'ouvrent vers une réflexion plus personnelle . Depuis que je me suis engagée dans cette aventure blogesque , si je puis dire , j'ai fait pas mal de découvertes , et plus particulièrement sur moi-même . La frontière que l'on croit si présente entre virtuel et réel me semble pour ma part bien mince , sans doute est ce parce que je m'investis sincèrement et intimement sur cet espace , et que les différentes rencontres que je peux y faire me semble teintées de cette réciprocité , un mélange d'ouverture , de respect , de curiosité et de réelle volonté ou besoin d'échange ; comme une correspondance à une autre échelle .
Sans doute comme dans la vie " physique ", il y a un lot de mensonge et de manipulation , mais également d'amitié sincère et de réelle affection . Les mots ont une puissance en eux-même , comme la musique , ils peuvent nous atteindre pour le meilleur et pour le pire , nous faire grandir , nous ouvrir à nous-même , ou nous détruire aussi . Et puis dans ce flot des rencontres que nous faisons tous les uns , les autres avec ce nouvel outil , il y a comme dans notre quotidien , certaines plus intenses que d'autre , car certains mots nous parlent davantage , certaines façon de penser ou d'appréhender la vie ou de voyager ...
Pas tant de virtualité que cela dans cette nouvelle réalité , pour moi en tout cas ... Ce que j'appelle virturéalité me donne des émotions aussi intenses , même étonnamment vivantes , et j'y goûte , m'en nourris et avance ainsi .

Une correspondance comme une multitude de portes et d'ouvertures qui s'ouvrent sur des mondes insoupçonnés , et des richesses communicables d'âme à âme par l'intermédiaire de mots frappés sur un clavier , d'images ou de sons associés , de silences aussi et de dialogues "internétisés" , de cris poétisés et de larmes retenues ou de smileys "lyesés " , de phrases érotisées et de sentiments ainsi exprimés au plus prés possible de chacune réalité . Je crois bien que ce "virtuel" est bien réel , ou que cette réalité virtuelle à priori ne l'est pas autant que l'on voudrait le penser peut-être .
"De la puissance des mots sur le mouvoir des peaux ..." de la grâce de votre présence sur ma présence à la vie !
Virturéalité !
10:24 Publié dans pensée du moment | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : réflexion, écriture, rencontre, humanité
27/01/2009
virtuel
Suite à cette nouvelle trouvaille de Venise sur son blog littéraire le Passe-mot ,

Peut-on "tomber" virtuellement amoureux ? Et est-ce que l'amour "virtuel" provoqué par les mots et donc , relation d'âme à âme est plus pur que l'amour réel ? Que provoque alors la mise en réalité d'un tel amour ?
06:28 Publié dans pensée du moment | Lien permanent | Commentaires (31) | Tags : amour, relation, écriture, état d'âme
26/01/2009
syngué sabour
" Du corps à corps par le corps avec le corps depuis le corps et jusqu'au corps ."
- Antonin Artaud "

" Syngué sabour " d'Atiq Rahimi
Pierre de patience . Dans la mythologie perse, il s'agit d'une pierre magique que l'on pose devant soi pour déverser sur elle ses malheurs, ses souffrances, ses douleurs, ses misères... On lui confie tout ce que l'on n'ose pas révéler aux autres... Et la pierre écoute, absorbe comme une éponge tous les mots, tous les secrets jusqu'à ce qu'un beau jour elle éclate... Et ce jour-là on est délivré.
Je viens de refermer ce livre , lu d'un seul tenant , remuant et si dense . Un livre d'une grande poésie , monologue d'une femme face au coma de son époux , lâchant dans un souffle sa colère , ses frustrations , désirs inavoués , ses angoisses , et sa haine , sa peur aussi ...Utilisant alors le corps de son mari inconscient comme contact, se raccrochant à son souffle comme à une écoute, elle parviendra à lui livrer tous ses secrets, à lui confier toute sa douleur comme à une «pierre de patience» qui finira par «éclater» en lui apportant la délivrance. Parler pour mourir enfin libre. Un roman qui traite avec beaucoup de profondeur et sans fioriture de cette incommunicabilité entre les sexes opposés , de cette chape qui les empêche de s'ouvrir l'un à l'autre et à eux-mêmes , surtout quand on est une femme .Dans ce livre marquant, écrit à la mémoire de Nadia Ajuman, jeune poétesse afghane sauvagement assassinée par son mari, Atiq Rahimi apporte le regard neuf d'un homme donnant parole à une femme, tout en permettant de comprendre son bourreau. Car dans cette histoire, il n'y a pas de monstres, seulement des victimes.

Les mots d'Atiq Rahimi sont simples, mais ils pèsent lourds et touchent au plus juste, en plein cœur. Ils sont la voix de milliers de femmes qui souffrent. « Cette voix qui émerge de ma gorge, c'est la voix enfouie depuis des milliers d'années. » dit-elle à son mari. Il le fait avec gravité et un certain lyrisme et une certaine audace qu’il faut souligner. C’est un magnifique poème, une œuvre puissante absolument à découvrir, poignant , juste et bouleversant .
Et en «révélant» cette vérité des femmes en terre d'islam , Atiq Rahimi se veut aussi «prophète» d'un changement, d'un espoir.
16:36 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (21) | Tags : livre, patience, état d'âme, homme et femme
Kees Van Dongen
Inukshuk a signalé au MAMI l'expo de Kees Van Dongen , à Montréal jusqu'au 19 Avril 2009 . C'est un peintre que j'aime beaucoup , d'où cette petite note en amuse-yeux pour ceux qui ne peuvent aller jusqu'au Québec , et pour ceux qui le peuvent leur donner envie d'aller voir les toiles de ce grand peintre .
Kees Van Dongen naît dans la banlieue de Rotterdam. En 1892, il entre à l’Académie royale des Beaux-Arts de sa ville natale. Fréquentant le Quartier Rouge, sur le port, il dessine des scènes avec des marins et des prostituées.
Le jeune artiste s’installe à Paris en 1899. Il commence à y exposer des toiles dans la manière impressionniste, puis autour de 1905, les couleurs de ses toiles se font plus criantes et saturées, et les formes se simplifient. Le peintre expose au Salon d’Automne de 1905 avec Henri Matisse et les artistes que la critique surnomme « les Fauves ». L’année suivante il s’installe au Bateau-Lavoir à Montmartre, avec son ami Picasso, et gagne sa vie en vendant des dessins satiriques à La Revue blanche, et en organisant des bals costumés à Montparnasse. Dans ses toiles, il développe le thème des prostituées et du cirque. En 1908, Van Dongen expose avec les peintres expressionnistes allemands du Brücke, mais reste attaché au fauvisme.
Rapidement, le marchand d’art Daniel-Henry Kahnweiler signe un contrat avec le peintre, ce qui lui permet d’obtenir un large succès auprès de la bourgeoisie. Après la guerre, l’archétype de la figure féminine à larges yeux et lèvres éclatantes fait le succès de Van Dongen. En 1929 il obtient la nationalité française, et deux de ses œuvres sont admises au musée du Luxembourg. Il produit non seulement des portraits de femmes de la haute société (Madame Jenny Bernard, 1923), mais également des lithographies et des dessins illustrant la vie de Paris (Le Mauvais Shimmy, 1921). Van Dongen devient un peintre à la mode et sa fortune est considérable. Il achète une somptueuse villa à Cannes qu’il baptise avec une ironie grinçante « le Bateau-Lavoir ».
Kees van Dongen meurt en 1968 à Monte Carlo, à l’âge de quatre-vingt-onze ans.




Kees Van Dongen a beaucoup fréquenté les cirques dont le célèbre Médrano au pied duquel il exposait ses toiles ... à même le sol. Vision classique du clown triste sauf que chez Van Dongen, tous les gens sont tristes . Evidemment on peut lui reprocher d'avoir surtout peint des portraits de la haute , et d'avoir bien gagné sa vie grâce à ce milieu , il n'a sans doute pas révolutionné la peinture mais il y a une touche , une sensibilité qui m'émeut , peut-être , oui , cette sorte de tristesse , de quête ... Je ne sais pas dire , mais à chaque fois que j'ai eu l'occasion d'en voir un , chaque fois j'ai été touchée .


"D'accord avec la psychologie, l'art, depuis les débuts du XXéme siècle, a décelé; conquis des montagnes de mouvants désirs, les geysers inavoués, les coraux de l'inavouable, les algues d'un tumulte dont, au bord de la plage d'apparence, le flâneur de la surface n'aurait su prévoir les sous-marines splendeurs.
Dés lors il n'y a point d'abîme où ne doive avoir le courage de plonger qui se propose de représenter l'homme . mais que la zone hier interdite ne prétende point aujourd'hui figurer le paradis retrouvé .
La flamme d'une vie intérieure, si intense soit-elle, ne saurait déceler à elle seule ni éclairer le monde qui est, ni suffire pour forger le monde dont un strict minimum de bonne foi et d'intelligence donne à vouloir qu'il soit et à faire en sorte qu'il devienne." -René Crevel-

00:01 Publié dans art | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : art, peinture, expo, montréal



