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30/03/2010

From MTL

J'ai reçu le paquet ce matin, mate masse blanche boursouflée, small packet de MTL QC to Lille à mon intention en lettres majuscules ordonnancées, mon coeur s'est mis à battre la chamade... Je l'ai posé devant moi fébrile sur mon bureau déjà bien encombré, me suis assise doucement et j'ai esquissé un sourire si profond qu'il ne m'a pas quitté. Manifestement l'enveloppe avait voyagé, salie par les différentes mains posées sur elle, des mains d'hommes j'imagine... Que dire du plaisir jouissif à le voir là enfin à portée et comment rendre cette délectation à attendre une heure puis deux, à caresser du regard l'objet de convoitise sans succomber à l'envie folle de lui déchirer les contours, goûter encore un peu masochiste à l'attente déjà vieille de quelques semaines... Encore une heure qui m'a parue une éternité, le temps n'est pas toujours le même c'est frappant, parfois il file météore et d'autre fois il avance au ralenti plombé, les jours paraissent des semaines les heures des jours quand je pense à lui, il me fait vieillir plus vite et pourtant ça me parait interminable de l'attendre, un paradoxe amoureux sans doute... Ah! Là je n'y tiens plus et j'ouvre enfin le paquet voyageur, c'est la pleine lune aujourd'hui, tiens! "Grâce! Odieux Tout-Puissant!". Merci Black Angel ♥!

LB

 

 

13/01/2010

Des fleurs en hiver

 

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Visionnement tard dans la soirée d'un téléfilm américain comme eux seuls savent le faire, appuyé en diable, shaker de tous les ingrédients nécessaires à faire venir la larme, une histoire chassé croisé de relations parents enfants, hum, plutôt mère fille père fille, genre une fille qui vient de perdre son père infirmière aux urgences et qui sauve une vieille dame atteinte d'un cancer du poumon pendant qu'il meure juste à côté de cinq balles dans le thorax. La vieille elle même en conflit avec sa fille qui n'accepte pas de voir sa mère en phase terminale et surtout d'en rire, d'en plaisanter, d'avoir l'air de s'en foutre, oh, j'oubliais la fille de la mère en question enceinte bien sûr, un bon mélo du Dimanche soir. Sauf que je n'ai pas versé une larme mais un torrent, sauf que la maman mourante était jouée par Gena Rowlands, sauf qu'elle joue de surcroit le rôle d'une brillante pianiste, sauf que la musique de Chopin dans les moments boîte à kleenex, sauf que ces morts qui vivent en nous, les amours manqués, les paroles non dîtes, les réconciliations, le happy end ou presque, les tulipes jaunes qui poussent dans la neige blanche, ça m'a remuée sec et profond et je me suis mise à l'horizontale dans des gros sanglots d'enfant emmitouflée dans un pyjama douillet chaussettes comprises, j'avais si froid dehors et si liquide et humide en dedans.

Plusieurs rêves ont secoués ma nuit mais un plus tenace, évident comme un flash: j'écris à mon cousin!

Ce cousin parmi tous mes cousins est le fils aîné du frère de ma mère, son frère préféré, je le soupçonne de l'être parce qu'il a failli tuer son père à coup de pioche, mon parrain de plus, celui aussi des frères de ma mère qui a épousé une des sœurs de mon père, Olivier de son prénom, il était avec Maxime, l'autre fils aîné de l'autre frère de ma mère mon cousin préféré, nous étions les trois aînés faut dire de ce côté il y avait de quoi se serrer les coudes, gamins on a fait les quatre cent coups ensemble gentiment, la dernière fois que je l'ai vu et entendu, j'avais 15 ans. Et là, suite à un véritable suintement outre-atlantique me prenait une viscérale et imposante envie, voir besoin de lui écrire trente années après, je réitère, le cheminement de l'inconscient est imprévisible et surtout il ne connaît aucun repos ni RTT...

Les fleurs qui poussent dans la neige. Des fleurs en hiver.

 

Cher Olivier,

Je vais sans doute te paraître une revenante, on le serait à moins, pas vu ni entraperçu ni parlé depuis de longues années, pourtant cela ne me semble pas si loin quand j'y repense. Je ne sais de toi que ce que ton père m'en a dit lors de l'unique visite que je lui ai faite il y a bien quinze ans maintenant, j'y ai appris que tu étais kiné et que tu exerçais à Paris, j'aurais pu faire des recherches plus approfondies à l'époque, n'en ai pas eu la force. Je venais de lui parler de son père, tu sais, peut-être t'en a-t-il touché un mot, c'était mon souhait mais je n'en suis pas certaine, son père, notre grand-père... Je venais lui parler de moi, de mon frère ma sœur de la tienne, la petite écrasée par un camion en le fuyant et l'autre portant comme moi un prénom de martyre, de sainte, de celle qu'on jette aux lions.

Je ne sais comment est ta vie, si tu as rencontré l'âme sœur si tu es toi-même papa, je me souviens de toi d'une manière assez vague surannée n'ayant plus aucune photos de famille à mon actif toutes brûlées dans une grosse caisse noire au milieu de ma cheminée un hiver torride il y a un bail maintenant.

J'aimerais que l'on se voit, qu'on se raconte, qu'on se retrouve, la vie passe si insensée, je voudrais qu'on puisse se parler avant le décès de mamie, que je te dise ce que sans doute tu sais dans ton for intérieur ou que tu sais tout court quoique j'en doute, les secrets sont bien gardés dans nos familles respectives d'un côté comme de l'autre.

Je reconnais que mon initiative est brutale et directe mais je ne peux pas ne pas le faire, alors appelle-moi ou déchire moi ou répond moi ou laisse pisser, l'important finalement c'est de savoir que tu existes et que tu connaisses mon existence en retour.

Je suis moi même mariée depuis 25 ans, je vais bientôt très bientôt avoir 45 ans moi qui pensais ne jamais passer la quarantaine, mise sous quarantaine si jeune, je suis mère de trois fils grands sensibles et fiers. J'habite Lille, de Paris c'est une heure de TGV, d'une vie à l'autre une éternité.

Take care, et fait comme bon te semblera.

Ta cousine.

HB

 

 

Alors voilà, j'ai posté ce courrier, papier bleu enveloppe de même couleur, encre noire à l'adresse que j'avais eu par ma tante, la femme de mon parrain qui avait couru derrière ma voiture pour que je dise à ses enfants ce qu'elle ne pouvait dire accepter voir reconnaître, je n'ai pas eu le courage à l'époque, pas le courage, et maintenant que je fais face, maintenant que la boucle est presque bouclée pour moi et que je peux comprendre et accepter, Gena jouant ce petit bout de morceau de Mozart dans ce moovie pour coeurs en détresse m'en donne la force, j'en suis toute remuée et miel aussi voilà que je retrouve au fond d'un carnet cette adresse oubliée et que je lance mon flacon d'encre et de papier dans les tuyaux des postiers.

Une fleur en hiver.

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04/12/2009

Aurélien

 

- Michel-Ange -

 

 

 Un tout jeune homme romantique discret timide fluet le regard fuyant du moins devant le mien, gentil courtois et presque trop bien élevé, propre sur lui soigné poli et polissé assez lisse somme toute, je ne me souviens plus trés bien ce qui nous a conduit tous les deux dans cette correspondance torride, lui seize printemps, moi dix de plus. J'ai découvert son écriture fragile nerveuse à la fois par deux vers au dos d'une carte postale, une oeuvre de Michel-Ange de mémoire avec les mots de Rimbaud, j'ai rétorqué par quelques rimes de Baudelaire adossées à un Modigliani un tantinet plus provocant j'avoue, un excitant petit manége ma foi qui dura quelques semaines et puis soudainement une lettre, trois pages recto verso écrit serré sciante crue suave débordante de sensualité d'audace de stupre, d'étonnants fantasmes voluptés caressantes embroglios érogénes poésie lascive musique des sens, Wouah! J'ai adoré, lu relu jusqu'à épuisement de l'encre, remué plié replié caressé désiré, ce gosse m'étonnait me scotchait me terassait d'aise! Le gredin, il avait le manche à la bonne place et la cervelle qui allait avec, stupéfiant. Alors j'ai riposté sur papier bleu fontaine, encre noire parfumée enjôleuse et cruelle j'ai vampé dévoré avalé tout cru ce petit bout d'âme à coups de soupirs de reins de chatte brûlante et d'espoirs ensorcellants. Vindedious! Le revers crescendo encore plus chaud hot arrachant bandant époutousflant d'où sortait-il donc ce vocabulaire qui transpirait le vécu digne du Marquis associé aux poémes de Bataille ou des Onze Mille Verges véritable hospodar du sexe muni d'une connaissance soutenue du plaisir féminin cunillungustique lingual broutage de buisson foutrement érotique, pas du tout raisonnable cette petite affaire... Les mois passérent et les années, deux pleines à s'échanger des mots doux et profonds profonds...

Je l'ai croisé dans le train Lille Paris la semaine dernière, un bel homme maintenant avec plus de contenance et de présence aussi, toujours assez réservé mais le regard plus vif, vingt ans avaient passé quand même! On s'est reconnu d'un sourire, pas d'échanges de mots verbaux et rien de plus... garder le sortilége intact... j'en m'humide encore!

 

 

30/11/2009

élan

 

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" Quand j'aime, mon sentiment est une inondation qui s'épanche tout à l'entour."

- Gustave Flaubert -

 

 

 

31/08/2009

Cher toi,

tu me manques et tu n'as pas idée à quel point, tes mots généreux et encourageants, ta prose si personelle et habile, vivante truculente et nourrissante, ton grand corps puissant et affable fort et tendre, et tes mains douces comme de la soie à la poigne bien ferme parfois, tu me manques, tout toi me manque, même tes cris tonitruants et tes excés, tes largesses douceurs et autres mets. Pourtant cela ne devrait pas n'est ce pas, même éloignés l'un de l'autre, l'amour l'amitié qui nous animent ne nous séparent jamais, les amants comme les amis sont pleins l'un de l'autre, mais c'est que parfois cette solitude me pése, seule en étant accompagnée c'est tout à fait étrange et déroutant... Et puis c'est bon aussi de se laisser conduire, de pouvoir poser la tête sur une épaule de confiance et permettre alors à son esprit de vagabonder, c'est bon aussi les bras qui enlacent réconfortants sentir couler ses larmes sur un torse odorant et mâle laisser filer les ténébreuses pensées laisser les tracasseries du jour s'évanouir dans le souffle de l'autre laisser faire se laisser faire en total abandon. Tu me manques et de l'écrire me rassasie. Je n'en finis pas de t'aimer...

 

30/08/2009

merci

dyn006_small150_151_224_jpeg_2620450_2161f5bde8d2d08399c3de2a8ca3a331.jpgSaravati a écrit:

 

"Quand d’un coup de plume magique, Helena se dévoile tout entière après ou avant s’être ressourcée dans l’art et la littérature des autres, j’éprouve une émotion étrange.

Je la regarde avec d’autres yeux, elle que je n’ai jamais vue ailleurs qu’à travers les orbes  des mots, et elle m’apparaît brillante, chaleureuse, épanouie malgré la soujacence parfois d’un background inquiet.

Et je pense que se découvrir de cette manière unique qui la caractérise est une façon de renforcer le mystère de sa personne, qui tout en allant à la rencontre des autres, garde toujours un voile tantôt transparent tantôt opaque sur son dit, son ressenti, son vécu.

Dans le firmament d’Helena, il est des étoiles lointaines qui traversent les galaxies pour diffuser enfin leur lumière.

Dans la mer d’Helena, les ruisseaux qui s’étaient perdus retrouvent le cours de leurs pensées.

La musique devient partage et les mots colportent l’amitié.

L’univers d’Helena repousse les frontières, entrouvre l’infini.

Helena dévoilée reste pourtant mystère !

C’est comme cela qu’elle nous enchante !"

 

Merci belle amie.

 

 

22/08/2009

Cours Saleya

Amicales pensées à Jalila et Claudio.

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Bien malheureusement je ne pourrais me rendre à Nice cet été, trop de travail et d'embrouilles dans le Nord pour une escapade de plus je le regrette, c'est une ville qui a toute mon affection chargée de souvenirs importants et de taille pour moi. J'y ai vécu un an.
Il y a plus de vingt ans la même année j'épousais l'homme de ma vie, à peine rencontré je lui avais demandé sa main, j'attendais notre premier enfant je quittais mon Nord natal ma famille mes amis mes études mon quotidien mon passé pour vivre dans une ville que je n'avais jamais vue pour un temps indéterminé avec un mari que je ne connaissais pas vraiment dans une situation de devenir inconnue, c'était ma première grossesse, mais, en état de grâce. Je me suis mise à la socca au tricot layette sur la promenade des anglais entre deux lectures et de fréquentes escapades à la cinémathèque. J'avais choisi le gynécologue avec lequel j'avais étudié l'anatomie sur les bancs de la fac une référence livresque dans ce domaine, le professeur Libersa, il était de Lille en plus, un gage de sérieux!
Surprise au début je me suis habituée à être abordée dans la rue et prise pour une suédoise et puis cela s'est arrêté d'un coup, non pas que je déblondissais mais m'arrondissais.
Un après-midi de Juin, cours Saleya, je découvrais tranquillement A la recherche du temps perdu quand arriva un fort bel homme grand officier de marine à l'uniforme blanc éclatant digne d'une scène tirée direct d'Harlequin, ces romans à l'eau de rose qu'affectionnait particulièrement ma copine au pensionnat elle les lisait en masse un soir de désespoir adolescent j'en avais avalé une pile depuis plus, il m'aborde avec délicatesse et me demande tendrement:
- Pourriez-vous faire quel que chose de spécial pour moi?
Je m'entends répondre oui sans réfléchir et sans attendre.
-C'est assez intime.
Pas de problème de surenchérir, inconscience de la jeunesse goût du risque du romanesque ou que sais-je?
- Voilà, je ne suis pas littéraire, du moins j'aime les mots mais ne sait comment les agencer ensemble, me rendriez-vous le service d'écrire une lettre à ma fiancée genre que vous aimeriez recevoir elle est jeune et fraîche comme vous et je repars pour quelque mois, je reprends la mer...
Oups est-ce qu'elle est blonde aussi comme moi!
- Pas de longueur, quelque chose de court et de dense que cela puisse venir de moi elle me connaît suffisamment pour savoir que je serais bien incapable de noircir plus d'une demi page malgré toute l'ardeur de mes sentiments.
Le connaît-elle vraiment? Hum, déjà une lettre d'amour à une femme venant d'un homme mûr du haut de mes 19 ans venant à peine d'en découvrir la saveur de plus avec une économie de mots j'étais plutôt roman fleuve fleur bleue et romantique, comment pourrais-je retranscrire avec justesse et poésie les sentiments de cet énergumène casquetté...
J'ai écrit, il a lu satisfait a recopié a glissé dans l'enveloppe pré timbrée et m'a demandé de l'accompagner jusqu'à la poste parceque comme il l'a dit lui-même nous étions complices sur ce coup, pas faux.
Tous les quatre ou cinq ans, de manière récurrente je repense à cette rencontre, je ne me souviens plus du contenu mais du frisson, oui.
Juin 1984, Cours Saleya, Nice.

 

 

19/05/2009

Jack Kerouac

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" Dimanche dans ma cabane... Cher John... couché à lire des haïkus et puis, debout pour aller prendre nu un bain avec éponges dans le jardin isolé et ensoleillé, seulement vu des daims s'ils regardent, ou par le cheval blanc qui a l'air vert dans l'ombre, ou par l'oiseau mouche, ce type heureux de Californie qui fredonne, ou par le rat dans ma cave qui a poussé des cris musicaux la nuit dernière quand il a cru que j'étais endormi. Ai passé de longues nuits plaisantes à dormir sous la lune brillante, dans une atmosphére sans vent parfaitement chaude, sur mon lit de paille entre le buisson des roses et la pente de la prairie, pensant au " Pourquoi?". Bien et pourrais-tu m'écrire une lettre, John, pour me dire pourquoi il y a cette existence apparente dont nous savons bien sûr qu'elle est une simple illusion, mais c'est une illusion significative susceptible de transmettre quelque chose de quelque façon dans une sorte d'accomplissement divin, sorte d'achévement infini quand nous atteignons la vitesse de la lumière et rejoignons la lumière constante et l'éternité d'or? Oui. Mais pourquoi n'est toujours pas expliqué et comment est un autre mystére. Je m'émerveille devant le calme des poétes de haïkus japonais qui se contentent de se réjouir du passage des jours et vivent dans ce qu'ils appellent des "huttes-à-ne-rien-faire", et sont tristes, puis gais, puis tristes, puis gais, comme les moineaux et les burros, et les écrivains américains nerveux."

-Jack Kerouac, lettre à John Clellon Holmes, 27 mai 1956-