Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

16/05/2010

odeur

Certains livres ont une odeur, une odeur particulière. Le dernier que j'ai eu en main le temps de le lire dans un sens et dans un autre avait l'odeur de tabac froid, le sien sans doute, parfois me prenait le geste entre deux sourires de contentement à peine esquissés de feuilleter les pages d'un geste vif et d'y plonger frémissantes mes narines. C'est incongru et étrange peut-être, pas la manière la plus naturelle d'appréhender l'oeuvre d'un auteur mais bon j'ai toujours eu un goût pour l'olfactif assez prononcé et un nez à la hauteur! Je l'ai remarqué il y a peu encore avec un autre ouvrage du même auteur mais dans mon sac à main depuis des semaines et qui lui, neuf et juste à l'odeur d'imprimerie, s'est embaumé de mon parfum voisin du flacon que je transbahute toujours avec moi. Je souris de penser qu'on pourrait donner des odeurs singulières à chaque ouvrage, certains de sperme ou d'alcool fort, de terres fraîchement labourées, de rues de villes, d'autres de sucs intimes et féminins de sueurs de sang ou d'herbe, d'autres encore pourraient évoquer l'héroïne du roman par un effluve diffus, mais je m'égare... Rien qu'avec les mots l'odeur fait surface et nous chatouille les naseaux, ces mots qui peuvent tant à la fois évoquer la douceur ou l'âcre, le morbide ou le vivant, l'odeur de chair ou de cadavre, l'odeur même d'un sentiment...


 

15/05/2010

Jeu d'écriture

 

1198407303.jpg

Jeu d'écriture, jeu d'esprit, se laisser faire, laisser courir son imaginaire sur cette photo paisible calme et bleutée, un instant de vie, une interrogation, un commencement ou une fin, le jeu est vaste et multiple autant que les paires d'yeux qui vont s'y porter et les coeurs qui vont se mettre en branle.

C'est étonnant l'écriture au fond, elle s'anime en nous parfois de manière si fulgurante et s'écoule torrentielle et d'autres fois elle accouche dans la douleur et dans le temps, âpre, pas au diapason, le mot juste ne venant pas, l'idée ne se cristallisant pas par les mots, le ton pas en écho la musique absente ou pas en harmonie. Combien de pages déchirées, poubellées, brûlées même parfois, combien de stylos envoyés en l'air et de tasses brisées d'épuisement de rage d'impuissance. L'écriture qui quand elle vient au bout des doigts peut ressembler à une transe qui emporte qui anime qui entraîne nous dépasse nous étreint jusqu'au fond de nos organes les plus intimes, une jouissance telle qu'elle peut alors nous laisser vide et heureux au bord de la page.

L'image trop parfaite, trop calme trop nette vide de cette rage de cette passion de cette vitesse qui nous dépasse quand l'écriture nous vient, on dirait le repos du guerrier, après l'amour une fois qu'on se retrouve après avoir remis de l'ordre, ou devant la page blanche quand n'est pas encore passée la bataille, quand on est nouveau-né face à la feuille le stylo prêt, la tasse pas encore portée aux lèvres et le breuvage infusant doucement comme ces mots qui se préparent à sortir mais qui attendent le déclic, la voie, le possible.

Jeu d'écriture, jeu de maux, jeu de je... l'écriture est gourmande, demande qu'on souffre pour elle, qu'on la travaille qu'on l'a peaufine qu'on l'a crée qu'on la fasse sienne, elle demande beaucoup de passion de patience d'imagination de nourriture d'audaces de sensibilité de doute de culture aussi et de lumière, d'inspiration...

Est-elle jouable, joueuse, jouée, ou se joue-t-elle de nous?

 

 

* jeu d'écriture à 1000 mains

 


14/05/2010

sagesse

 

rene-magritte-le-beau-navire-photo-courtesy-sothebys.jpg

 

" La Sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit."

- Oscar Wilde -

 

 

13/05/2010

saints de glace

Photo piquée chez Trader...

010_08A-1.jpg

 

Les "saints gresleurs, geleurs et gasteurs de bourgeons" reviennent chaque année gâter notre plaisir et notre besoin printanier, décidément dans le genre phénomène météorologique surprise je préfère l'été indien, c'est tout de même fascinant cette répétition à l'infini depuis des siècles du froid de canard à l'orée de la belle saison tant attendue, ce serait explicable par un phénomène astronomique une histoire de poussière faisant obstacle aux rayonnements solaires, en attendant ça obstrue la montée de sève, on se caille les miches on se gèle les grelots, ça met le moral en berne coupé dans son élan, ça casse... c'est si bon le printemps...

 

 

 

12/05/2010

la chos'e

 

52951334_p.jpg

 

" En art, j'aime la chos'e, de même en amour..."

- Eric Satie -

 

Découverte chez et chez Frasby, la revue Chos'e est une revue d'art et de poésie, bimestrielle, virtuelle qui se lit, s'imprime, et se télécharge gratuitement. Ceux qui ne connaissent pas encore tout comme moi, peuvent en approcher l'univers, . C'est de toute beauté!

 

 

11/05/2010

Butch, artiste-peintre de coeur

 

simplement_dans_ma_cour.jpg

 

Naturellement.JPG.jpeg

Communiqué de presse

Via Mistral

SIMPLEMENT DANS MA COUR

Trois-Rivières, 11 mai 2010... L'artiste-peintre Gaétan Bouchard tiendra son premier vernissage samedi et dimanche les 15 et 16 mai 2010 de midi à 17h00.
Son exposition s'intitule Simplement dans ma cour
L'événement aura lieu simplement dans sa cour, au 1756 de la rue St-Olivier à Trois-Rivières. 
L'artiste tire son inspiration des scènes de la vie urbaine. Il nous présente une galerie de personnages connus et méconnus du grand Trois-Rivières.

 

 

10/05/2010

devenue femme

 

sourire .jpg

Blue par Laure K -

 

 

Quelle sorte de vie aurais-je eu si tout cela n'était pas arrivé, si j'étais née ailleurs autrement? Quel sorte d'individu la vie aurait-elle fait de moi si, préservée choyée respectée et protégée j'avais pu avoir une enfance plus harmonieuse et humaine?

Je pensais à ça à priori tranquille et sereine hier soir après avoir visionné ce reportage d'Arte sur l'inceste, reportage pudique et poignant à la fois d'enfants témoignant d'abus répétés au sein de la famille frère oncle grand-père et celui d'une mère sobre lucide ayant après n'avoir rien su faire pendant dix ans pour ses deux filles accompagné leur parcours de reconnaissance de la vérité devant la justice. Quelle aurait ma vie si nous avions pu tous les trois, mon frère ma petite soeur et moi traduire notre grand-père devant les tribunaux, qu'en serait-il de ma mère qui n'a jamais pu elle voir en face ni exorciser ce qu'elle même a vécu avec une rare violence, qu'en serait-il de mon père confronté à ses propres démons, et de l'ogre aujourd'hui mort de sa belle mort et en moisissure lente au fond de son caveau, de sa femme fraichement décédée rendue folle par la vie qu'il lui a fait mener? Frappant dans ses témoignages, la disparition de toute haine, de tout ressentiment, juste cette volonté de comprendre et de construire enfin, tout comme ce que je ressens depuis quelques années, tout ce chemin parcouru pour sortir de la fange dans laquelle on s'est servi de mon corps de petite fille, de mon sexe de mon esprit mais où j'ai pu sauvegarder mon âme, cette part d'inaliénable.

Je n'aimerais pas être une autre que celle que je suis, mon chemin du combattant m'a ouverte à l'humanité, ma souffrance à l'humilité, ma terreur au sens de l'humour, toute cette violence à l'art et, le secret à l'écriture et au besoin de faire autrement. Toutefois certaines fragilités demeurent et parfois les fêlures se réveillent, on ne peut avoir approché la folie d'aussi près et l'amnésie profonde sans séquelles sans dégâts collatéraux sans bavures et sans mécanismes de défense psychique appropriés, sans une sorte d'attirance dangeureuse aussi à l'auto-destruction ou à l'oubli de soi, le tout étant d'en avoir conscience et de l'accepter, d'accepter ces dommages... Ce fut et c'est encore un long parcours, parfois truffé d'embûches et de piéges, je n'ai pu retenir mon émotion impossible à endiguer en visionnant au cours du reportage ces images de petits films de famille de vacances au bord de la mer, ces paradis de l'enfance pour les uns et enfers pour les autres!

Aprés bien des déchirements des cris d'horreur des sautes d'humeur des doutes lourds comme le plomb des erreurs d'appréciation de situations d'individus de limites, dîfférentes somatisations un peu partout des handicaps de toute sorte autant sexuels qu'affectifs, corporels que spirituels, aprés d'énormes déceptions d'énormes souffrances d'énormes deuils et d'énormes efforts pour recoller tout ces bouts de soi, et même s'il m'arrive d'être en proie à d'horribles incertitudes et de sombres pensées je n'aimerais pour rien au monde ne pas être celle que je suis aujourd'hui dans son entiereté avec son vécu et son "à vivre" et sa vivance du moment, et je remercie la vie pour la femme que je suis devenue.