Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

18/04/2014

Oye-Plage

unnamed.jpg

- Photo Dominique Hasselmann -

 

 

Quand mon ami Dominique m’a envoyé cette photo de la plage d’Oye, une flopée de souvenirs pas trop tendres m’est revenue. Nous y allions souvent avec papa, maman. Papa avait un couple de vieils oncles qui y avait une petite bicoque. Comment s’appelaient-ils déjà ?

Francis et Georges, je crois. Oui, c’est ça. Francis et Georges. Deux vieux garçons qui avaient été ostracisés par la famille toute entière parce qu’ils étaient homosexuels. Deux hommes charmants que maman tentait de remettre dans le droit chemin. A l’époque, elle s’occupait de mettre en relation des hommes et des femmes pour qu’ils construisent un couple, elle était une sorte de conseillère matrimoniale. Elle n’était pas à une aberration près, ma mère !

Cet été-là, elle s’était mis en tête de présenter Françoise et Jacqueline, deux vieilles filles de son village d’enfance, à Georges et Francis qui avaient déjà l’un et l’autre au moins plus de cinquante ans. L’ambiance était tendue. Je devais avoir onze ans. Je ne comprenais pas à l’époque ce qui se passait, pour moi c’était étrange. J’avais toujours connu mes deux grands oncles ensemble, blaguant, cuisinant, et nous racontant toutes sortes d’histoires drôles. C’était des bons vivants.

Ces quinze jours furent pesants. On aurait dit que personne n’était à sa place, et maman était d’un miel effarant, minaudant, poussant ses deux ouailles dans les bras de ces messieurs en leur faisant bien comprendre l’intérêt qu’ils auraient aux yeux de la famille à rentrer dans le rang.

Je n’aimais pas ce qui se passait, je sentais la fausseté et surtout la grande tristesse de cette idée et de son devenir. Parce qu’à ma grande surprise, elle est arrivée à ses fins et Georges finit sa vie avec Françoise et Francis avec Jacqueline. Je n’ai plus jamais vu mes grands oncles sourire depuis. L’un et l’autre ont dépéri à petit feu. Paix à leurs âmes.

 

Oye-plage reste pour moi, l’endroit du contre-nature, de l’anti-bonheur. Et si pendant des années cette plage fut pour moi un endroit de liberté sauvage où je pouvait courir jusqu’à m’effondrer la tête dans le sable, où je pouvais chanter à tue-tête : « l’amour est enfant de bohème » et où nous faisions avec mon petit frère des châteaux de sable étourdissants, elle perdit d’un seul coup toute sa superbe après cette quinzaine estivale qui m’a tourmentée longtemps sur la nature des sentiments.

 

 

19/09/2011

la photo de famille

Hier nous fêtions en famille l'anniversaire de mon homme et de notre fils aîné. Depuis quelques années nous faisons un groupé, leurs dates respectives tombant à deux jours d'écart, l'un le 19, l'autre le 21. Nos trois grands sont présents, chacun avec leur douce. C'est la première fois que notre petit dernier nous amène une belle qu'il vient de rencontrer sur les bancs de la fac, un beau petit brin de fille venant droit du Viêt Nam pour apprendre le français dans notre bonne ville du Nord, une occasion pour moi de parfaire mon anglais car pour l'instant elle n'a pas encore beaucoup de mots à son vocabulaire, je me demande d'ailleurs comment elle arrive à suivre ses cours d'économie. Nous sommes tous les huit à table, comme d'habitude la conversation va bon train. Il y a toujours une ambiance joviale et complice quand on se retrouve tous. On reparle de choses d'avant, de vieux souvenirs et puis on se partage ses visions d'avenir, ce à quoi on aspire. Chacun se livre un peu, on se chambre, on part dans des fous rires, on se raconte, on s'entend bien. Voulant montrer de plus près à son béguin asiatique une carte de Ben que j'ai mise sous verre sur la console longeant la table de la salle à manger, Pierre attrape l'objet et le pose devant elle. C'est comme ça que je découvre que derrière et depuis des années se cache une photo que j'avais oubliée. Et quelle photo! Comme le dit mon homme: "C'est une rescapée!". En effet, toutes les autres, je les ai, brûlées.

La photo n'est pas de grande qualité. En jetant vite fait un oeil sur ceux qui posent, on comprend que c'est notre plus grand qui l'a prise lors d'une réunion de famille dans la maison de mes parents. De gauche à droite il y a mon grand-père maternel, royal, sa canne à la main, costume gris chemise blanche cravate sombre et une petite laine gris pâle pour se prémunir des frimas du mois de Décembre, la photo est datée à l'arrière, 16 Janvier 93. Juste à côté de lui se tient ma petite soeur, elle a encore à cette époque ses cheveux longs tout bouclés, un immense sourire éclaire sa frimousse, elle porte un pull blanc et a pour l'occasion mis des énormes boucles d'oreille multicolores, sur ses genoux, mon second tout blond en salopette grise, un regard rieur à l'objectif et dans ses mains une petite voiture, il a longtemps adoré les petites voitures, maintenant grand il les préfèrent grandeur nature. A sa droite ma grand-mère avec son fameux gilet vert, c'est celui qu'elle préfère, une robe rouge et une écharpe blanche, elle a sa mimique habituelle un peu bécassine sur les bords et un air ahuri, à côté d'elle, maman. Une robe rouge elle aussi et une veste grise, une broche en grappe de raisin sur le revers, une paire de lunettes carrées qui lui mangent la moitié du visage. C'est fou ce qu'elle ressemble à son père, stupéfiant. Ces cinq là sont assis sur une méridienne en velours gris vert qui du côté de papy fait une arabesque accentuant sa posture de patriarche régnant en maître sur ses sujets. Debout derrière juste au centre, mon homme. Dieu qu'il paraît jeune sur ce cliché! D'un côté en laissant bien un espace entre eux, mon père, qui se trouve ainsi entre les deux mères. Il porte lui aussi un complet, mais un beige foncé et une cravate brune, sa chemise est bleu ciel, ça n'est pas très heureux. De l'autre mon frère et sa femme bras dessus bras dessous, tout juste amoureux, le regard plein de promesses, l'avenir devant eux. Moi, je suis devant, par terre, au pied de mon grand-père. Je suis toute habillée de noir, déjà. Je regarde mon fils prendre la photo avec insistance et tendresse. J'enserre de mon bras gauche Pierre qui est complètement affalé, à moitié endormi, il suce son pouce. Dans mon bras droit de la même manière, je tiens un gros panda presque aussi gros que moi, un panda en peluche noire et blanche. On a le sentiment que je m'accroche ainsi à deux bouées de sauvetage, c'est frappant. A l'extrême droite de la photo on aperçoit le reste d'emballages empilés sur un canapé en cuir havane. Au premier plan, sur la table basse en verre, le pot de fleur sûrement offert en cadeau au vue de l'immense noeud rose qui le couvre cache un père Noël piqué dedans, voilà qui date encore plus précisément la photo.

Un frisson me parcoure tout le corps en la revoyant. Une foule d'images défilent en un clin d'oeil dans mon cerveau. "You see, my mother, the mother of my mother, my sister, George, my grand-father, my brother, his wife, my love, my father, yours, me and panda!" Le reste de l'histoire je ne lui raconte pas. A ce moment là je ne la savais pas encore moi-même. Elle l'apprendra bien assez tôt. Je deviens blême. Pat craint que je ne fasse un malaise. On ne sait jamais, c'est déjà arrivé. Mais non. Le repas continue, l'ambiance reprend de plus belle. On oublie la photo, je la pose sur la cheminée. Vers dix-huit heures, chacun repart. La copine de George s'en va travailler, elle est ouvreuse à l'UGC pour se faire de l'argent de poche, les deux plus âgés retournent dans leur nid d'amour et Pierre fait faire le tour du propriétaire à sa chérie qui s'extasie. Nous nous retrouvons tous les deux Pat et moi en tête à tête. On reparle de cette photo, à nouveau je pâlis grave. Je ne me sens pas bien. Il faut que je m'étende, j'ai le sentiment que je vais m'évanouir. Je récupère doucement une fois à l'horizontale et pour me changer les idées, mon homme me propose de visionner à la télévision l'intervention de DSK, la fameuse entrevue où sont attendus treize millions de français! Claire Chazal lui pose la première question, il répond, c'est tout juste si je sais de quoi il parle, car d'un seul coup sans comprendre pourquoi je me mets dans une colère noire, et je m'en prends à l'écran: "Gros porc, sale hypocrite, salaud!", tout y passe, heureusement qu'il ne m'entend pas! C'est finalement lui qui trinque pour tous les salopards présents sur la photo retrouvée par hasard un Dimanche de Septembre derrière un cadre sur la console de ma salle à manger.

 

28/12/2010

entre Noël et l'an...

Toujours flottante cette période là je trouve, comme entre parenthèse... comme une trêve... comme on voudrait peut-être aussi que ce soit plus souvent. Les coeurs s'ouvrent davantage, et les gestes d'affections se multiplient, les sms pleuvent, les cartes s'écrivent et ils se passent plus entre les humains que d'habitude, plus d'échanges de mots de rires de larmes aussi, quelques petits réglements de compte, quelques loups qui ressortent des placards et pourtant malgré tout une volonté commune que tout se passe au mieux... Une semaine dans l'année ainsi où les familles parfois se recomposent le temps d'un dîner, où certains se voient alors qu'ils n'y pensent même pas tout le reste du temps, où les enfants devenus grands reparlent de-quand-ils-étaient-petits et font revenir à la surface des vieux souvenirs communs; histoires de frères de soeurs de cousins d'oncles et de tantes, de grands-mères de grands-pères, de parents absents ou pas toujours présents vraiment, de bons moments partagés et d'autres un peu moins drôles et on se dit les choses dans le meilleur des cas, parfois même on répare car l'ambiance s'y prête parce que la demande est là. Moi, ça me rend toujours un peu mélancolique mais tout aussi étonnament ça me donne de l'espoir, on peut toujours faire mieux, on peut toujours s'aimer davantage et se le dire encore mais avec d'autres mots d'autres manières d'autres gestes aussi...

C'est une semaine étrange, une semaine charnière, parce qu'une année s'en va et une autre s'en vient, on pense à tout ce qui s'est passé et on parle de ce qui va arriver de ce qu'on aimerait faire ou pas ou davantage, on projette tout en faisant le bilan, on se dit "plus jamais comme ça" ou "oui là c'était bien", on se demande comment on a bien pu arriver à traverser certaines épreuves, comment on a pu oublier aussi vite certaines émotions intenses, on mesure que le temps passe et toujours de plus en plus vite, qu'on vieillit, qu'on avance ou qu'on stagne, qu'on a encore en soi l'espérance et l'énergie, qu'on a encore des rêves et toujours du sang qui coule dans les veines et le coeur qui bat parfois fragile comme au ralenti et parfois si fort et parfois si fort, parfois si fort encore qu'on aimerait bien pouvoir arrêter le temps, mais le temps lui avance inexorablement, alors à nous de le mettre à notre service au mieux et avant de vous en souhaiter une bonne à venir, je vous souhaite d'abord de bien finir celle-ci!

 

17/02/2010

page d'histoire perso

Ma grand-mère maternelle vient de mourir, 94 ans bien malade depuis un bail, elle n'avait plus toute sa tête, après une agonie d'une dizaine de jours insoutenable pour ma mère elle a rendu l'âme dans cette solitude qui a toujours été sienne au fond. La dernière fois que je l'ai vue ce n'était pas dans des circonstances légères, je venais alors lui demander des comptes par rapport à son inactivité face aux troublantes et incestueuses activités de son pédophile de mari, une entrevue pas banale et assez violente qui ne lui avait pas franchement plu ce que je peux comprendre avec le recul maintenant et qui nous a laissées elle et moi comme ça sans réaction ni d'un côté ni de l'autre pendant une quinzaine d'années. Depuis son décès je fais des rêves nouveaux, elle m'apparaît plus jeune avec sa permanente à laquelle elle tenait tant et ses mains rougies par le travail mais surtout des souvenirs remontent que j'avais occultés, des odeurs des sons des images, sa terrine de lapin aux pruneaux, ses petites tricheries aux cartes, ses câlins maladroits, son " ainsi font font font les marionnettes", le petit panier offert pour cueillir les cerises, le baiser obligé au crucifix au dessus de l'énorme lit bateau à l'édredon fleuri dans lequel je couchais parfois pendant les vacances scolaires... Une brave femme au fond, quatorze frères et soeurs, énorme famille régit comme un régiment tous à la baguette, ses parents n'étaient pas tendres du peu que je me souvienne, sa mère surtout, elle n'a pas eu une vie facile ni frivole travaillant à la ferme du matin au soir, c'est elle qui m'a apprise à traire les vaches, une vie de labeur de chaque instant mais elle ne se plaignait jamais, du moins je ne l'ai jamais entendu se plaindre. Je ne sais dire si je suis triste aujourd'hui de ne pas l'avoir revue depuis et je m'efforce de garder d'elle ce qui a pu et dû sans doute être bon pour moi malgré tout, ce qui me frappe par contre c'est l'attitude de ma mère son unique fille qui en perdant la sienne me sollicite plus que de coutume et se réintéresse à moi comme si elle prenait conscience d'un coup de l'importance de cette filiation. Pas pour autant que la relation soit simple, toujours compliquée et à double tranchant, pourtant je me sens plutôt apaisée et je crois que je commence à accepter cette part d'obscur en elle et tout ce à quoi elle a du elle aussi faire face même si je n'en aime ni les conséquences ni les dégâts collatéraux. Une autre page de l'histoire familiale se tourne, une mémoire s'éteint, une autre s'ouvre une sorte de soulagement bizarre, comme si ça s'épurait de soi-même, je le vois chaque fois un peu plus dans le regard aimant de mes enfants et dans celui que je porte sur la vie...

 

 

25/10/2009

marelle, mondo, pulpo, rayuela, plat lune...

 

1700245238.jpg

En passant le passant me rappelle à de vieux souvenirs de jeux en cours de récréation, à part les billes les osselets la corde à sauter et plus tard l'élastique j'étais fan de la marelle, jeu très ancien déjà présent sur le forum de Rome il établit ce chemin de cases entre terre et ciel qu'il faut à cloche-pied traverser en évitant le caillou lancé et de mordre les lignes tracées préalablement à la craie, tout un symbole avec le recul finalement. Plus petits ça nous apprend l'équilibre, ça nous apprend aussi à viser juste et à compter de zéro à neuf, le rapprochement symbolique avec ma vie d'adulte m'amuse, car ne sommes nous pas toujours livrés entre terre et sky à jongler mesurer notre adresse flancher mal lancer parfois notre petite pierre vaciller pas à l'aise sur un seul pied sautiller d'obstacles en obstacles mais aussi connaître parfois le septième ciel tant attendu et espéré!

Un petit aparté du Dimanche frais et réjouissant pour moi qui ai transbahuté dans mon cartable des images plus lourdes et moins gracieuses que ces jeux dont je mesure aujourd'hui l'effet soleil...

 

 

20/07/2008

souvenirs , souvenirs ...






image042.gifDémarrons par Arséne ....une série que j'ai adoré ... un personnage élégant , gentleman , aventurier , cambrioleur , changeant d'identité ..

hum what else!


624320be6dd4a58475b171583d1fdc6b5e1433855163bed7a6eaac28d7a7be82b4b9288628068bef.php.jpegTout pour plaire ...et puis relire les livres aussi , avec les Conan Doyle , Maurice Leblanc c'est toujours un bon moment !







resutri.jpgresutren.jpgresutigre.jpgresuher.jpgresugent.jpgresubou.jpgresubarn.jpgresuaibou.jpg



















Au choix ...


Dans un autre registre il y a aussi :



Ce cher John Steed !!
souvenirs , souvenirs ...

Pour finir sur une note féminine , je ne loupais jamais un épisode de :


je révais d'être une femme bioionique !!
Allez comprendre pourquoi ?


Voilà le premier aperçu de souvenirs télévisuels intenses ...
pour finir la chanson de Dutronc ...









17:01 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : films, séries, télé, souvenirs