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27/03/2011

bonne nuit petits et grands

 

 

 

pensées printanières

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26/03/2011

Calling You

 

 

25/03/2011

black blues

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On passe, repasse et trépasse. On se sent si utile parfois dans la vie de quelqu’un et pourtant tellement vite, la trappe se profile, on est que de passage! On se voudrait imputrescible, on est que faillible, remplaçable et fragile ! Quelle diable d’idée nous fait penser qu’on est unique, indispensable, incontournable, irrésistible ? Rien qu’une pensée magique qui agite notre égo en mal d’être, ou en devenir.

Je ne me sens pas de cette nature pourtant j’ai parfois succombé au chant des sirènes, j’aime à penser que la vie serait bien moins facile sans moi, et je me trompe. Tout le monde oublie tout, tout le monde recycle, tout le monde s’adapte à presque tout, c’est une forme saine de survie, mais c’est aussi une forme malsaine d’être à autrui, et à soi-même…

J’ai le sentiment d’avoir consacré ma vie à celle des autres, je voudrais aujourd’hui modestement penser à la mienne, mais c’est bien plus compliqué que ça n’en à l’air, tout le monde s’habitue à tout, même à votre sacrifice, sans mesurer que peut-être un jour, ce sacrifice prendra fin !

Le changement fait partie de la vie, mais le changement est difficile, douloureux et incertain. Inéluctable.

 

 

24/03/2011

L'uomo

 

L'uomo

 
Le piante, da quelle di seta fino alle più arruffate
gli animali, da quelli a pelo fino a quelli a scaglie
le case, dalle tende di crine fino al cemento armato
le macchine, dagli aeroplani al rasoio elettrico
 
e poi gli oceani e poi l'acqua nel bicchiere
e poi le stelle
e poi il sonno delle montagne
e poi dappertutto mescolato a tutto l'uomo
 
ossia il sudore della fronte
ossia la luce nei libri
ossia la verità e la menzogna
ossia l'amico e il nemico
ossia la nostalgia la gioia il dolore
 
sono passato attraverso la folla
insieme alla folla che passa.

 

 - Nazim Hikmet -

 

 

L’Homme

 

Les plantes, les plus soyeuses comme les plus ébouriffées,

Les animaux à fourrure tout comme ceux à écailles,

Les maisons, depuis les tentes en crin jusqu’au béton armé,

Les machines, qu’elle soient avions ou rasoir électrique,

 

Et aussi les océans, ainsi que l’eau dans le verre

Et ensuite les étoiles,

Et puis le sommeil des montagnes,

Et partout mélangé à tout cela : l’homme,

 

À savoir la sueur au front,

À savoir la lumière dans les livres,

À savoir la vérité et le mensonge,

À savoir l’ami et l’ennemi,

Partant, la nostalgie, la joie et la douleur

 

Je suis passé à travers la foule

Ensemble avec la foule qui passe.

 

- Nazim Hikmet - Traduction Giulio Pisani -

 



23/03/2011

et aussi...

 

" Avant d'aller me coucher, j'ai envie de vous apporter une salade de baisers, bien doux, bien frais, bien sucrés. Qui veut la goûter? "

 

Je veux vivre!

 

" Laisse mon âme à son printemps! "

 

 

22/03/2011

Je ne suis pas un ange.

Je ne suis pas un ange, loin de là, même si le bleu appelle au large et à la largesse, je tente juste d’être humaine. Je peux être intransigeante quand je me sens vulnérable, et je suis toujours curieuse et parfois insupportable dans ma volonté de comprendre, de sonder, d’entrevoir. J’aime agir, je suis insatiable dans le mouvement, pourtant tout aussi paradoxal que ça paraisse, réfléchir me poser me triturer les méninges me sont tout aussi nécessaires. J’aime plaire jusqu’à un certain prix, celui de pouvoir être et rester moi-même, je suis consciente des artifices mais n’aime pas m’en servir, je veux juste qu’ils me servent, sans en avoir l’air !

Je suis loin d’être un ange, j’utilise, j’organise, je me sers de tout pour me sortir de ces contorsions de mon âme d’enfant faites à mon insu mais si réelles en moi, ce fameux Hyde, cette Hydesse qui me permet de rebondir, de manipuler et de séduire. Je suis un pur produit de ce qu’ils ont fait de moi, ce côté putassier, ce côté sur le marché, ce côté accessible, je n’avais que çà sous la main pour me maintenir en vie !

Maintenant j’ai grandi, oui, j’ai pris du poids aussi, et j’ai ouvert les écoutilles et les mirettes. Je ne suis pas un ange, pourquoi faire, ils sont asexués. Je suis ce que je suis, pas forcément facile à vivre, pas forcément facile à suivre, pas forcément, non plus, si facile à aimer. J’ai appris l’amour tard, étonnamment je m’en méfie encore alors que j’ai toujours tendu à le donner, à l’extraire. Et je sais que j’ai pu être injuste, et que je le suis encore. Je sais que j’ai pu être capricieuse, et ça m’arrive encore... un peu. Mais mon plus gros défaut c’est d’être en demande, de ne pas être autonome, d’en vouloir toujours plus, toujours mieux, toujours davantage. J’ai le sentiment de me prendre les pieds dans le tapis. De courir après un lièvre inaccessible, ou d’un renard flatteur, ou d’un lion pris dans les mailles de mon filet !

Je ne suis pas un ange, et toute bleue que je suis, je me sens faillible et tendre violente en devenir et sensible… Un ange, lui, virevolte, butine, profite, voit la vie presque de manière enfantine, goûte, danse et rit, en toute innocence ! Je ne suis pas innocente, je n’ai jamais pu l’être, pas eu le temps, pas eu l’occasion, pas eu le contexte. Suis toujours en quête de ce moi perdu, là, au fond du bleu qui m’anime, me modèle et m’étreint, celui auquel, j'aspire, tant...

 


podcast

 

pause suggestive

 

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21/03/2011

Mokhtar El Amraoui, de la poésie

 

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- Noces cosmiques - Mokhtar El Amraoui -

 

J'ai beaucoup d'affection pour notre ami mateuro-bizertin Mokhtar El Amraoui. Pour l'homme d'abord, philanthrope, délicat et érudit et pour le poète, engagé, enveloppant et musical. J'ai déjà parlé ici de son recueil " Arpèges sur les ailes de mes ans" qui regroupe tous ses poèmes depuis son plus jeune âge jusqu'à aujourd'hui, deux recueils en un, en fait, Elans d'espoir et Rayons de lune pour funambule absent, un régal dont je goûte chaque jour un petit morceau. Son livre fait son petit bout de chemin et suscite dans son pays; certains de ses poèmes sont mis en scène, d'autres récités dans des classes ou des réunions littéraires, Mokhtar a même été convié à venir en parler à la télévision et à la radio dans le cadre des intermèdes littéraires sur Radio Tunis. J'aurais aimé vous mettre en lien cette interview passionnante et passionnée mais l'enregistrement est trop chaotique aussi je vais juste vous faire partager certaines de ses paroles:

" La poésie ne fonctionne pas en dehors d'un corps, d'une chronométrie biologique... la poésie et la vie sont intimement liées, ce sont les deux faces d'une même médaille en quelque sorte."

" La poésie est vitale pour moi. C'est mon oxygène, c'est mon être."

" J'essaie de faire passer cette passion poétique. L'enjeu pour moi est un enjeu de civilisation... La poésie est la mer qui englobe tous les autres arts. Si on n'a pas de perception poétique, on n'a rien."

" La poésie est une éducation de l'être, une éducation écologique, une éducation du regard, du respect de l'autre... Elle est une existence réelle, elle n'est pas une chimère, la poésie est un événement et un avènement. Quand je vous regarde, je regarde votre posture, vous êtes un poème, vous m'inspirez..."

" Le poème permet d'apprendre à respecter la fleur, le jardin, à écouter le vent, à entendre la beauté, à la saisir à travers tous les pores."

" Le poème doit chanter également cet amour, cette fusion entre les êtres... La femme est l'allégorie de la sève, sans femme il n'y a rien."

" Je dédie, dans mon recueil, un poème à ma mère, un vibrant hommage à cette femme qui m'a ouvert la grande porte de l'imaginaire. Grâce à elle et à travers ses contes qu'elle nous racontait, elle a ouvert mon acuité visuelle interne profonde et cosmique, sans le dire directement. Elle m'a appris à regarder les étoiles."

 

 

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           - Effluves - Mokhtar El Amraoui -

 

 

Voici, en plus, trois inédits de Mokhtar El Amraoui: le premier " Cris " écrit à 22 ans et, "Le triomphe de la patience", il y a quelques jours; deux poèmes hors du recueil, deux poèmes qui me touchent beaucoup, et puis un troisième auquel il tient plus particulièrement "Appels", sans doute par ce qu'il est en phase avec les préoccupations écologiques qui secouent le monde en ce moment. Il y a du prémonitoire voire du médiumnique dans la poésie de Mokhtar El Amraoui.

 

 

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- Espoir - Mokhtar El Amraoui -

 

 

Cris 

 

Elle se tait

Mais ses yeux me disent le ciel

De mes étoiles qui se lèvent 

Et font pleurer la mer de mon naufrage

Où je m'agrippe à ses pas qui me fuient,

A son ombre qui se déplie sur cette herbe 

Où la lune m'a tant de fois éclairé de ses bris,

Blessant mon coeur ensanglanté et ses cris!

Me voue-t-elle à l'enfer de l'oubli,

Moi qui lui offre toute ma vie?

Devrais-je patienter encore

Et rêver d'un ultime sursis? 

 

 

- Mokhtar El Amraoui -

 

  

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-Pensées - Mokhtar El Amraoui -

 

 

Le triomphe de la patience 

  

 

Les ailes de mes mots assoiffés

S'envolent au loin,

Pour dire à ma bien-aimée

Les beaux rêves de nos lendemains.

L'espoir, pour les reprendre, 

Caresse, de son velours tendre,

Les sourires de notre inéluctable retour

Dédiés aux cimes de nos enfances 

Qui s'accrochent aux étoiles de nos fières espérances

Trop longtemps éteintes, mon amour!

Regarde-les! Elles se rallument après toutes nos souffrances,

Pour notre nouvelle naissance!

La clef de tout triomphe immense 

Est le cri orageux de tant de fière patience!

 

 

- Mokhtar El Amraoui -

 

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 - Le rêve du phénix - Mokhtar El Amraoui - 

  

Appels

 

 

Ne me téléphone plus !

 Ce matin, je suis pris par ma caravane de nuages crieurs

Qui dégrafent les sceaux de tant de prairies

Gardées par les fiers aigles des premiers orbes immaculés !

Mon numéro, je l’ai donné à cet arbre qui agonise,

Pour l’entendre me gémir

Sa complainte d’électrocuté,

Dans la nuit de ses nids incendiés!

Ne m’appelle plus !

Je me suis évaporé en senteurs d’algues

Immergées dans la sueur des éboueurs édentés,

Le long des boulevards carnivores sans échos

Lacérés par l’acide des sirènes, aboyant

En battue, derrière ma dispersion d’anges clochardisés

Par la bouse des comptes en banque cravatés

Qui cravachent les rêves de nos insomnies étoilées !

Ne m’appelle plus

Mais crie ma gueule qui explose en pétales

Sacrifiés au cadavre incinéré de la dernière lune !

Gueule mes cris de mer plastifiée,

De poissons et d'oiseaux déboussolés

Par les Christophe Colomb des espoirs mazoutés

Englués dans les exponentielles des mensongères relances

Crachant leurs fers de lances

Aux millénaires bébés

Qui agonisent sans becquées !

 

- Mokhtar El Amraoui -

   

 

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         - Elleil - Mokhtar El Amraoui -