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18/08/2013

La dolce vita -3-

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- Photo Patrick Natier -


17/08/2013

La dolce vita -2-

Bomarzo derrière nous, Bomarzo en nous, nous avons continué notre périple ni tout à fait les mêmes, ni tout à fait autre. La Toscane et ses trésors nous attendaient et nous nous faisions une joie dense de la retrouver. Sur la route, tout ébouriffée par le vent et la vitesse, je repensais à cette toute première fois où j'avais foulé cette région, j'étais en pâmoison tant l'émotion alors avait été débordante. Ce moment de défaillance d'ailleurs fut suivi d'une sorte d'hystérie boulimique à tout vouloir voir et tout vouloir goûter et tout vouloir sentir. Avec l'âge, je me suis calmée. Mais à vingt ans quand on découvre toutes ces beautés, tous ces paysages ponctués de cyprès qui semblent converser à ciel ouvert avec les dieux, ces façades ornées, ces bâtisses intemporelles et puis la vie à l'italienne, on ne peut être que transporté.

J'étais partie avec, en autres, dans ma valise de livres que j'emporte chaque fois que je pars où que ce soit,"L'éloge du sensible" d'Elisabeth Barillé, petit livre qui m'avait été conseillé ici par quelqu'un ou quelqu'une qui manifestement me voulait du bien. J'ai beaucoup aimé. "Pour en revenir au bonheur, écrit-elle, il ne réside pas dans les choses mais plutôt sur leur trajectoire vers notre conscience. Sur la manière dont ces choses l'éclairent ou la décapent."

Nous nous sommes enfoncés dans La Montagnola, terre sauvage de forêts impénétrables, percées de forteresses médiévales endormies dans l'histoire. Après le calme lunaire des "Crete Senesi" ou nous avons fait une halte quasi gastronomique dans un petit village perché en hauteur dont le nom ne me revient plus mais d'où la vue était juste magique douce et grisante sur ce qu'on nomme depuis le moyen âge le désert d'Accona, paysages rendus célèbres par la peinture de Quattrocento si émouvante, le contraste était saisissant. Le tartare di vitello était juste divin et l'assiette d'anti-pasti à se damner, ajouter à cela le gouleyant d'un rosato bien frais et c'est le paradis ! Pas eu de souci pour faire venir à ma conscience le plaisir d'être là et pour l'exprimer en mangeant de bon appétit.

Nous rejoignions alors Sovicille où nous attendaient de vieux amis connus ici dans le Nord. Lui, italien de naissance et père napolitain est l'italien lover par excellence. Passionné de voiture et évidemment pas n'importe lesquelles, plutôt de marque finissant par un "i", est terriblement touchant quand il en parle. Ces deux fils en sont dingues aussi et sont capables de dessiner de mémoire sur un coin de table tous les symboles des chouchous de leur père. Se balader en Italie est un grand moment mais se balader en Italie avec un italien c'est énorme, comme dirait Luchini ! Mario de son petit nom nous a fait découvrir plein de jolis coins et un certain nombre d'endroits typiques et historiques comme ce petit bijou qu'est le cloître de Torri, introuvable dans nos guides et pourtant trésor de l'art roman. L'ensemble à petit échelle est un modèle d'équilibre et d'orfèvrerie par la finesse de ses colonnes de marbre blanc-rosé dont certaines sont biseautées supportant d'élégants chapiteaux blancs ou noirs. Ce cloître à bien des égards comme l'emploi de motifs géométriques, d'entrelacs et de tresses n'est pas sans rappeler l'art de l'islam mêlé d'influences lombardes et byzantines. Un ravissement.

Puis, déjà bien rassasiés d'émotions esthétiques et de délicieuses bruschettas, nous avons décidé d'aller tous voir et revoir Sienne, là où toute la famille de Mario a maintenant élu domicile et fait partie d'une des "contradas" de la ville qui ne vit que pour la fameuse fête en Août du Pallio delle Contrade, la fameuse et la plus célèbre et la plus courte aussi course de chevaux à se dérouler en plein coeur d'une ville. Mario nous en parlera avec des trémolos dans la voix, nous expliquant à quel point c'était important, à quel point chaque participant y met tout son coeur, les costumes, les étendarts, les tambours. Il ne loupe jamais une seule fois ce moment là. Une fête laïque religieusement suivie. Sienne, couleur terre brûlée. Sienne et sa place en biais envoûtante. Sienne et son lacis de ruelles imbriquées, débouchant tantôt sur une placette, tantôt sur une fontaine secrète ou un palais vieux rose aux murs enkystés de blasons comme le Routard le souligne si délicieusement. Le Palazzo Publico qui emporte par la qualité de conservation de ses magnifiques fresques du XIVe et XVIe siècles délivrant les messages philosophiques et politiques de la cité médiévale notamment dans la Salle dîte de la paix où les fresques d'Ambrogio Lorenzetti, peintes en 1337 offrent une magistrales allégorie sur la bonne et la mauvaise gouvernance, prônant l'importance d'une justice équitable et d'un gouvernement mesuré. Tout cela est d'une grande modernité. Et c'est toujours ce que chacun attend, de la mesure et de l'équité. Mais nous sommes  tellement toujours traversés par tant de contradictions, de paradoxes, agis contre non bon-vouloir, loin de nos idéalismes, compromis et malheureux de l'être. Tout ça, depuis la nuit des temps. Quand l'humain arrivera-t-il à comprendre que l'avenir réside dans la compréhension de l'autre, dans la tolérance, l'empathie, l'échange, le respect et la richesse des différences. Je ne sais pas. Mais devant les fresques de Sienne, en parenthèses, devant toute cette beauté, cet équilibre, cette intemporalité, je me suis interrogée sur ce rôle que je pouvais jouer, sur celui que chacun peut avoir dans ce grand film qu'est une vie, grand et si court aussi.

En 1955, Niki de Saint Phalle a flashé sur le parc Güelle de Barcelone. Elle avait aussi adoré les jardins de Bomarzo. Son horoscope l'a convaincue que ses personnages aux formes rondes et lisses devaient s'exprimer dans la nature. Un songe devenu réalité. Notre prochaine étape. Le jardin des Tarots qui présente au milieu des chênes verts et des oliviers une douzaine de gigantesques personnages en mosaïque dans lesquels on entre, on monte, on se voit. Une étape ludique et artistique que nous ne pouvions pas ne pas entreprendre, pour l'amour de l'art et celui des jardins et celui non des moindres, des découvertes imprévues...

(à suivre)


16/08/2013

Les jardins de Bomarzo

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De Rome, il faut à peine une heure de route, en direction de Viterbe pour rejoindre, dans une vallée échancrée par les collines et les calanques de tuf, le village médiéval de Bomarzo. Les maisons, plantées sur un éperon rocheux, sont surplombées par le château Orsini. Il faut être attentif pour ne pas rater les panneaux indiquant, en contrebas, le«Parco dei Mostri», le parc des monstres. Discrétion ou indifférence, pour un jardin pourtant cité dans tous les livres d’histoire de l’art, oublié durant quatre siècles, redécouvert à la fin des années 30 par Dali, et depuis objet de fascination pour de nombreux artistes: Cocteau, Brassaï, Mandiargues ou Antonioni. Pat tenait à me le faire découvrir et à le découvrir lui-même. Il a eu raison. Cet endroit est terriblement magique. De la poésie pure. Nous devions y rester une heure et y avons presque passé la journée. Tant de beauté!

 

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Avec l'aide du petit plan qui nous est fourni à l'entrée particulièrement insignifiante en construction préfabriquée au bout d'un parking non aménagé, on entre dans l'antre par une porte fortifiée accueilli par deux sphinx dédiés à l'empereur Auguste et qui transmettent leur message de bienvenue gravés dans la pierre grise à grandes lettres rouges majuscules en latin qui nous disent: "Si le promeneur aux sourcils froncés et aux lèvres serrées ne vient pas dans cet endroit, il ne sera pas non plus capable d'admirer les sept merveilles du monde" et "Toi qui entre ici sois très attentif et dis-moi si ces merveilles ont été réalisées par erreur ou bien comme forme d'art". On identifie alors  chacune des statues et édifices qui jaillissent prodigieusement des gros blocs de pierre comme sortant de terre. Glaucus, d'abord, le pêcheur devenu divinité marine et qui amoureux de la nymphe Scylla demande un philtre d'amour à Circé qui en pince pour lui et qui métamorphose Scylla en monstre. L'expressivité de la sculpture est saisissante et perdure à travers les siècles.

 

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Plus bas, en descendant un grand escalier de pierre aux marches éffritées par l'érosion, on découvre soudain une sculpture colossale et brutale: un Hercule au visage serein en train d'écarteler un homme, Cacus ou le mal incarné, qui ressemble déjà à un pantin. Une violence inouïe. " Le geste par sa brutalité commande aux yeux de se fermer", écrivait, dans son essai sur Bomarzo, André-Pieyre de Mandiargues. C'est une des pièces qui m'a le plus remuée tant elle est puissante et immense.

 

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Plus loin, on tombe littéralement en arrêt devant la beauté de la Nymphe endormie ou bien Belle au bois dormant, comme elle est souvent surnommée. La grande nymphe, signifiant la pureté selon l'étymologie grecque couchée semble à mi-chemin entre le sommeil et la mort. Pirro Logorio voyait en elle l'image d'Ariane endormie entre un amour terrestre et un amour extra-terrestre. Elle saisit par sa taille et par son étonnante présence. Je suis restée devant un long moment, scotchée et fascinée.

 

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En continuant la promenade, on va de surprises en surprises et d'émotions en émotions. On rencontre Furie dont l'origine remonte aux Erinyes grecques qui d'abord semblable aux Arpies est devenue la gardienne de la gloire nationale et de la fertilité de la terre. Son étonnante queue de dauphin lui confère une grâce particulière et l'associe au monde marin. Spectaculaire.

 

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Plus loin encore, on croise une grotte moussue où se nichent trois grâces, on découvre un Neptune majestueux, puis un dragon assailli par chien, lion et loup, les crocs plantés dans ses chairs ; un éléphant enserrant de sa trompe un légionnaire ; une grande déesse nue dont la nuque est entourée d’angelots. «Un nu à la fois voluptueux et naïf, rongé par les intempéries, détérioré, couvert de taches de moisissure et de mousse», décrit la romancière néerlandaise Hella S. Haasse dans son livre sur le bois des monstres. Des statues barbares, surgissant de la terre. Une profusion de virtuosité qui donne le tournis. Comme cette petite maison penchée, bâtie toute de biais, au bout du jardin. On la dirait repoussée par la main d’un géant, assez clément pour l’épargner au bord de la chute.


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On tombe enfin sur une énorme tête, pétrifiée dans un cri d'épouvante. C'est "L'Ogre", un des noms du roi des enfers. Il prend un aspect de plus en plus féroce au fur et à mesure que la végétation le couvre nous dit le petit guide et son expression change selon l'heure et la lumière. C'est de loin la sculpture la plus photographiée et visitée. Devenue l'emblème de Bomarzo, ce masque géant exprime très bien l'impuissance désespérée de celui qui se sent frappé par son destin. On a le sentiment d'entendre crier du fond de la pierre taillée.

 

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Objet de maintes recherches historiques depuis sa redécouverte, minutieusement ausculté par l’Institut d’histoire de l’architecture de Rome, le bois sacré (au sens de magique) de Bomarzo, si différent des jardins géométriques de la Renaissance italienne, reste une énigme. Personne encore n’a tranché sur le sens de cette collection de statues ou du parcours labyrinthique que dessine le bois. La plupart des chercheurs s’accordent sur la personnalité du concepteur, le maître de Bomarzo, le duc Vicino Orsini. Né en 1523, dans une prestigieuse famille romaine, au service des Etats pontificaux, l’homme était un fin érudit, qui se faisait envoyer de Rome les livres les plus récents. A 37 ans, las des campagnes militaires, de la cour et des villes, il se retire à Bomarzo pour savourer enfin la vie familiale et rurale. Mais son épouse adorée, Giulia Farnèse, meurt. En proie à la mélancolie, le duc se fait «citoyen des bois» et s’emploie jusqu’à sa mort, qu’on situe en 1586, à parfaire sa résidence, pour «épancher son âme», comme l’indique une inscription sur l’une des sculptures. Une des versions de l'histoire de ce jardin qui laisse rêveur. Ces «merveilles» au sens où l’entendaient les maniéristes, eux qui cherchaient à s’affranchir des normes, des règles de l’anatomie comme de la réalité : par l’extravagance, le monstrueux ou l’exotique, voulant éblouir, étonner, et susciter ainsi le questionnement, la réflexion philosophique sur nos peurs d’humains, ne quittent pas ma mémoire depuis que je les ai croisées. C'est certain, sur moi, le charme de Bomarzo a vraiment opéré...

 

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15/08/2013

La dolce vita -1-

La route pour Gênes les cheveux dans le vent annonçait déjà la couleur que prendraient ces vacances italiennes, dorées et bleues. Nous avons embarqué, mon homme et moi, sans encombre dans un grand ferry, la coque peinturlurée d’un Titi géant et d’un gros Gros minet. Les voyages en mer ont toujours une consistance particulière. Se voir quitter la terre pour un espace infini est une sensation étrange et apaisante. On se sent si petit.

Mercedes vintage bien au chaud dans la cale, nous avons pris un repas au restaurant du bateau tout a fait délicieux avant de rejoindre notre cabine où nous nous sommes endormis bienheureux bercés par le tangage du gros navire traçant sa route à travers les eaux noires pour nous amener au petit matin au bord des côtes sardes. 

Là, une mauvaise surprise nous attendait. Impossible de démarrer la machina. Pas moyen. Nada. Quatre marins charpentés nous la poussent hors du ferry et nous laissent pantois au milieu du parking du port d’Olbia. Le rêve allait-il s’arrêter là ? J’avais du mal à ne pas sentir en moi s’effondrer tous mes espoirs de détente mais je restais calme, me disant qu’après tout nous étions là où nous voulions être, loin du Nord, sur une île trois fois plus grande que la Corse, dans un pays inconnu et sans maîtrise de la langue, toujours pas eu le temps nécessaire pour apprendre l'italien. Tout notre projet de vacances était construit autour de la voiture qui devait nous emmener d’un point à un autre, difficile de ne pas céder au désoeuvrement. L’assurance prenant en charge ce genre de déconvenue, nous avons fini au bout de plusieurs heures d’attente à l’unique bar du port, dans la Mercedes recapotée sur le plateau d’une dépanneuse via le garage le plus proche. Puis laissant là, aux spécialistes la mission d’analyser la panne, nous sommes descendus découvrir Olbia et sa vieille ville.

Trois jours de réparation. Un jour pour démonter, un autre pour faire venir la pièce défectueuse de Rome et un troisième pour véritablement réparer. Par chance, nous avions réservé un hôtel un peu plus au Nord, tout près de la Costa Smeralda. Nous avons donc laissé titine au garagiste et nous avons filé là-haut, à la Villa del Golfo, un endroit magique et esthétique qui invitait au lâcher prise…

Je me levais très tôt le matin pour m’asseoir devant la mer, voir le lever du soleil et lire mon livre sur le désir de Willy Pasini. Bien loin du petit déjeuner des champions publié par Hunter S. Thompson en 1973: "Quatre Bloody Marys, deux pamplemousses, une cafetière de café, des crêpes Rangoon, une demi-livre de saucisse ou de bacon ou encore de Corned-beef haché avec des dés de piments, une omelette espagnole ou des oeufs Benedict, un litre de lait, un citron coupé pour assaisonner et quelque chose qui ressemble à une part de tarte au citron, deux margaritas et six lignes de la meilleure cocaïne pour le dessert. Le tout consommé nu et seul, dehors en plein soleil, avec deux ou trois journaux et de la bonne musique", celui proposé par l’hôtel avait en commun le soleil et la bonne musique et était d’un genre pantagruélique, je n’ai jamais vu buffet du matin plus fourni. Des tablées entières de fruits, de fromages de pays, de gâteaux faits maison, de marmelades au saveurs nouvelles comme ce mélange figue-basilic et de charcuterie. C'était presque indécent d'avoir autant de choix mais assez magique aussi. Tout ici n'était qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté...

J'ai aimé les paysages sauvages de Sardaigne, l'archipel de la Maddalena, la mer bleu turquoise. Je n'ai pas eu le temps de voir les sites nuragiques, il me faudra revenir et j'ai détesté par contre les deux célèbres ghettos de richissimes que sont Porto Cervo et Porto Rotondo, jaillis de terre sous l'impulsion du consortium immobilier de l'Aga Khan et qui sont sans âme malgré une volonté de cohérence architecturale forte avec des maisons et résidences aux formes arrondies et douces, chaulées tantôt blanc, tantôt terre de Sienne et l'omniprésence de bougainvillées. Par contre Santa Teresa di Gallura tout au Nord de la Sardaigne m'a, comme dirait mon plus jeune fils, vendu du rêve. Là tout à la pointe, face à la Corse et vue sur l'extraordinaire village de Bonifacio, un bâtiment en jachère, année 70, avec tout à refaire. Toujours les sites abandonnés comme ça m'inspirent et j'ai pu pendant quelques heures reconstruire et voir vivre ce lieu dans ma tête. Un enchantement !

Après les trois jours nécessaires, nous avons récupéré Mercedes et nous sommes remontés sur un autre ferry pour Rome cette fois-ci. Traversée plus courte et tout aussi agréable que la première, nous avons mis pied à terre à six heures du mat et sommes allés prendre un petit déjeuner au Lido, là où tous les romains se pressent pendant les vacances tellement, dans leurs murs, il fait chaud. C'était un vrai bonheur de savourer un cappuccino en lorgnant les gens qui s'installaient sur la plage les uns après les autres comme au ralenti et en se régalant de la brise de mer légère et du clapotis des vagues sur le sable gris et fin.

Quelques heures plus tard, nous retrouvions Rome qu'on avait déjà arpentée quelques années auparavant avec nos trois enfants. Rome la superbe ! Quelle ville incroyable, riche, vivante, historique. Nous l'avons traversée de part en part la tête au soleil laissant le soin à Mercedes de nous véhiculer: Le Colisée, le Vatican, la place Navone, celle du capitole, le quartier du Trastevere et puis nous nous sommes décidés à faire une halte pour voir où en étaient les travaux de restauration de la fontaine de Trévi, lieu mythique présente dans l'inconscient collectif surtout grâce à Fellini. Autant les petites rues de Rome étaient vides, autant le monde autour de la fontaine était suffoquant mais l'endroit néanmoins reste puissant. Après un bref coup d'oeil au dessus de la mêlée, par chance nous sommes grands, un granité pris sur une petite place à l'ombre, nous avons mis le cap sur le lac d'Albano, à Gandolfo, résidence d'été des papes, lieu frais où nous devions passer la nuit.

Avant de partir, j'avais lu dans le deuxième numéro du Vanity Fair français ce propos relaté par Sandrine Kiberlain qui citait en réponse à la question: votre jour préféré? Eleanor Roosevelt: "Hier est de l'histoire, demain est un mystère, aujourd'hui est un cadeau." Je l'ai faite mienne cette pensée tout au long de ces jours, bien décidée à profiter de chacune des petites choses et de tous les petits bonheurs qui s'ouvraient à moi. Et ce fut bon. Tout ne vieillit pas en nous, et notre capacité à nous émerveiller reste intacte, c'est ce que j'ai éprouvé au cours de ce séjour et je ne pensais pas avoir une émotion d'une telle intensité quand Pat a suggéré de visiter ce jardin entre Rome et Sienne qui allait m'emporter par ses beautés et qu'il voulait voir depuis plus de trente ans...

( à suivre )

 

 

13/08/2013

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- La femme qui marche - Photo Blue -

 

Après les Baux, un long périple méditérranéen, en mer, sur terre, des découvertes, des émotions fortes, des retrouvailles, des joies intenses et de longues heures de réflexions et de lectures variées, je suis de retour, heureuse de vous retrouver...

 

25/07/2013

Aux Baux

Rien de tel qu'une descente au coeur de la Provence pour décrocher de ses petites misères. La lumière si particulière, le chant incessant des cigales qui berce, l'atmosphère chaude et ouatée, le petit vent du Sud, l'accent chantant, le pastaga, les micocouliers et pour ma part ici, nichée dans la roche blanche, une amitié vieille de trente ans. Je connais pourtant mais chaque fois la magie opère.

Ce matin, petit déjeuner sous l'olivier, page d'écriture à la fraîche, rêverie diurne, pensées évanescentes, sensation de bien-être. Mais qu'est-ce qui diable me fait courir ainsi toute l'année alors que le bonheur d'être est là, dans ces joies simples et dans ce délicieux moment de ne pas avoir à oeuvrer, juste être, respirer et se laisser porter par l'instant...

 

19/07/2013

Je m'en vais

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 A bientôt !

 

18/07/2013

L'amour

 

 

 

" Seul l'amour remplace le lait ."

- proverbe australien - 

 

 

11/07/2013

Montreux Jazz Festival

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08/07/2013

Toujours à Paris

Il fait chaud, très chaud dans les salons de la mode. Il y a des gens, beaucoup de gens qui arpentent les allées, de longues allées débordantes de vêtements de toute sorte, de chiffons, de foufs, de ce qui sera l'année prochaine le costume de chacune. C'est éprouvant de croiser toute cette matière, d'être assomée par des buits incessants de soi-disant musique de maintenant, on se croirait dans une "rave" qui est bien loin de faire rêver. J'ai hâte de retrouver mon chez moi, mon univers, je me sens un peu décalée dans cette jungle, dans ce fatras de tissus bariolés, dans cet amas d'individus pas si beaux, dans cette masse, cette transe obligée. Déjà deux jours que je m'immerge dans tout ça, que je marche, regarde, tente de trouver l'inspiration et parfois la trouve au croisement de nulle part comme hier, ce jeune créateur italien au physique envoûtant qui avec son épouse crée une maille femme sensible et sensuelle aux couleurs délicates et qui me redonne foi dans mon travail. Je passe alors après des heures de néant ma première commande et imagine le plaisir que je vais avoir à partager cette découverte avec les femmes qui viennent s'habiller chez moi.

 

04/07/2013

Fashion Week

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- Photos Melvin Sokolsky -

 

03/07/2013

Ouate !

 

01/07/2013

Dans la peau d'une autre

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- Blue en Purdey -

 

Samedi soir, nous avions avec Pat une soirée déguisée sur le thème des séries télé. Nous avions décidé  d'endosser les rôles respectifs de la série Chapeau melon et bottes de cuir. Pat serait Steed en costard trois pièces, cravaté, chapeauté et "parapluié" et moi j'incarnerais Purdey, moulée dans du cuir noir, ceinturée et perruquée.

Au delà de la grande partie de rire entre nous et de la surprise de nos amis quand nous sommes arrivés, j'ai pris beaucoup de plaisir à être ainsi dans la peau d'une autre. Et je ne pensais pas qu'à ce point, endosser un autre costume que le sien pouvait libérer certaines énergies et influer sur notre créativité.

Danser sans être reconnue, aborder des inconnus sous les traits d'une autre, jouer de cette liberté d'être un personnage, vivre au fond une histoire qui s'écrit comme pourrait le faire un romancier, ce fut stupéfiant et énergisant. J'étais tout à fait prête pour ce genre d'expérience !

Le plus amusant dans l'histoire, c'est quand au milieu de la soirée j'ai fait tomber le masque, enfin la perruque et les lunettes devrais-je dire et que j'ai récupéré ma chevelure blond vénitien, j'ai pu être à nouveau moi-même pas si éloignée de celle que j'avais tant de plaisir à jouer...

Chouette soirée !

 

28/06/2013

L'aurore

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- Paul Delvaux -



27/06/2013

Pour Chloé

Parce qu'elle aime Franz et parce que j'aime ma filleule, et puis parce que j'aime l'amour au-delà de tout, quel que soit la forme qu'il prenne. Et parce qu'alors la musique prend tout son sens. Il est de ces toutes petites choses difficiles à transcrire par les mots sauf si on est poète. J'aime la musique pour cet insensé qu'elle véhicule, qu'elle transmet, qu'elle imprime. J'aime aussi les mots pour les mêmes raisons que les notes, pour cette musique qu'ils développent.

Tout les moyens sont bons pour accéder à soi, à l'autre, au diapason, à la rencontre.

 

 

L'éloge de la fausse note

Vu, lu et entendu chez Laure.

Touchée. D'accord. En phase avec ce message.

 

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"Arriver à accueillir ce qui est. Arriver à tellement ouvrir son cœur que même ce qui peut parfois nous déranger, nous bousculer... arriver à ouvrir ce cœur jusqu’à l’insupportable, l’insurmontable, l’impensable, l’horrible parfois qui nous heurte, et arriver à être dans l’amour jusque là..."

- Marc Vella -

 

 

25/06/2013

On the road...

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24/06/2013

Va !

 

 

17/06/2013

Harmonie

 

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- Oeuvre de David Begbie -

 

 

" Entre deux individus, l'harmonie n'est jamais donnée, elle doit infiniment se conquérir."

- Simone de Beauvoir -

 

 


podcast

- Les uns contre les autres - Fabienne Thibeault -

 


 

13/06/2013

Blue: cinq ans de blog

Christian me le rappelle gentiment.

Voilà maintenant cinq ans que quotidiennement je blogue, je passe, je partage, j'exprime, je réagis, je souffre et j'écris. Cinq années qui ont changé ma vie et qui la changent chaque jour qui passe, qui l'enrichissent, qui l'enthousiasment, qui lui ouvrent des champs de possible et d'amitiés indéfectibles.

Je suis émue de tout ce temps passé ici, de tout ce qu'a engendré ce lieu, de tout ce qu'il me permet de faire, de découvrir et d'aimer. Et je suis fière d'être aussi bien entourée par vous tous qui me suivaient et m'encourageaient de votre présence à continuer d'explorer et de dire. 

Blue a cinq ans. Je lui souhaite de continuer à grandir et à me permettre de grandir avec elle et de me découvrir encore un peu plus avec vous.

Cheers !